Le milieu offensif Franck Ribéry
Le milieu offensif Franck Ribéry | AFP - Franck Fife

Sortir le Bleu de travail en attaque

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Le contenu de la victoire en Finlande (1-0) n'a pas laissé place à l'autosatisfaction mais plutôt à une liste de devoirs à faire, notamment sur le plan de l'animation offensive, pour franchir un cran dès mardi face à la Biélorussie. Le placement de Benzema, l'animation des côtés, la qualité des centres, la finition, voilà ce qu'il faut travailler pour retrouver le chemin des filets.

1 but, 11 tirs, 0 centre réussi sur 14. Les chiffres de l'attaque tricolore donne une idée des difficultés à créer le danger devant le but finlandais. A la vidéo, le sélectionneur Didier Deschamps n'a pu que constater les lacunes de l'attaque, emmenée de gauche à droite par Franck Ribéry, Karim Benzema et Jérémy Ménez. "On doit être vraiment être plus dangereux et présent dans la surface et être plus complémentaire dans les déplacements", a commencé par dire le technicien..

Benzema pèse-t-il assez en attaque?

Le fait: Benzema dézone trop

Auteur d'une belle passe décisive à la suite d'un de ces multiples dézonages, bien aidé par une course tranchante du milieu Abou Diaby, Karim Benzema a encore trop (comme d'habitude) dézoné en Finlande. Mais Didier Deschamps s'est empressé de préciser qu'il ne souhaitait surtout pas "dénaturer" le style de jeu de l'attaquant madrilène. Bien au contraire, l'ancien entraîneur de l'Olympique de Marseille souhaite s'appuyer sur la capacité de l'ancien Lyonnais à déstabiliser les défenses en décrochant dans les couloirs. Du coup, ce seront les autres qui devront d'adapter. "Karim est capable de marquer. Il l'a prouvé en équipe de France et en club. Il aime bien avoir cette liberté, bouger beaucoup. Donc quand il le fait, il faut que les autres viennent au centre", a-t-il ainsi expliqué. "Je n'ai pas envie de lui enlever ce qu'il aime faire de manière naturelle. Quand Karim sort de la surface, les deux autres attaquants doivent donc être capables de le remplacer devant le but." Peut-être. Mais ni Ribéry, ni Ménez ont ce profil. Pire, s'ils se mettent à entrer dans l'axe, qui seront sur les côtés? Un attaquant doit avant tout peser sur la défense centrale et la pointe de l'attaque.

Ribéry-Ménez doivent apporter plus

Le chiffre: 106 ballons touchés par Ribéry

Pour Didier Deschamps, Franck Ribéry et Jérémy Ménez, doivent donc apporter plus, se rendre disponible sur le front de l'attaque et dans l'animation. Bref, il demande beaucoup (trop?) à ces deux joueurs. "La Biélorussie laissera très probablement peu d'espaces mardi soir au Stade de France. Dans ces cas-là, la meilleure façon de passer, c'est de contourner sur les côtés. Mais pour que ça marche, après, il faut finir dans l'axe", a souligné Deschamps. Le timing des courses, des placements et des passes demandera plus de rigueur, d'implication et de concentration. 

Pour améliorer le rendement de son trident, Ribéry qui a touché 106 ballons en Finlande sans être tout le temps efficace doit jouer plus haut. Comme Benzema, sa position sur le terrain, trop basse, n'a pas permis de porter le danger. "Il est généreux, il fait beaucoup d'efforts sans ballon. Il a toutefois tendance, parfois, à être un peu bas pour pouvoir être devant le but après. Il est habitué à être dans ce registre-là au Bayern (Munich) mais plus il sera haut, mieux ça sera pour l'équipe", a-t-il dit, comme un conseil lancé au Bavarois. Concernant Jérémy Ménez, Didier Deschamps s'est montré un peu plus clément. "Il a participé au jeu et fait beaucoup d'efforts. Il doit être capable d'amener sa vitesse dans le jeu. Hier, on aurait pu le voir un peu plus. Après, c'est vrai que notre jeu penche pas mal à gauche, de par la présence de Franck et de Karim qui aiment aller sur ce côté."

Des latéraux à côté de la plaque

Le chiffre: 0 centre réussi sur 14 

Peu élogieux avec ses attaquants, même s'il a loué la qualité de leur repli défensif, le sélectionneur a par ailleurs reproché à ses latéraux leur déchet dans les phases offensives. "Il faut vraiment que dans les positions de débordement, on soit capable de voir plus de précision, notamment sur les centres", a-t-il analysé. "Ce n'est pas le fait de monter 20 ou 25 fois qui compte mais quand on y va, il faut avoir une bonne qualité de centre. Et dans ce type de situation, soit on a tardé, soit on n'a pas bien mis la balle, soit il manquait du monde dans la surface", a-t-il poursuivi. Problème, ce n'est pas en trois jours que ces défauts vont s'améliorer. Il faudra se faire violence dès mardi face à la Biélorussie.  

Mathieu Baratas