Sepp Blatter, Mohammed bin Hamad al-Thani, Qatar
Le Cheikh Mohammed bin Hamad al-Thani (ici avec le président de la FIFA) a désormais des ambitions olympiques pour le Qatar | MOHAMED FARAG / ANADOLU AGENCY

Zahir Belounis enfin libéré par le Qatar

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Retenu 17 mois au Qatar en raison d'un différend salarial avec son club, le footballeur franco-algérien Zahir Belounis a enfin été autorisé à quitter le pays. Au terme de longues discussions entre les autorité françaises et qataries, le joueur de 33 ans a obtenu un visa de sortie et pris un avion en direction de Paris ce jeudi. La fin d'un long calvaire.

Depuis juin 2012, Zahir Belounis se battait pour obtenir un visa de sortie et quitter le Qatar. Après 17 mois de combat, il a enfin eu gain de cause. Footballeur, il avait rejoint le pays du Golfe en 2007 pour signer avec Al Jaish, club de deuxième division. Naturalisé pour disputer la Coupe du monde militaire sous les couleurs de sa nation d'adoption en 2010, le rêve a viré au cauchemar pour l'homme du Val de Marne. Jusqu'à cette date, tout se passait bien pour lui. Puis, son club a soudainement voulu le prêter à une autre formation de l'antichambre de l'élite. Contraint et forcé, Belounis accepte. Revenu à Al Jaish, il est toujours indésirable. Mais cette fois, les indemnités et salaires dûs ne lui sont pas versés. Logiquement, Zahir porte plainte afin de faire bouger les choses. Grave erreur. Au Qatar, exite un système appelé "kafala". Tout salarié est sous la tutelle de son entreprise. Pour autoriser son employé à quitter le pays, elle doit lui accorder un visa de sortie. Dans le cas inverse, rien ne bouge.

Retrait de plainte contre visa de sortie

Bloqué, le footballeur franco-algérien fait l'objet de chantage de la part de son club: s'il renonce à ses plaintes et aux émoluments qu'il n'a pas touché, il peut partir. Sinon, il est condamné à rester. Sans argent, Belounis voit même Al Jaish lui retirer la maison mise à disposition lors de son arrivée, selon son témoignage livré au Parisien en août dernier. Désespéré, il écrit à Sepp Blatter, président de la Fifa, Zinédine Zidane et Pep Guardiola afin qu'ils usent de leur influence pour le faire libérer. Sans succès. Fin octobre, l'espoir renaît. Stéphane Morello, entraîneur français dans le même cas que Zahir Belounis, obtient son visa de sortie suite à une grève de la faim. Pour ce dernier, le calvaire aura duré un mois de plus. Au terme "d'un travail intensif entre l'ambassade de France et les autorités du  Qatar", dixit l'ambassadeur de France à Doha Jean-Christophe Peaucelle, le joueur a obtenu le droit de quitter le territoire qatari.

Ouaddou et Hadji dans le même cas

Son avocat lillois, Me Frank Berton, n'a pas été en mesure de dire si son client avait dû renoncer à l'argent qu'il réclamait pour obtenir cette autorisation. Cette nouvelle affaire écorne un peu plus l'image du pays hôte du Mondial 2022. Récemment, Hassan al-Thawadi, secrétaire général du comité suprême d'organisation Qatar 2022 affirmait que le droit du travail et le système de "kafala" était en pleine révision au "pays de l'or noir." Après Abdeslam Ouaddou et Youssouf Hadji, Zahir Belounis vient grossir le rang des footballeurs séquestrés au Qatar. Sans compter deux entrepreneurs français, messieurs Marongiu et Awartany, toujours "prisonniers." "Si le Qatar ne met pas fin à son système de 'visa de sortie', alors il y aura des centaines, peut-être des milliers de personnes qui seront piégées ici", s'insurgeait récemment Zahir Belounis sur Le Monde.fr.Conditions de travail inhumaines sur les chantiers, séquestration de ressortissants étrangers et suspicions de pots de vin pour obtenir le Mondial 2022: à 9 ans de la grand messe du football mondial, le Qatar promet d'être un hôte bien accueillant..

Vidéo: Doha, la prison dorée

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(Reportage Stade 2 du 16 juin 2013)

Jerome Carrere