Scolari: "On joue un tout petit peu pour Neymar"

Scolari: "On joue un tout petit peu pour Neymar"

Publié le , modifié le

A quelques heures de la demi-finale la plus importante de sa carrière, Luiz Felipe Scolari a été interrogé, en conférence de presse, sur l'absence de Neymar face aux Allemands: "En nous quittant, Neymar a laissé beaucoup de lui-même avec nous et il a pris beaucoup de nous avec lui. Mais, on a déjà terminé cette phase d'implication, de tristesse", a-t-il dit. Il a précisé sa pensée: "On ne joue pas seulement pour nous et le pays, et tout ce qu'on avait déjà rêvé, mais aussi un tout petit peu pour Neymar, pour tout ce qu'il a fait pour nous." Et sur le plan du jeu, il prévient: "Il faut respecter (l'Allemagne) mais nous devons aussi imposer qu'elle nous respecte."

Y a-t-il une motivation supplémentaire en raison de la blessure de  Neymar?
Luiz Felipe Scolari:
"La motivation supplémentaire que nous devons avoir tient du fait que  nous passons une étape à chaque match. En nous quittant, Neymar a laissé  beaucoup de lui-même avec nous et il a pris beaucoup de nous avec lui. Mais, on  a déjà terminé cette phase d'implication, de tristesse. Depuis qu'il est plus  tranquille, il a pu nous dire qu'il fait sa part du travail et nous, depuis le  moment où nous avons compris qu'on aurait plus Neymar, on doit penser à faire  notre part du travail. Ce match contre l'Allemagne est un match très important.  On ne joue pas seulement pour nous et le pays, et tout ce qu'on avait déjà  rêvé, mais aussi un tout petit peu pour Neymar, pour tout ce qu'il a fait pour  nous. Mais, nous avons dépassé la situation, on en parle parce que vous me  sollicitez, mais dans le groupe, on est déjà passé à autre chose, on se  concentre sur autre chose."
   
L'arbitre, le Mexicain Marco Rodriguez, contre l'Allemagne sera celui  qui n'a pas vu la morsure de Luis Suarez...
L.F.S.:
"S'il ne l'a pas vu, il ne l'a pas vu! Comme il y a beaucoup d'actions  que les arbitres ne voient pas. C'était une action inhabituelle. Tu suis le  ballon et souvent il y a deuxième action qui se passe et il ne l'a pas vu...  C'est pour ça que les arbitres ont des assistants. C'est un arbitre expérimenté  avec un vécu dans les Coupes du monde, ce qui justifie son choix par la Fifa."
   
Que pensez-vous de l'Allemagne? Le milieu semble son point de fort...
L.F.S:
"Non, l'Allemagne est une équipe très équilibrée à tous les niveaux.  Elle a un bon plan de jeu. On ne peut pas penser qu'on va avoir des facilités  parce A ou B n'est pas là. Il ne faut pas oublier que cette équipe se prépare  depuis huit ans (avec le même entraîneur Joachim Löw). Cela montre qu'elle est  bien équilibrée, qu'elle travaille bien ensemble. La continuité du travail se  voit sur le terrain. Il faut la respecter mais nous devons aussi imposer  qu'elle nous respecte. Il faut respecter l'Allemagne pour tout ce qu'elle a  fait et fait encore, pour sa manière de jouer. Mais, il nous faut imposer notre  manière de jouer et je crois que si on joue comme on a décidé de le faire, on  peut leur donner pas mal de problèmes."
   
Que pensez-vous des critique en Allemagne sur Joachim Löw?
L.F.S.
"Il n'y pas qu'en Allemagne qu'on critique l'entraîneur. Moi par exemple  je ne suis pas le bon entraîneur pour le Brésil (selon la presse). C'est pareil  partout!"
   
Vous gardez des bons souvenirs de vos affrontements avec l'Allemagne?
L.F.S.:
"On a gagné en 2002 avec le Brésil (finale Mondial 2-0) mais j'ai perdu  en 2008 avec le Portugal (quart de finale de l'Euro 3-2) et j'ai perdu la 3e  place en 2006 (3-1) en Allemagne. Ca fait deux défaites et une victoire... Je  dois gagner celle-là pour que ce soit équilibré! Il y a des bons souvenirs et  une bonne ambiance (avec les Allemands). On discute. En 2006, j'avais été  félicité (Oliver) Kahn (le gardien allemand) pour sa victoire et il m'a  répondu: +Ce n'est pas cette victoire que je voulais, c'était l'autre!+."
   
Ce sera spécial pour celui qui va remplacer Neymar?
L.F.S.:
"Demain, Neymar, qui est un des meilleurs joueurs du monde, ne sera pas  là mais nous avons choisi 22 joueurs triés sur le volet qui savent qu'ils sont  spéciaux. Hier, on a discuté de ce que c'est d'être remplaçant. Le remplaçant  est spécial qui entre à un moment spécial. Parfois, il est plus spécial que  celui qui est déjà sur le terrain parce que c'est lui qui fait la différence.  Neymar va nous manquer, mais nous avons un groupe capable de dépasser cette  difficulté et de poursuivre la route" (vers la finale).

AFP