Un boycott européen évoqué à Bruxelles

Publié le , modifié le

Un boycott européen de la Coupe du monde de football en Russie en 2018 a été évoqué dans un document de travail sur les sanctions contre Moscou, comme une mesure qui pourrait être envisagée compte tenu de l'évolution du conflit en Ukraine, a-t-on appris mercredi de source européenne.

Cette idée figure dans un "document de travail discuté avec les Etats membres", a indiqué cette source. "Mais comme une possibilité plus tard, pas maintenant", a-t-elle ajouté. Selon le Financial Times, le document parle d'une "action coordonnée au sein du G7 et au delà pour recommander la suspension de la participation de la Russie à de grands événements culturels, économiques ou sportifs (courses de Formule 1, compétitions de football de l'UEFA, Coupe du monde 2018, etc.)". La Commission européenne devait présenter mercredi aux Etats ses propositions pour renforcer les sanctions contre la Russie, accusée d'avoir envoyé des troupes combattre directement au côté des séparatistes pro-russes  dans l'est de l'Ukraine.

Elles partiront des mesures prises et des secteurs visés dans la première série de mesures adoptées par l'UE fin juillet, a expliqué au cours d'un point de presse la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde-Hansen. L'UE a décidé de réduire l'accès de la Russie aux marchés de capitaux européens, imposé un embargo sur les ventes d'armes, les biens à double usage militaire et civil, et une limitation des ventes de technologies sensibles et d'équipements pour le secteur pétrolier.

Des appels au boycott ont été lancés cet été par plusieurs hommes  politiques allemands. Fin juillet, le vice-Premier ministre britannique Nick  Clegg a joint sa voix en estimant que ce "jeu magnifique" ne pouvait pas être  "entaché par l'horrible agression de la Russie" contre l'Ukraine. La Fédération allemande de football (DFB) s'est opposée à un tel  boycott, jugeant contre-productif celui des Jeux olympiques de Moscou en 1980  après l'invasion de l'Afghanistan. "Le boycott de 1980 n'a rien apporté. Ça n'avait été préjudiciable qu'aux sportifs", a expliqué mardi le président de la  DFB, Wolfgang Niersbach. Dès le mois de mars, Daniel Cohn-Bendit, alors eurodéputé écologiste, avait  appelé au boycott du Mondial-2018, pour protester contre l'attitude du  président russe Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne.

AFP