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Franck Ribéry | AFP

Objectif nul

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La nette domination du football espagnol depuis plus de quatre ans impose le respect. Et à l'heure où la Maison bleue cherche encore des fondations, l'important rendez-vous de mardi laisse quelque peu perplexe. Un match nul à Madrid serait à l'évidence un bon résultat.

Depuis le tirage au sort de ces qualifications pour le Mondial 2014, c'est un vent d'inquiétude qui souffle sur les Bleus. La plupart des observateurs prédisent pour ce duel au sommet du groupe I, au mieux une courte défaite, au pire, une véritable déculottée des hommes de Didier Deschamps. Si Franck Ribéry n'a pas arrêté de chambrer son coéquipier du Bayern, Javi Martinez, en prédisant un match très difficile pour l'Espagne, c'est peut-être parce que la Roja l'impressionne. Les supporteurs tricolores avaient même plutôt bien accueilli la défaite 2-0 en quart de finale de l'Euro 2012 face à la formation ibérique. C'est pourquoi la raison pousse d'avantage à imaginer qu'un match nul de la France serait déjà remarquable.

Les Bleus ne font plus peur

Ce n'est d'ailleurs pas un manque d'ambition que de penser que la France, actuellement 13e nation mondiale au classement Fifa, ferait une bonne opération en allant chercher le nul au Stade Vicente Calderon face à la meilleure équipe du monde. Autrefois championne du monde et d'Europe (il y a déjà 12 ans), l'équipe de France ne fait plus peur, et ses frasques aussi multiples que variées lors de ses dernières apparitions en compétitions internationales ne lui permettent guère de retrouver la sérénité.

Sur le plan comptable, la France n'a pas à rougir de ses performances, et peut même se réjouir d'avoir grappillé deux places au classement Fifa. Même si la défaite de vendredi face au Japon (0-1) apporte plus des doutes que des certitudes, cette équipe possède assurément des joueurs de talents. Il reste juste à lui insuffler de la cohésion, de la confiance et de la maturité dans le jeu. En résumé, il faut former une équipe unie. Avec des joueurs comme Benzema, Ribéry, Cabaye, ou encore Koscielny, le potentiel des Bleus est important et fait plutôt bonne figure face aux Iniesta, Xavi, Xabi Alonso et autre Ramos.

Casillas infranchissable

Mardi, il sera inutile de vouloir rivaliser dans la possession de balle, car le jeu espagnol est imbattable à ce niveau. Didier Deschamps peut à défaut s'inspirer des rares contre-performances de la Roja pour mettre en place un schéma tactique capable d'enrayer cette belle mécanique. La Suisse y était bien parvenue lors du Mondial 2010 en s'imposant 1-0 grâce à un bloc organisé et physique. C'est d'ailleurs précisément sur ce dernier point que les Espagnols ont le plus à craindre des Français, et Vicente Del Bosque en a bien conscience.

Le sélectionneur espagnol sait aussi que sa défense centrale risque d'éprouver quelques difficultés. Sans Puyol et Piqué, le tacticien peut craindre les contres français. Reste à savoir si l'attaque tricolore est capable de perturber une équipe qui n'a plus encaissé le moindre but depuis sept rencontres officielles (soit 689 minutes d'invincibilité pour Casillas) et le match d'ouverture face à l'Italie (1-1). Repartir de Madrid avec un tel score serait donc une belle performance pour les Bleus, à eux de prouver qu'ils en sont capables.

Romain Bonte