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Luis Suarez fête son but sous les yeux de Joe Hart et Phil Jagielka | BEN STANSALL / AFP

Suarez et l’Uruguay mordent l’Angleterre

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A l'issue d'une rencontre enlevée, l'Uruguay, transcendé par le retour de son attaquant vedette Luis Suarez, est venu à bout de l'Angleterre lors de la deuxième rencontre du groupe D (2-1). L'attaquant des Reds a signé un doublé. Wayne Rooney a lui ouvert son compteur en Coupe du monde pour rien. Les Anglais n'ont plus leur destin entre les mains.

Revivez le match du groupe D Uruguay-Angleterre

Battues en ouverture par le Costa Rica et l'Italie, les deux équipes n'avaient plus droit à l'erreur faute d'hypothéquer très sérieusement leurs chances de qualification pour les 8e de finale. Sur la pelouse de l'Arena São Paulo, elles se sont donc rendues coup pour coup. Avec le retour de Luis Suarez, l'Uruguay a retrouvé son âme combative. Premier instigateur du pressing étouffant de la Celeste, le Pistolero a également été l'Uruguayen le plus dangereux. Sur deux corners vicieux frappés au premier poteau, le meilleur joueur de Premier League cette saison met Joe Hart à contribution (5e, 49e). Persévérant, l'homme aux 31 buts sur les terres de Sa Majesté finit par trouver la faille. Sa déviation extérieur du pied trouve Lodeiro. Le milieu pousse vers Cavani. Excentré sur le côté gauche, El Matador dépose une douceur sur la tête de Suarez (1-0, 40e). Avant ce coup de massue, l'Angleterre, bien emmenée par ses feux follets Sterling et Wellbeck sur les ailes, avait poursuivi sur la lancée de sa séduisante prestation contre la Squadra Azzura.

Rooney brise la glace

Suite au revers concédé dans la chaleur de Manaus face aux troupes de Cesare Prandelli, Roy Hodgson avait appelé ses hommes à plus de réalisme. Un message qu'ils ont peiné à mettre en application, à l'image du maudit Wayne Rooney. En quête d'un but en Coupe du monde depuis neuf matches et pris en grippe par la presse anglaise, l'ex-prodige d'Everton a beaucoup tenté. Dès la 9e minute, il enveloppe un joli colis qui frôle la lucarne de Muslera. A la demi-heure de jeu, sa reprise de la tête à moins d'un mètre du but vient fracasser la transversale du gardien de Galatasaray. Et que dire de son occasion à la 53e minute. Servi par un Leighton Baines dont le pied gauche délicieux n'a cessé de délivrer des sucreries, l'attaquant mancunien contrôle à sept mètres des cages mais cochonne sa reprise du gauche sur laquelle le portier charrua est heureux de se coucher. Un pied dans le vide, l'Angleterre et Rooney n'en courbent pas pour autant l'échine. A un quart d'heure de la fin de la rencontre, Sturridge fait la différence côté droit. Le centre à ras de terre de Johnson trompe tout le monde sauf... "Wazza." A bout portant, Wayne le Red Devil brise sa malédiction (1-1, 75e). 

Suarez, le guide

Les Three Lions sont déchaînés. Baines n'en finit plus de dévorer les espaces. Le latéral trouve Sturridge dans la surface. Muslera détourne la frappe en pivot du partenaire d'attaque de Suarez en club (78e). Les deux scousers n'ont pas neuf réalisations d'écart au classement des buteurs pour rien (31 buts contre 22). Sept minutes après l'occasion manquée par le jeune anglais, El Pistolero dégaine son colt. Gerrard, un autre de ses coéquipiers à Liverpool, dévie malheureusement un dégagement de Muslera. L'avant-centre de la Celeste récupère l'offrande et crucifie Hart (2-1, 85e). L'Uruguay est au paradis. Demi-finalistes du dernier Mondial, les hommes d'Oscar Tabarez ont toujours leur destin en mains. A l'inverse, ceux de Roy Hodgson devront les joindre pour prier. Si l'Italie et le Costa Rica font match nul, ils seront éliminés dès demain et manqueront les phases finales. Une première depuis la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis. La dernière organisée sur le continent américain... 

Jerome Carrere