Place aux états généraux du foot

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Tous les pompiers sont de sortie. L'échec de l'équipe de France et l'image déplorable laissée à la face du monde en Afrique du Sud ont conduit les hommes politiques de tous bords à prendre parti. Et le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé la tenue d'états généraux du football français, pour le mois d'octobre. Coup d'épée dans l'eau ou véritable fondation pour un autre football tricolore ?

Quand une crise est aigüe, le réflexe politique, c'est la grande réunion. Comme lors des violences dans les stades. Le fiasco de l'équipe de France et l'attitude des joueurs, entraîneurs et dirigeants ont donc connu la réponse habituelle des dirigeants du pays: des états-généraux du football. Ils auront lieu en octobre prochain, à la demande du président de la République, qui souhaite que tous les acteurs apportent leur "contribution en toute transparence à la construction d'un projet de rénovation", avant une "réflexion plus générale sur la gouvernance des fédérations sportives". Le football en première ligne, les autres fédérations en ligne de mire, voilà le programme pour inventer peut-être une nouvelle gouvernance des fédérations sportives.

Mais avant de discuter, Nicolas Sarkozy a tenu à s'assurer que chacun payerait le tribut de cette Bérézina. Premièrement: "Qu'aucun avantage financier ne soit versé à l'ensemble de l'équipe de France". Deuxièmement: "Que les responsables tirent rapidement les conséquences de ce désastre".

La révolution est annoncée. Aura-t-elle lieu ? Car il faut bien rappeler que tous les acteurs (joueurs, dirigeants, Direction technique nationale) ont soutenu Raymond Domenech lors de son maintien après un Euro-2008 pratiquement identique à ce Mondial (aucune victoire, un seul but marqué, des histoires entre joueurs...). Or, c'est bien la DTN qui impulse une stratégie au niveau professionnel, mais également amateur, avec l'accord des dirigeants fédéraux. C'est la DTN qui s'occupe de la formation des éducateurs via les districts et les directeurs techniques régionaux. C'est la DTN qui organise l'ensemble du système de formation, avec un certain succès puisque les clubs français sont très régulièrement pillés par les clubs étrangers plus fortunés, avec des recrutement très précoces.

Et c'est bien avec ce système que la France est devenue championne du monde en 1998 et d'Europe en 2000. Faut-il donc brûler aujourd'hui ce qui a fait les plus grands succès d'hier et qu'on vantait il n'y a pas si longtemps que cela ? On entend les uns et les autres décrire des joueurs qui n'ont plus conscience de leur rôle, qui n'ont pas été "formés" en tant qu'homme, qui n'ont plus aucun respect. Est-ce le football français qui aboutit à cela ou est-ce le système global ? Les dérives du ballon rond s'appliquent-elles aux autres sports, comme le rugby, le handball, le judo, le tennis (etc...) ?

Cela fait plusieurs années que les pouvoirs politiques annoncent qu'ils vont régler les problèmes de violences dans les stades de football. Des réunions au plus haut niveau ont régulièrement eu lieu, y-compris dernièrement. Le problème ne semble toujours pas avoir trouvé de solution. Les états-généraux du football aboutiront-ils à autre chose qu'un nouveau constat de bonnes intentions ?