Bleus tristes but mexicains 062010
Les mains sur les hanches | AFP-Marcou

Un parachute doré pour les Bleus !

Publié le , modifié le

A qui perd gagne ! Même en cas d'élimination (désormais probable), nos 23 joueurs, ainsi que tout l'encadrement de l'équipe de France, toucheront une prime liée aux différents partenariats. La somme globale s'élèverait selon L'Equipe, à cinq millions d'euros, s'ajoutant aux 7 millions versés automatiquement par la Fifa, et serait donc partagée par les hommes qui ont conduit à ce probable désastre sportif.

L'argent, toujours l'argent. Depuis la fin des années 1980, le football mondial et a fortiori français a lentement glissé vers une logique du profit à tout-va. Le marketing est passé par là, et les partenariats se sont multipliés. Les droits de retransmissions télévisées n'ont cessé d'atteindre des sommes mirobolantes, et même le droit à l'information sportive est désormais réservé à ceux qui déboursent le plus d'argent... Les multinationales ont rapidement compris que le football était un vecteur de profits extraordinaires, et ont donc injecté des millions d'euros dans les caisses des fédérations. La Fédération française de football en a profité, les joueurs en ont profité, les grands médias, tous ont eu leur part du gros gâteau. Un tel système est difficilement critiquable lorsque les résultats sportifs sont au rendez-vous. Mais depuis le titre mondial en 1998, il faut reconnaître que les supporteurs de l'équipe de France ont été relativement gâtés, avec un titre européen (2000), et une deuxième finale en Coupe du monde (2006).

Le premier symptôme d'un mal lié à l'argent, reste sans doute la déconvenue du Mondial en 2002. Considérée comme grande favorite à sa propre succession, la France a finalement quitté la compétition très rapidement après des défaites contre le Sénégal (0-1), l'Uruguay (0-0), le Danemark (0-2). A l'époque, les joueurs pensaient plus à rentabiliser un maximum leur image dans des dizaines de publicité qu'à se dépenser à l'entraînement...Depuis, le système n'a guère changé, et à voir le comportement de certains joueurs sur le terrain, on se demande si l'intérêt de porter le maillot de l'équipe de France n'a d'autre but que de s'afficher sur les pots de yaourts, ou les pâtes à tartiner...L'envie de mouiller le maillot pour son pays, pour ses supporteurs, a peut-être été remplacée par l'envie de garnir son compte en banque. Les joueurs ne font que profiter d'un système validé par la Fédération. Depuis leur passage pour la plupart par l'Institut National du Football (INF), les joueurs n'ont-ils eu d'autres motivation que celle de devenir célèbre et gagner de l'argent ?

L'un des tous premiers points à régler lors des rassemblements des Bleus, et avant-même le début d'une compétition, concerne l'attribution, et la négociation des primes. Oui, la négociation, car il s'agit bien de marchander sa présence en équipe de France. L'honneur d'être choisi pour représenter son pays et défendre ses couleurs n'a plus la même saveur qu'avant. En cas d'élimination après l'Afrique du Sud, soyons rassurés, les Bleus sont donc assurés de repartir d'Afrique du Sud avec une petite prime supplémentaire (5 millions des sponsors ajoutés aux 7 millions de la Fifa). Cela fait penser sans trop d'exagération aux parachutes dorés, ces indemnités de départ attribuées généreusement aux grands patrons... Est-ce gênant ? Pas plus que de dépenser 240 000 euros pour l' aller-retour aussi coûteux qu'indécent des femmes des joueurs. Pas plus que les 500 euros la nuit de l'hôtel du staff tricolore. Le pouvoir de donner du rêve est inestimable, mais cette fois encore, l'argent a sans doute tué un nouveau rêve.

Romain Bonte