Patrice Evra
La rage du défenseur tricolore Patrice Evra | AFP PHOTO / CHRISTOF STACHE

Patrice Evra "s'aime tout le temps"

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Cloué au pilori après le fiasco de Knysna, Patrice Evra n'a pas changé et a gardé ce franc-parler qui lui a causé tant de mésaventures par le passé même si c'est désormais avec un statut de "grand frère" qu'il aborde le Mondial avec les Bleus.

Les apparitions du défenseur de Manchester United (33 ans, 59 sélections) en conférence de presse sont rares mais valent à chaque fois le détour. L'arrière gauche des Bleus n'était plus venu devant les médias français depuis novembre 2012, c'est dire l'excitation qui a gagné la presse en apprenant le menu du jour proposé par l'encadrement. Elle n'a pas été déçue. Le moment n'était pas anodin, quatre ans quasiment jour pour jour après la grève de l'entraînement au Mondial-2010 en Afrique du Sud (20 juin), qui a plongé les Bleus dans la plus grave crise de leur histoire et fait du capitaine Evra, suspendu 5 matches par la Fédération française de football, un pestiféré.

Evra: "Le Pat de 2010 ou de 2014, je les kiffe tous les deux"

Du temps s'est écoulé après ce véritable drame national en mondovision mais Evra  l'assure: il n'a "pas changé", avant de concéder que le port du brassard lui avait "bouffé de l'énergie" et qu'il avait à l'époque "pris (s)on rôle trop à coeur" pour finir par endosser seul une responsabilité collective. "Maintenant je donne toujours tout pour les autres mais je reçois de l'énergie en retour", a-t-il expliqué. Pour le reste, il n'était pas venu pour faire un quelconque mea culpa. Bien au contraire: "Je m'aime tout le temps! C'est un peu arrogant, mais que ce soit dans les moments difficiles, ou les moments de joie, je n'aime pas critiquer ma personne. Le même +Pat+ de 2010 ou le même +Pat+ de 2014, je les kiffe tous les deux!".

Selon l'ancien Monégasque, le décalage entre son image à l'extérieur du groupe et celle qu'il renvoie à l'intérieur n'existe qu'"auprès des médias". "J'ai rencontré plusieurs supporteurs français et ils ont toujours été positifs avec moi, a-t-il ajouté. Si les médias veulent donner cette image de moi depuis la dernière Coupe du monde, il n'y a pas de problème. Je ne lis pas la presse, Internet. Le plus important pour moi c'est ce que pensent les joueurs, le staff, les supporteurs de l'équipe de France. Que je passe pour un bad boy auprès des médias, ça ne me touche pas."

Evra: "Il faut que les Français soient fiers de nous"       

Et de se lancer dans un plaidoyer pour le maillot bleu et la France, lui dont les larmes lors de la Marseillaise ayant précédé le premier match des Bleus en Afrique du Sud avaient été occultées par le chaos qui allait suivre. "On joue tous pour le même pays et depuis le France-Ukraine (3-0 en barrage retour, le 19 novembre, ndlr), il y a la fierté de porter ce maillot. Il faut que les Français soient fiers de nous, c'est le mot d'ordre et la priorité, c'est que les supporteurs se disent qu'on respecte le maillot", a-t-il affirmé. Mais plus question de penser au capitanat. "Le capitaine c'est Hugo Lloris, il faut respecter ça, a-t-il commenté. Je l'ai été en 2010 et je le suis à Manchester, ça me suffit. Ce n'est pas parce que je n'ai pas le brassard que je ne remplis pas mon rôle dans le vestiaire ou sur le terrain. C'est beau d'être capitaine mais ce n'est pas la priorité."

Vidéo: Les Bleus proches de leurs supporters 

AFP