Italie Balotelli Prandelli
Cesare Prandelli, ici avec Mario Balotelli | PATRIK STOLLARZ / AFP

Prandelli: "Nous essayons de jouer"

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L'Italie de Cesare Prandelli a moins de grandes stars que les autres favoris du Mondial 2014, mais s'appuie sur son envie de "toujours jouer" et sa "grande force collective", a expliqué le sélectionneur au centre d'entraînement de Coverciano à Florence.

Pourquoi depuis août 2010 n'avez-vous gagné que quatre de vos 17  matches amicaux?
Cesare Prandelli: "Nous avons quand même joué contre l'Allemagne, l'Espagne, la  France, l'Angleterre, l'Argentine... Ces matches ont été équilibrés. Par  exemple contre la France (défaite 2-1 en novembre 2012, NDLR) nous avons joué  un beau match, la France aussi. C'est surtout la prestation qui m'intéresse,  pour progresser. Bon, mais les chiffres sont là. Pour les Italiens tout est un  peu amical, il y a peut-être quelque chose à améliorer dans notre façon de les  aborder."
   
L'Italie déjà qualifiée, les matches contre le Danemark (vendredi) et  l'Arménie (mardi) sont comme des amicaux?
CP: "Pas du tout, il est important de confirmer notre 4e rang mondial au  classement Fifa, et nous tenons à finir le groupe invaincus."
   
Allez-vous essayer de nouveaux joueurs, par exemple Marco Verratti, le  futur Andrea Pirlo?
CP: "Oui, au PSG il a joué dans un autre rôle, pas seulement devant la  défense mais aussi en +interno+ (milieu avancé près du meneur de jeu), ça  m'intéresse de le voir à ce poste. Pour préparer l'après-Pirlo, il faut s'y  prendre un peu avant. Marco, la première saison, a été encensé, maintenant on  le voit différemment, on attend plus de lui, ce n'est plus un jeune, il doit  être un joueur qui apporte un plus."
   
Vous avez déjà critiqué le manque de progrès des jeunes joueurs...
CP: "Je ne visais pas Marco en particulier, mais les jeunes en général. Il y  en avait tant il y a un an, des grands espoirs, et il me semble que l'unique  presque titulaire soit lui, les autres peinent un peu, à part (Lorenzo)  Insigne. On attend plus des jeunes, et je n'en ai pas vu émerger de nouveaux  cette saison".
   
L'Italie a trois stars mondiales, deux vieillissantes, Gianluigi Buffon  et Pirlo, une jeune et perfectible, Mario Balotelli. Êtes-vous d'accord?
CP: "Cela pourrait être une image assez juste, mais la force de cette équipe  est surtout collective. Tu peux avoir des stars, mais sans grands joueurs, tu  ne peux pas obtenir de résultats. Moi je suis convaincu d'avoir des joueurs  qui, sans avoir cette stature mondiale comme les trois cités, sont des très  bons joueurs."
   
Alors la star, c'est le sélectionneur?
CP: "Non, absolument pas (ferme). Cette équipe a compris l'importance de  créer non seulement un esprit, mais aussi un jeu, on a cherché à développer un  jeu qui exalte les caractéristiques de nos joueurs, en pensant toujours au  résultat, parce que sans résultat ce ne serait que du bavardage. Nous avons  fait de beaux matches, s'il faut nous reconnaître un mérite, nous avons  toujours essayé de jouer, des fois avec succès, des fois nous avons trouvé des  adversaires plus forts, mais même à la Coupe des Confédérations nous avons joué  au football. Contre l'Espagne (en demi-finale), nous avons choisi de défendre à  cinq, en acceptant le trois contre trois en phase défensive, c'était la  première fois qu'on voyait l'Espagne en seconde mi-temps attendant une erreur  pour frapper. On nous a complimenté. Les faits de jeu ne nous ont pas aidé  (défaite aux tirs au but), mais l'idée était là."
   
Votre force vient-elle de la "tattica", la tactique chère aux Italiens?
CP: "Je ne sais pas, il faut d'abord expliquer une fois pour toute ce qu'est  la tactique, sinon on va croire qu'en Italie on ne fait que de la tactique. La  tactique c'est +savoir ce qui peut t'arriver+, après les grands joueurs donnent  quelque chose en plus. La tactique n'apprend pas à Francesco Totti le bon tempo  de la passe ni le dribble à l'attaquant. La tactique peut aider les équipes qui  n'ont pas une immense qualité technique, qui ont moins d'individualités  capables d'interpréter les situations de jeu. Il faut une base, puis à partir  de cette base nous développons notre jeu."
   
Êtes-vous favoris du Mondial-2014?
CP: "Mes joueurs ont bien interprété notre potentiel, +Gigi+ Buffon dit  vrai, nous sommes au second rang des favoris, et j'aime le discours de Giorgio  (Chiellini) qui dit que nous devons compenser notre manque de grandes  individualités par un collectif d'équipe très forte. Si on part avec ces idées,  je suis convaincu qu'on fera un grand Mondial. Il faut rêver en grand, sans  spécifier quel est notre rêve."

AFP