Australie - France
Brice Dulin à la relance devant l'Australien Tevita Kuridrani | AFP - MAL FAIRCLOUGH

Australie-France: le temps du succès

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Humiliée lors du 1er test (52-23), courageuse mais battue lors du 2e (6-0), l'équipe de France dispute son troisième match contre l'Australie, samedi à Sydney (7h en France). Avec une seule victoire au compteur contre les trois nations majeures de l'Hémisphère Sud (Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud) depuis 2009, les joueurs de Philippe Saint-André doivent réaliser un exploit, malgré la fatigue d'une saison à rallonge. A un an de la Coupe du monde, ils veulent prouver qu'ils font encore partie des prétendants au titre, pour la 43e sélection comme capitaine de Thierry Dusautoir. Un nouveau record.

Cela fait des mois que les explications sont les mêmes. Au sein de l'équipe de France, on pointe du doigt l'impatience, la volonté de trop bien faire, pour expliquer les défaites. Le temps passe, la Coupe du monde se rapproche, et les certitudes sur les capacités de cette équipe à franchir un cap restent floues. Ce samedi matin en France, c'est la dernière occasion pour les joueurs français de prouver qu'ils sont sur le bon chemin. "Il y a du bon travail qui est fait depuis plusieurs années, mais on n'a pas encore réussi à avoir une  victoire significative, qui validerait tout ce travail", reconnaît Thierry Dusautoir.

C'est aussi leur dernier match d'une trop longue saison. La fin d'un marathon pour beaucoup, et notamment Maestri (genou), Bastareaud (aine) et Parra (cheville), tous touchés et incertains pour cette rencontre où ils sont titulaires.  Ils pourraient être remplacés par Le Roux (repositionné en 2e ligne), Lamerat et Michalak. Ce match, c'est aussi la 43e sélection de Thierry Dusautoir avec les galons de capitaine. Il bat ainsi le record détenu jusque-là par Fabien Pelous (42). C'est donc le moment idéal pour marquer le coup. Mais comment le faire ?

Garder la défense de Melbourne

Après la claque reçue lors du premier test, l'équipe de France avait réagi en retrouvant de belles vertus défensives. Les plaquages ratés et les portes de saloon grandes ouvertes la semaine d'avant avaient laissé place à une abnégation et une solidarité de haut niveau. Si la défaite a néanmoins sanctionné leur sortie, les hommes de Philippe Saint-André ont prouvé qu'ils pouvaient empêcher les Wallabies de jouer à leur rythme, et qu'ils pouvaient les faire trembler. La victoire ne passera que par une énorme défense.

Rémi Talès avec Guilhem Guirado empêchent Matt Toomua d'aller dans l'en-but
Rémi Talès avec Guilhem Guirado empêchent Matt Toomua d'aller dans l'en-but

Gommer toutes les hésitations

Des ballons tombés, des en-avants, des hésitations dans la gestion du jeu, voilà tous les maux que l'équipe de France doit effacer pour espérer gagner. Si elle y parvient, elle n'aura plus qu'à concrétiser ses occasions et la copie rendue sera parfaite, et pas loin de la victoire. "La semaine dernière on a eu des belles situations mais on n'a pas su les finir", constatait PSA cette semaine. Et si Wesley Fofana, Yoann Huget et Brice Dulin retrouvaient leur réalisme dans la ligne pour finir des coups, ce serait le meilleur moment. "On  avait besoin d'abord de reprendre confiance, on est maintenant convaincus de certaines choses et plus cela va aller, mieux ça ira"; a annoncé Yannick Nyanga, sur le banc samedi, qui n'avait pas réussi à rattraper un ballon d'essai la semaine dernière. 

Adam Ashley-Cooper, décisif lors du premier test contre la France
Adam Ashley-Cooper, décisif lors du premier test contre la France

Revenir aux fondamentaux

Parois même de l'aveu des joueurs, l'équipe de France se complique la tâche. "Peut-être qu'il faut faire un jeu plus simple, sans passer par des leurres, des redoublées", notait d'ailleurs Frédéric Michalak dans L'Equipe en début de semaine. Avec un cinq de devant maintenu après sa bonne tenue la semaine dernière, un alignement en touche conquérant (Flanquart, Ouedraogo, Chouly), une paire de centres perforants (Bastareaud-Fofana) et des ailiers finisseurs (Huget et Bonneval), sans oublier un arrière relanceur (Dulin), le staff de l'équipe de France a joué la continuité. Et offert à ses troupes l'occasion de monter en puissance.

Maîtriser l'impact physique australien

Lors du premier test-match, la vitesse d'exécution et la technique australiennes avaient supplanté les Français. Si Ewen McKenzie a été surpris par le deuxième match, nul doute qu'il voudra réimposer son rythme à cette troisième rencontre. L'intégration de la montagne Skelton (2.03m, 135kg) en 2e ligne et du 3e ligne Palu (1.94m, 120kg) en N.8 prouvent que les Wallabies vont remettre du poids et de l'impact physique dans les débats. "Ce sera un gros combat", a prévenu Dusautoir. 

Les compositions d'​équipe

Australie: Folau - Ashley-Cooper, Kuridrani, Toomua, Cummins - (o) Foley,  (m) White - Hooper (cap.), Palu, Fardy - Skelton, Simmons - Kepu, Polota-Nau,  Slipper. Remplaçants: Charles, Sio, Weeks, Horwill, McCalman, Phipps, Beale, Horne
France: Dulin - Huget, Bastareaud, Fofana, Bonneval - (o) Tales, (m) Parra  - Ouedraogo, Chouly, Dusautoir (cap) - Maestri, Flanquart - Slimani, Guirado,  Ménini. Remplaçants: Tolofua, Debaty, Mas (ou Domingo), Le Roux, Picamoles, Nyanga,  Machenaud, Lamerat
      
Arbitre: Chris Pollock (NZL)

Coupe du Monde de Rugby