joie des Néerlandais Pays-Bas VS Danemark Mondial 06 2010
La joie des Néerlandais après leur victoire sur le Danemark | AFP - Thomas Coex

Oranje amers

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Les Pays-Bas viennent de concéder leur troisième défaite en finale de Coupe du monde. Comme ils ne comptent aucun sacre mondial, ils peuvent à juste titre se considérer comme les maudits de l'épreuve. Maintenant, la différence avec les années 70 est criante. Cette fois ci, les Bataves ne méritaient pas de gagner. Retour sur un beau parcours terminé en eau de boudin.

Annoncés comme des outsiders crédibles avant le Mondial (derrière les deux grands favoris, Brésil et Espagne), les Pays-Bas ont plus que tenu leur rang lors de ce premier Mondial africain. Avec 11 buts inscrits, ils terminent deuxième attaque derrière l'Allemagne (11 buts contre 16). Wesley Sneijder finit co-meilleur buteur avec 5 réalisations, le joueur de l'Inter ayant été avec Arjen Robben le grand artisan du beau périple effectué par le navire orange. Qu'a-t-il manqué alors aux Néerlandais pour enfin décrocher le Graal ? Une petite foule de détails, en fait.

D'abord, même s'ils étaient invaincus depuis 25 matches et avaient gagné toutes leurs rencontres dans cette compétition, les partenaires de Giovanni van Bronckhorst n'ont jamais survolé les débats. Plutôt solides, souvent entreprenants, parfois brillants, les hommes de Bert Van Marwijk n'ont que trop sporadiquement étalé un jeu collectif digne des glorieux anciens (Cruyff, Van Basten, Bergkamp). Quand ils l'ont fait, ce fût contre des formations de second ordre (Danemark, Japon et un Cameroun décevant au premier tour, Slovaquie en huitièmes), contre le fantôme du Brésil (qui s'est complètement déréglé après l'égalisation alors qu'il avait totalement maîtrisé la première période de ce quart de finale plutôt étrange) ou face à des Uruguayens coriaces mais très fatigués en demi-finale.

Davantage que le style maison, c'est le réalisme batave qui a souvent fait la différence, loin des Hollandais volants des années fastes. Sans compter le jeu dur, la finale mettant en exergue cette facette inédite ou presque (le huitième de finale de 2006 contre le Portugal) d'Oranje qui détestent être pressés. Personne ne plaindra Van Bommel ou De Jongh pour ne citer que les deux "sécateurs" de l'armée orange. Lors de la finale, la différence de niveau avec les Espagnols était flagrante et c'est pour cette raison que les Néerlandais ont cherché à durcir le jeu. Cela aurait pu payer vu les carences arbitrales (deux cartons rouges non donnés en première période) mais c'eût été injuste pour l'Espagne, la meilleure équipe du tournoi. Les Pays-Bas rentrent dans l'histoire après ce troisième échec sur l'ultime marche. Mais pour rentrer dans la légende, il fallait soit gagner soit perdre 3-2 à l'issue d'un duel somptueux. Pas s'incliner 1-0 au bout de la prolongation sans avoir vraiment laisser une image positive. Il faudra s'en souvenir la prochaine fois…

Optimisme pour l'avenir

L'équipe ne devrait pas subir de grands bouleversements ces prochaines années, ses vedettes, à l'image de Wesley Sneijder, arrivant à maturité. Le sélectionneur Bert van Marwijk qui devrait prolonger son contrat jusqu'à l'Euro 2012 en Pologne et en Ukraine, ne modifiera probablement pas une recette (presque) gagnante. Parmi les titulaires, seul le capitaine Giovanni van Bronckhorst (35 ans), a annoncé son départ à la retraite. Andre Ooijer qui a fêté ses 36 ans le jour de la finale s'en va lui aussi. Mais il n'était plus titulaire depuis plusieurs années. Un point d'interrogation subsiste concernant Mark van Bommel (33 ans) qui avouait avant de début du tournoi ne pas savoir s'il aurait "la condition et la passion pour continuer deux années de plus". La tendance serait à la prolongation.

La colonne vertébrale de l'équipe ne bougera donc pas, du gardien Maarten Stekelenburg (27 ans), révélation du tournoi côté Oranje, à l'avant-centre Robin van Persie (26) qui doit lui une revanche à ses supporters. John Heitinga (26), Nigel de Jong (25), Wesley Sneijder (26), Rafael van der Vaart (27), Arjen Robben (26) seront à pleine maturité dans deux ans et sans doute pas encore usés en 2014 au Brésil. La relève - Affelay (24), Babel (23), Elia (23), Van der Wiel (22) - peut continuer de grandir dans un environnement favorable. Reste à connaître le sort du sélectionneur. Bert van Marwijk dispose dans son contrat d'une option qui lui permet de prolonger jusqu'en 2012. L'ancien entraîneur de Feyenoord Rotterdam et du Borussia Dortmund part du principe qu'il restera mais qu'une "offre qui ne se refuse pas" pourrait le faire réfléchir.