David Villa - Espagne
David Villa, buteur heureux | AFP - Lluis Gene

Villa réveille l'Espagne

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L'Espagne est enfin entrée dans cette Coupe du monde 2010. Auteur d'un doublé, David Villa a offert un succès 2-0 à la Furia contre le Honduras, lundi à Ellis Park. Le Néo-Barcelonais aurait même pu enrichir son compteur personnel avec un peu plus de réussite. Cette victoire replace l'Espagne dans le groupe H, à trois longueurs du leader chilien, son prochain adversaire. En revanche, le Mondial est pratiquement terminé pour les Honduriens.

Cueillie à froid par la Suisse lors de la première journée (0-1), l'Espagnea fait un peu plus honneur à son rang face à la modeste équipe du Honduras. Leschampions d'Europe ont retrouvé de leur splendeur et leurs automatismes,histoire de se rappeler aux bons souvenirs de tous les observateurs. Oui, la Furia est une sérieusecandidate au titre suprême et elle est armée pour. Tout d'abord et surtout enattaque.

Dès la 5e minute, David Villa se signalait endébordant sur la gauche pour centrer pour Fernando Torres, titularisé en pointe.Mais seul face au but, El Nino ratait le cadre. Face à la furie des deuxattaquants ibériques, le Honduras ne pouvait que reculer encore et encore,laissant libre cours aux assauts adverses. Torres brillait pas sa maladressetandis que son comparse semait la panique dans la défense adverse. Un nouveaudéboulé ballon au pied et Villa voyait la transversale repousser sa tentative(7e). Sans Andrés Iniesta blessé à la cuisse, la Roja intoxiquait des Catrachosbien timorés dans le premier quart d'heure et aurait pu prétendre à deuxpenalties. Mais la défense centraméricaine allait bien finir par céder. Sur uneénième percée, Villa passait tout le monde en revue avant d'enrouler sa frappeet de tromper Noel Valladares (1-0, 17e).

Villa rate un penalty

L'Espagne se créait un nombre incalculable d'occasionsd'accroitre la marque. Mais Sergio Ramos (9e, 11e) et Torres (32e, 33e, 44e)péchaient dans la finition, bien souvent servis à la perfection par Villa. 1-0à la pause, un score qui ne reflétait pas vraiment la domination sans partagedes champions d'Europe. De retour des vestiaires, la bande à Del Bosquerepartait de plus belle. Loin d'être rassasié, Villa fusillait de nouveau lebut adverse. Impérial sur la pelouse d'Ellis Park, le néo-Barcelonais régalaitle public de Johannesburg de ses accélérations. Et c'est logiquement qu'ildoublait la marque sur une frappe déviée par Osman Chavez (2-0, 51e),inscrivant son 40e but en 60 sélections. Intenable certes, maisaussi maladroit. Villa se privait seul d'un triplé en ratant le penaltygénéreusement accordé par l'arbitre pour une faute peu évidente sur Navas (62e).Ramos n'était également pas en reste du côté des opportunités gâchées (52e).

Asphyxiés, les joueurs de ReinaldoRueda s'illustraient sur une frappe hors cadre de Suazo (66e) et uneautre de Nunez (77e). Mais ce sont surtout quelques gestes défensifsde grand talent qui permettaient au Honduras de ne pas sombrer définitivementdevant Fabregas (66e) et surtout Villa. Mendoza taclait inextremis devant sa ligne la balle du 3-0 (87e). Supérieurstechniquement et tactiquement, les Ibères s'imposent 2-0, un score bien faibleau vu de la partie, mais qui permet à l'Espagne de rester en course pour leshuitièmes de finale.

Un succès qui pourrait ne pas être suffisant. Une donnée quin'échappera pas aux Espagnols et refroidira sans doute les ardeurs au momentd'affronter le Chili qui a pratiquement les deux pieds en huitièmes de finale. Dequoi aussi motiver les troupes de Vicente Del Bosque avant un match capital. Caravec trois unités au compteur comme la Suisse, un nul ou un revers condamneraitquasiment les rois d'Europe à un retour prématuré à la maison. Le Honduras,quant à lui, peut encore rêver de qualification en cas de large succès sur la Suisse et de victoirechilienne.

Réactions

Reinaldo Rueda (sélectionneur du Honduras): "LesEspagnols nous surprennent sur le premier but: il y a une charge de Villa surMendoza et ça déséquilibre le match. Il nous a manqué un peu de conviction pourles rattraper, contre une équipe très mature et forte collectivement. On avaiten face une équipe très supérieure à nous. On voulait réagir pour égaliser etils nous ont mis le deuxième but. L'Espagne, avec la perfection de son jeu depasses, élimine quatre ou cinq joueurs avec une seule passe. L'Espagne a plusvoulu marquer des buts que nous".

David Villa (Espagne):"On joue toujours sous pression. Dans un Mondial, on ne peut pas êtrerelâché. La première défaite nous a mis dans l'obligation de gagner nos deuxmatches suivants. J'ai marqué des penalties toute ma vie et, à 2-0, je n'avaisplus beaucoup de pression. Pour la victoire d'aujourd'hui, on a joué commecontre la Suisse,avec beaucoup de joueurs offensifs et notre +toque+ (toucher). J'ai eu deuxoccasions, elles sont rentrées et on a gagné 2-0. La première phase est dure etla finale est loin. On est concentré sur notre prochain match contre leChili".