Chris Robshaw à la Coupe du monde
Chris Robshaw, capitaine de l'équipe d'Angleterre | AFP - GLYN KIRK

Angleterre - Australie: drame ou miracle national ?

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En s'inclinant contre le Pays de Galles la semaine dernière, le XV de la Rose s'est placé dos au mur. Ce soir (21h), contre l'Australie, ils sont obligés de gagner, sans quoi ils seront éliminés de leur propre Coupe du monde, ce qui ne leur est jamais arrivé dès les poules dans cette compétition. Invaincus (avant d'affronter l'Angleterre puis le Pays de Galles), les Wallabies peuvent se venger d'une équipe qui les avait battus en finale de leur Coupe du monde, en 2003 à Sydney.

Ce sont des nations soeurs. Mais elles sont soeurs ennemies pour une soirée. Pour le 44e duel de l'Histoire, Anglais et Australiens ont le couteau entre les dents. La différence, c'est que celui tenu par les Anglais a déjà entamé la peau. En s'inclinant contre le Pays de Galles (28-25), ils se sont en effet mis en situation délicate, avec le couteau sous la gorge. "Si on ne gagne pas, on est éliminés. Mais je dois m'assurer que les  joueurs ne se focalisent pas trop sur l'enjeu", a résumé Stuart Lancaster, le sélectionneur si critiqué depuis cette défaite. Là où le succès est obligatoire pour le XV de la Rose, il est facultatif pour les Australiens, qui pourront encore gagner leur ticket pour les quarts de finale à l'issue d'un match, qui deviendrait couperet, face aux Gallois dans une semaine. Cela n'empêche pas Michael Cheika, le sélectionneur, de prendre chaque match "comme une finale de Coupe du monde".

Cela tombe bien, une finale de Coupe du monde reste en travers de la gorge des Australiens. Cette défaite, à Sydney, devant leur public, en finale de la Coupe du monde 2003 contre l'Angleterre de ce maudit Jonny Wilkinson, auteur de 15 des 20 points inscrits par son équipe, dont le drop vainqueur au bout de la prolongation (20-17), reste dans les mémoires. "Le groupe est déterminé à rendre tous les Australiens fiers de la manière  dont on les représente à la Coupe du monde, et le match de samedi est une  nouvelle opportunité de le faire", avance Cheika. De 2003, il ne reste que Matt Giteau, qui était à l'époque sur le banc. La revanche est un plat qui se mange froid. Les Wallabies ont d'autant plus envie de l'apprécier devant 80 000 supporteurs anglais à Twickenham que ce XV de la Rose s'est fait une spécialité de leur barrer la route en Coupe du monde. Cela avait déjà été le cas en quarts de finale en 1995 (défaite 25-22), puis en finale en 2003, et enfin en quarts de finale en 2007 (12-10). Cela commence à faire beaucoup. En fait, dans la compétition planétaire, l'Australie ne s'est imposée qu'une fois, en 1987, lors de la seule confrontation en poule entre les deux équipes (19-6). Le deuxième duel en phase de groupes a lieu ce soir. Un signe positif pour eux ? En plus, l'Angleterre a battu l'Australie lors de quatre des cinq derniers matches (dont quatre fois à Twickenham). Revanche, revanche...

Israel Folau, le porte-étendard d'une Australie redevenue conquérante
Israel Folau, le porte-étendard d'une Australie redevenue conquérante

Le match d'une vie côté anglais

Mais cette Australie, à la mode Cheika, n'a plus rien à voir avec ces équipes qui n'ont gagné qu'à une reprise en Angleterre (20-14 en 2012). L'ancien entraîneur du Stade Français dispose de la pépite Folau à l'arrière, il a rappelé les "étrangers" dont Matt Giteau au centre, et s'est adjoint les services de Mario Ledesma, ancien talonneur des Pumas, pour perfectionner un pack de moins en moins performant. ""Il nous a apporté sa philosophie dans le cinq de devant et surtout en  mêlée", lui rend hommage le sélectionneur. Résultat: l'Australie a remporté le Rugby Championship en battant les Néo-Zélandais cet été, et dispose de la meilleure défense de ce Mondial (16 points encaissés en deux matches) et d'une des meilleures attaques. Mais l'Australie n'a affronté ni l'Angleterre, ni le Pays de Galles. Son premier test, c'est aujourd'hui.

Et dos au mur, le XV de la Rose n'en est que plus dangereux que d'habitude. "C'est un match qu'il faut absolument gagner. C'est la plus grande semaine  de ma vie, de notre vie à tous. Il faut le faire. Si on y arrive, ce sera  énorme", a déclaré cette semaine l'ailier Jonny May. "Il ne faut pas se dire que c'est possible, il faut faire en sorte que ça se réalise", a ajouté Andy Farrell, l'adjoint de Lancester et père d'Owen, qui portera le N.10 ce soir. "Ca ne sert à rien de le cacher, les enjeux seront énormes pour nous, mais  les gars seront prêts", assurait Stuart Lancaster, qui a réintégré l'étincelant Jonathan Joseph, blessé contre les Gallois au centre, mais doit se passer de Billy Vunipola, l'énorme N.8, et de Courtney Lawes, le désintégrateur de la 2e ligne.

Si l'Angleterre perd, le "groupe de la mort" connaîtra sa victime dès ce soir. Si elle gagne, il faudra encore attendre le prochain week-end pour connaître l'identité des deux qualifiés. Une chose est sûre: la bière coulera dans les pubs anglais ce soir. Pour oublier ou pour savourer ?

Composition des é​quipes

Angleterre: Brown - Watson, Joseph, Barritt, May - (o) Farrell, (m) B.  Youngs - Robshaw (cap), Morgan, Wood - Parling, Launchbury - Cole, T. Youngs,  Marler
Remplaçants: Webber, M. Vunipola, Brookes, Kruis, Easter, Wigglesworth,  Ford, Burgess

Australie: Folau - Ashley-Cooper, Kuridrani, Giteau, Horne - (o) Foley, (m)  Genia - Hooper, Pocock, Fardy - Simmons, Douglas - Kepu, Moore (cap), Sio
Remplaçants: Polota-Nau, Slipper, Holmes, Mumm, McCalman, Phipps, Toomua,  Beale

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