Debuchy, Benzema, Deschamps, Mandanda
Mathieu Debuchy, Karim Benzema et Steve Mandanda entourent Didier Deschamps | AFP - FRANCK FIFE

Objectif Mondial 2014 pour les Bleus

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Qualifiée pour sa 14e Coupe du monde, l’équipe de France ne se rendra pas au Brésil pour y faire de la figuration. L’objectif minimal sera de franchir le premier tour. Un quart de finale, parfaitement envisageable vu le potentiel des Bleus, serait considéré comme une réussite à deux ans de l’Euro 2016, en France.

Une Coupe du monde ne se galvaude pas, surtout quand elle se tient dans le pays du football, le Brésil. N’en déplaise à ceux qui pensent que l’objectif numéro 1 de l’équipe de France doit consister en la préparation de son Euro, dans trois ans, le premier Mondial à se tenir en Amérique du Sud depuis 1978 constitue un but en soi.

Deschamps : "Pas des touristes"

Bien que le président de la FFF Noël Le Graët ait annoncé le renouvellement du contrat de Didier Deschamps jusqu’en 2016, personne ne tient à galvauder la plus grande compétition sportive au monde. Ni le sélectionneur, gagneur invétéré, ni les joueurs qui ne sont pas certains d’être encore là deux ans plus tard. Et c’est très bien ainsi.

Bien sûr, il faut garder l’échéance 2016 dans un coin de la tête, mais ce serait se méprendre d’en faire un aboutissement alors qu’il s’agira juste d’une échéance supplémentaire entre deux rendez-vous mondiaux, bien plus importants. Deschamps a été clair: pas question de traverser l'Atlantique en touriste. "On ne va pas à une Coupe du monde juste pour participer", a lâché l'ancien capitaine de France 98 qui se refuse toutefois à viser quelque chose de précis, au moins en public.

Tirage au sort déterminant

Tout dépendra d'abord du tirage au sort, qui sera effectué le 6 décembre à  Costa do Sauipe (près de Salvador de Bahia), sachant que la Fifa décidera 3  jours plus tôt de la composition des 4 chapeaux. Si la France tombait sur un groupe relevé (Brésil, Pays-Bas, Etats-Unis), atteindre les huitièmes de finale permettrait aux Bleus de redorer leur blason après le fiasco de l’Afrique du Sud 2010. Au contraire, sortir d’un groupe plus aisé (Uruguay, Grèce, Iran) conduirait supporters et observateurs de l’équipe de France à espérer (au moins) une place dans le top 8 de la compétition.

Une nouvelle élimination au premier tour serait en revanche assez malvenue car il s’agirait du troisième échec tricolore après la déroute de l’Euro 2008 et Knysna 2010, sans omettre la conclusion en eau de boudin d’un Euro 2012 correct. Elle marquerait un retour en arrière et ne manquerait pas de faire resurgir les démons du passé et les débats enfiévrés sur le réel niveau d’une équipe capable de tout, du meilleur comme du pire, comme l’ont montré les deux matches face à l’Ukraine (0-2, 3-0).

France = Russie ou Angleterre

Seulement 21e au classement FIFA, la France vaut probablement mieux que ça, surtout quand les joueurs affichent un état d’esprit à la hauteur de l’enjeu. Les talents existent (Varane, Pogba, Ribéry, Benzema) et le groupe bâti au fur et à mesure par Didier Deschamps semble vraiment prometteur à moyen terme. Sans rêver trop fort, on peu même avancer que les Bleus figurent dans un second groupe, celui des outsiders, à distance respectable des favoris (Brésil, Espagne, Allemagne, Argentine, Italie, Pays-Bas). La France n’est pas forcément moins forte que l’Angleterre, la Croatie, la Russie ou l’Uruguay. Et ce sera encore plus vrai dans sept mois. Ca signifie qu’un quart de finale n’est pas impossible si les Bleus ont une chance au tirage.  

Thauvin ou Griezmann en 23e homme ?

D’ici le Mondial (12 juin-13 juillet 2014), ils affronteront les Pays-Bas (le 5 mars au Stade de France) puis disputeront trois matches de préparation fin mai, début juin. A deux ou trois exceptions qui pourraient provenir de l’incorporation de quelques jeunes (Florian Thauvin, Antoine Griezmann, Lucas Digne, Gianelli Imbula), les 23 sont connus. D’ailleurs, sous prétexte de préparer l’Euro 2016, il ne faudrait pas que l’un de ces hommes soit incorporé à l’ensemble alors qu’il ne le mérite pas vraiment. Si Thauvin ou Griezmann doivent aller au Brésil, c’est parce qu’ils auront brillé en clubs et démontré des capacités opérationnelles immédiates. Il sera grand temps d’effectuer des tests lors des matches de préparation qui baliseront ensuite le parcours entre l’automne 2014 et juin 2016, date de l’Euro.

Quid de Nasri, Abidal et Koscielny ?

Reste à savoir ce que DD fera concernant Eric Abidal et Samir Nasri. Les deux hommes ont montré leurs limites au cours du barrage aller (passagères pour le Mancunien, très irrégulier, plus inquiétantes pour le Monégasque dont l’expérience ne compense plus la lenteur, à 34 ans). Et  le retour de Nasri a même eu de nouveau un impact négatif sur le statut de Mathieu Valbuena, meneur de jeu attitré de l'ère Deschamps, excellent mardi. Débarrassé de la pression de la qualification, assuré de diriger la France à l'Euro 2016, Deschamps est désormais en position de force pour procéder à un éventuel ménage. Enfin, il y a le problème Laurent Koscielny : si le Gunner devait écoper de trois matches de suspension (comme son geste de vendredi peut le laisser penser*), le staff français prendrait-il le risque de le sélectionner alors qu’il raterait les deux premiers matchs du Mondial ? Rien n’est moins sûr.

*Koscielny a été exclu lors du barrage aller pour avoir gifler Alexandre Koutcher. Il risque (au moins) deux matches de suspension pour ce geste, selon le barème du code disciplinaire de la FIFA. Vu qu’il a purgé un premier match mardi soir lors du barrage retour, il manquera à coup sûr le premier match des Bleus au Brésil. Peut-être davantage.