joie Diego Forlan Uruguay VS Afrique du Sud Mondial 2010
La joie de Diego Forlan | AFP - Roberto Schmidt

Terminer sur une bonne note

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Rien de plus difficile de disputer une petite finale. Passer si près du rêve de tout footballeur, voir les espoirs de tout un peuple s'écrouler en quelques minutes et devoir repartir au combat malgré tout, voici la terrible mission qui attend l'Allemagne et l'Uruguay, samedi à Port Elizabeth.

S'affronter pour la très honorifique troisième place n'a rien de dégradant, car pas moins de 28 autres équipes n'ont pas fait mieux... Lors d'une telle rencontre, les qualités intrinsèques d'une équipe peuvent être lourdement handicapées par la démotivation suscitée par l'élimination. Ainsi, l'Allemagne qui avait abordé sa demi-finale face à l'Espagne avec une plus grande ambition que l'Uruguay face aux Pays-Bas est tombée de bien plus haut. Surprise de ce dernier carré, la Céleste n'aura rien à perdre lors de celle que l'on appelle communément "la consolante".

Depuis son triste match nul (0-0) face à la France en poules, l'équipe d'Oscar Tabarez est montée en puissance, bénéficiant il est vrai, d'un tableau relativement abordable, et aussi d'un incroyable coup du sort face au Ghana (1-1 a.p., 4 t.a.b. à 2). Le "Maestro" comptera essentiellement sur l'un des meilleurs joueurs de ce Mondial, Diego Forlan. Barragistes face au Costa Rica, les Charruas n'imaginaient sûrement pas se retrouver si loin dans la compétition. Forts d'un passé glorieux avec les sacres de 1930 et 1950, la formation uruguayenne et ses 3,5 millions d'habitants espèreront peut-être un peu plus que leur rival allemand décrocher cette troisième place.

"Nous devons enterrer cette élimination et notre tristesse. Nous devons donner une belle image pour ce match. Ce match est important à mes yeux", a déclaré Tabarez après la défaite contre les Pays-Bas (3-2). La question est donc de savoir si la Mannschaft, déjà troisième en 2006, aura digérer sa nouvelle désillusion face à l'Espagne (1-0). Il y a quatre ans face au Portugal, les Allemands avaient terminé sur la troisième marche du podium en s'imposant 3-1 devant son public. En 2008, c'était le titre européen qui s'envolait en finale, face à cette même Espagne…

"Ce serait inapproprié de fêter la troisième place en Allemagne", a estimé le capitaine de l'Allemagne Philip Lahm, au lendemain de la défaite. Mais l'Allemagne joue de malchance, car elles est décimée par un virus grippal. Le sélectionneur Joachim Löw est d'ailleurs alité et fera l'impasse sur la conférence de presse de veille de math, tandis que Philipp Lahm et Lukas Podolski bien que dans un état fébrile, devrait débuter la rencontre.

Potentiellement, l'équipe de Joachim Löw ne doit souffrir d'aucun complexe face à la Céleste. Avec dans ses rangs des Klose, Podolski, Schweinsteiger, ou encore Özil, et pouvant compter sur le retour de Müller, un joueur qui a grandement manqué en demi-finale, l'Allemagne partira avec la faveur des pronostics. Mais c'était déjà le cas en demi-finale…

Romain Bonte