Le milieu de terrain tricolore Abou Diaby
Le milieu de terrain tricolore Abou Diaby | FRANCK FIFE / AFP

Retour marquant de Diaby

Publié le , modifié le

Longtemps handicapé par les blessures, le milieu de terrain Abou Diaby a répondu aux promesses de son retour au plus haut niveau. Auteur du but de la victoire en Finlande (1-0), le longiligne joueur d'Arsenal a livré une prestation complète à la récupération, la distribution et la percussion. Un retour réussi qui n'attend qu'une confirmation sur la durée.

"C'était  une bonne soirée. Je marque mon 1er but, je suis très content. Quand Benzema  décroche, c'est aux milieux de compenser, de prendre l'espace. Sur l'action du  but, on l'a bien fait. Pour ma part, je sais qu'on compte sur moi et je fais en sorte  de répondre aux attentes. L'an passé, ce n'était pas facile. J'ai beaucoup  travaillé pour revenir alors j'espère que ce sera une année sans blessure", a dit Abou Diaby après la rencontre.

"Je sais que je dois saisir ma chance", a répondu le joueur durant la semaine face aux attentes de patron des Bleus Didier Deschamps. Une chose est sûre: il a donné sa réponse sur le terrain. Le match de Diaby supplante son dernier "match référence" en Bleu qui remontait à un déplacement en Bosnie en septembre 2010. Impeccable dans son rôle de numéro 8, il a eu une grosse activité dans l'entre-jeu et s'est vite projeté devant à bon escient comme sur le but si important au final. A la récupération du ballon, il est lancé dans l'axe par une belle de Karim Benzema pour tromper d'une balle piqué le portier finlandais (21e). A la façon du brillant Yaya Touré de Manchester City, Diaby a emmené des solutions au milieu et aussi en attaque même s'il a baissé de rythme en seconde période tout en distillant des interventions défensives décisives, notamment à la 83e. Ce qui est normal pour un joueur en phase de reprise de compétition. "Ça faisait longtemps  que je n'étais pas revenu, je suis content de revenir après une année difficile" a sobrement commenté l'intéressé après la rencontre. Plus que les autres, il sait que sa route est toujours incertaine. 

Depuis 2007, les indisponibilités cumulées se chiffrent à 70 semaines, dont 16 d'affilée entre juillet et novembre 2011.

Ses prédécesseurs, Raymond Domenech et Laurent Blanc, n'ont jamais pu utiliser sur la durée le milieu d'Arsenal en raison d'incessantes blessures pendant près de deux ans. Touché à l'aine, une malléole, aux abdominaux ou un mollet, victime d'élongations ou de claquages, son bilan médical, qui rendrait jaloux un cascadeur, fait état de pas moins de 13 traumatismes depuis 2007. Le joueur n'a aucune sélection depuis juin 2011 et un voyage en Pologne, où le grand, puissant et fin milieu de 26 ans avait obtenu sa 15e cape. "Je me blesse beaucoup, c'est un fait. Mais je ne suis pas fragile", tient-il toutefois à préciser. A l'entendre, sa grande carcasse - 1,91m - n'est pas le problème. Le problème était plus musculaire. 

Déjà "incontournable"

Le mal enfin diagnostiqué, Diaby a fait en sorte de le soigner. Vassiriki, son 2e prénom, s'est ainsi préparé individuellement à l'Insep avec Renaud Longuèvre, entraîneur d'athlétisme, comme en 2010. Dans la foulée de ses efforts, Diaby vient de disputer deux matches d'affilée en entier avec Arsenal. Une performance qui ne lui était plus arrivée depuis mai 2010... Contre Liverpool dimanche (victoire d'Arsenal 2-0), il a même été élu "homme du match". "Aujourd'hui, je suis conscient des responsabilités que j'ai. Ce sera à moi de les assumer. Je vais essayer de rattraper le temps perdu" a-t-il déclaré dans la semaine. Pour sa 16e sélection, le joueur formé à Auxerre est devenu en l'espace d'une rencontre un élément  déjà précieux. "C'est un milieu de terrain complet, capable d'être à  la récupération, à l'impact, de franchir des lignes et d'être buteur. Je  préfère bien entendu l'avoir à disposition", n'a pas caché Deschamps après la rencontre. Cette semaine il avait prédit que "s'il réédite les mêmes performances que ce week-end (face à Liverpool), il va être incontournable". Plus aucun doute la dessus. Et c'est une vraie bonne nouvelle pour l'équipe de France.  

Mathieu Baratas