David Villa - Chili - 2010
David Villa à signé son 41e but en sélection | AFP - MARTIN BERNETTI

Villa délivre l'Espagne

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L'Espagne s'est finalement extirpée du groupe H en dominant le Chili (2-1). Dos au mur, les Champions d'Europe se sont appuyés sur leur buteur providentiel, David Villa, auteur de son 41e but en sélection pour faire la différence. Le Chili, réduit à dix durant plus d'une mi-temps, décroche la deuxième place du groupe grâce au match nul entre la Suisse et le Honduras (0-0). Au prochain tour, l'Espagne rencontrera le Portugal tandis que la Roja défiera le Brésil.

L'Espagne sans filet

Les Champions d'Europe en titre ont validé leur ticket pour les 8e de finale, mais sans marge de sécurité ! Engagés dans un match piège face au Chili, invaincu depuis le début de l'épreuve, les hommes de Vicente del Bosque ont fait parler leur expérience des grands rendez-vous pour s'imposer (2-1). Le Chili, trop nerveux et coupable de nombreuse fautes, a joué plus de la moitié du match à 10, suite à l'expulsion complètement injustifiée d'Estrada mais mérite pleinement sa qualification. Après le favori espagnol, les joueurs de Marcelo Bielsa rencontreront les quintuples champions du monde brésiliens en 8e. Un véritable choc est annoncé entre l'Espagne et le Portugal.

Dans l'obligation de gagner pour rester maître de son destin, l'Espagne débutait la rencontre avec de fermes résolutions offensives. Enregistrant le retour d'Andres Iniesta, la Furia prenait le meilleur départ même si la Roja d'Amérique du Sud faisait honneur à son statut de leader du groupe H en faisant preuve d'une grande vivacité balle au pied.

Dès la 5e minute, Fernando Torres profitait d'une erreur de la défense pour se présenter face à Bravo mais voyait sa frappe passer au-dessus des cages de Bravo. Cinq minutes plus tard, le Chili donnait la réplique avec une demi-reprise de volée manquée par Gonzales.

Les deux équipes allaient se neutraliser en milieu de terrain jusqu'à la 25e minute et l'ouverture du score. Sergio Ramos lançait Fernando Torres dans la profondeur. Le portier chilien tentait un tacle périlleux dans les pieds d'El Niño à plus de vingt mètres de ses cages mais repoussait le ballon dans le sens du jeu. A l'affut, David Villa plaçait une superbe frappe du gauche de plus de 45 mètres, finissant au fond des filets. Une réalisation magistrale qui atteste de la confiance du nouvel attaquant du Barça, déjà auteur de son troisième but de la compétition.

Loin de s'avouer vaincus, les Chiliens allaient repartir vers l'avant pour tâcher d'égaliser. A la 34e, Jean Beausejour, flamboyant durant toute la rencontre, passait tout près de remettre les deux nations à égalité. Malheureusement pour lui, le très bon retour de Piqué l'empêchait de terminer son geste.

Comme souvent depuis le début du Mondial, le Chili affichait de magnifiques qualités offensives mais gâchait beaucoup trop dans le dernier geste. Un défaut excusable face à la Suisse ou au Honduras, mais très vite sanctionné par l'Espagne. Andres Iniesta, à la 37e minute, trouvait à nouveau le chemin des filets. Sur un service en retrait de Villa, le joueur de Barcelone plaçait un enroulé du pied droit imparable. Un retour gagnant pour le retour de la star catalane en sélection.

Sur l'action du but, Marco Estrada, très agité depuis le début du match et déjà sanctionné à la 21e minute, prenait un deuxième carton jaune complètement injustifié pour une faute involontaire sur Fernando Torres. A 10 contre 11, le Chili allait finir la première mi-temps en apnée. Dominée dans les duels, la Roja accueillait le coup de sifflet de monsieur Marco Rodriguez avec soulagement. La Furia Roja prenait provisoirement la tête du groupe H avec six points tandis que le Chili restait qualifié, à égalité de points avec la Suisse mais avec un total de buts inscris supérieur.

A la reprise, le Chili repartait avec envie. Dès la 47e minute, le milieu de terrain Rodrigo Millar voyait sa frappe du droit déviée par le genou de Piquet et finir dans la lucarne de Casillas. (2-1) et l'Espagne se remettait en danger. Le Chili, pour sa part, assurait presque sa qualification puisqu'il obligeait la Suisse, en lutte face au Honduras, à marquer deux fois pour se qualifier.

Sorti à la 55e minute, Fernando Torres, visiblement touché au tibia, quittait la pelouse très déçu par son match. Une fois de plus la star de Liverpool n'a pas convaincu et a du mal à soutenir la comparaison face à la forme resplendissante de David Villa.

La Furia allait prendre le dessus physiquement sur leurs adversaires en même temps que les minutes s'égrainaient. Grâce à son jeu de passes caractéristique, elle monopolisait le cuir, essoufflant un adversaire diminué mais fermement accroché à sa deuxième place.
La fin du match eut des airs de passe à dix. Les deux sélections assurées de jouer les 8e de finale ne se livrant quasiment plus. Au vu des rencontres de ce groupe H, les deux "Roja", créatrices sur le terrain, méritaient largement leur ticket pour la suite de la compétition. L'Espagne s'est rassurée après une entame délicate face à la suisse, défaite (0-1), et peut espérer aller très loin dans cette compétition.

Déclarations :

Vicente del Bosque (sélectionneur de l'Espagne): "On sait qu'aucun match n'est facile. A la mi-temps, je pensais qu'on contrôlait le match mais leur but nous a assez perturbés. On a réagi dans un match difficile mais émotionnellement l'équipe est bien. Il fallait prendre les trois points et se qualifier, peu importe le prochain adversaire. Le match contre le Portugal sera très difficile. On a progressé un peu. Torres a joué 60 minutes, Iniesta se sent bien, je crois qu'on est dans de bonnes conditions. Il y a beaucoup de pression, on sait ce qui se vit en Espagne, et on veut faire le maximum."

Andres Iniesta (attaquant de l'Espagne, auteur d'un but): "On avait une opportunité unique après avoir perdu le premier match, on s'est rachetés. L'important c'est que l'équipe soit en 8e de finale. Je me suis senti bien, l'équipe surtout a montré un bonne attitude, on est là où on voulait arriver. Ce sera difficile contre le Portugal mais notre sélection est bien armée. C'est toujours bien de gagner. L'équipe a toujours été dans la même ligne; perdre le premier match est toujours difficile, mais on a réussi à passer."

Marcelo Bielsa (entraîneur du Chili): "Les joueurs n'ont pas manifesté beaucoup de joie au coup de sifflet final parce que certes nous sommes qualifiés mais nous avons été battus. Cela génère des sentiments ambivalents chez les joueurs. Quant au match lui-même, nous avons fait une bonne entame, mais après l'exclusion (37e), nous avons été contraints de jouer en infériorité numérique et nous avons beaucoup couru après le ballon. Jusque-là, nous avions été performants dans la conservation du ballon et dans l'agressivité."

Rodrigo Millar (milieu de terrain du Chili, auteur d'un but): "Avec ce but et tout ce qu'on a fait aujourd'hui, on méritait de se qualifier, avec aussi les deux matches précédents. On a atteint le premier objectif, les 8e de finale, mais on veut aller plus loin. On a un match super-dur et on espère passer. Le Brésil, c'est une équipe qui, quand elle a un petit avantage, elle le traduit par un but, c'est une des meilleures sélections du monde. Si on joue chacun à notre niveau, on peut faire quelque chose. On a quelques jours pour se reposer et se concentrer sur ce match."