Neymar (Brésil) ému en conférence de presse
Neymar (Brésil) ému en conférence de presse | WILTON JUNIOR / AGÊNCIA ESTADO

Neymar: "On ne méritait pas ça"

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La star brésilienne Neymar, victime d'une fracture de la 3e vertèbre lombaire en quart de finale, a estimé que l'équipe brésilienne "ne méritait" pas l'humiliation infligée par l'Allemagne et a estimé qu'il aurait pu finir "en chaise roulante" sur l'action qui l'a sorti du Mondial. Neymar s'est rendu jeudi au centre d'entraînement du Brésil à Teresopolis pour saluer ses coéquipiers et en profité pour répondre à la presse.

RETOUR AVEC L'ÉQUIPE
Je suis content d'avoir retrouvé mes coéquipiers malgré la mauvaise  situation. On a commencé ensemble, on va finir ensemble. Même si on n'a pas  réussi à obtenir le titre, on va terminer honorablement en portant le maillot  qu'on a toujours rêvé de porter. Ce n'est pas parce que c'est une défaite  historique qu'il faut baisser la tête. C'est le football. (...) C'est  douloureux mais ça peut arriver. Tout le monde est triste mais ce qui m'a rendu  heureux, en revenant ici, c'est qu'il y avait des gens qui applaudissaient.  Maintenant on va faire le match (pour la 3e place), faire comme si c'était une  finale et terminer avec le sourire. Comme ça, ce sera moins douloureux que  maintenant.
   
HUMILIATION
J'ai trouvé ça incroyable, inexplicable. Je ne peux pas l'expliquer. Il y a  eu un black-out. C'est facile de parler après. J'ai déjà vécu ça : tu n'arrives  pas à t'organiser, tu ne réussis plus une passe, tu ne réussis plus rien. On ne  demande qu'une chose, c'est que la lumière revienne (...). On voulait tous  gagner le titre, on a travaillé pour ça. Ce n'est pas à cause d'une défaite, de  la perte du titre que tous les joueurs sont tristes. On est suffisamment forts  pour le surmonter mais voir ton fils, ta famille, des gens que tu ne connais  pas pleurer... J'ai pleuré, pas parce qu'on a perdu, mais parce qu'on ne  méritait pas de perdre comme ça, on ne méritait pas ça.
   
LA BLESSURE ET ZUNIGA
C'est une action que je n'accepte pas. Je ne vais pas dire qu'il y avait  quelque chose de malveillant, je ne suis pas dans sa tête. Mais celui qui  connaît le foot sait que sa charge n'est pas normale. Quand tu veux faire faute  sur quelqu'un de dos pour arrêter l'action, tu pousses, tu le retiens (...). On  m'a souvent accusé de tomber facilement. Quand je suis de face, j'ai la vision  périphérique et je peux me protéger. Mais de dos... Il y a une règle, il faut  être protégé et j'ai fini blessé. Dieu m'a aidé. Si cela avait été 2  centimètres de plus, je serais peut-être dans une chaise roulante. C'est  compliqué d'en parler. Le moment le plus important de ma carrière (Neymar s'est  alors écroulé en pleurs avant de continuer).
(Zuniga) Il m'a appelé, a demandé pardon, il m'a dit qu'il ne voulait pas  me blesser. Il a dit des choses sympa. Je n'ai pas de rancoeur ou de haine. Je  lui souhaite le meilleur pour sa carrière.
   
RECUPERATION
C'était une des pires semaines de ma vie mais ce n'était pas si horrible.  Il y a des gens qui me soutiennent, les amis, la famille, les coéquipiers. J'ai  reçu des visites d'amis qui m'ont aidé à prendre le bain, à m'habiller.  Famille, amis, petite amie, tous ceux qui comptent sont présents pour ma  récupération. Je remercie aussi les témoignages d'affection des supporteurs. Je  ne voulais pas rester (à Teresopolis). Je n'aurais pas eu la force d'encourager  mes coéquipiers et eux n'auraient pas eu la force de m'encourager.
   
CRITIQUES DE SON AGENT A SCOLARI
Il y a deux personnes qui peuvent parler en mon nom. Mon père et moi. Ce  qui sort de la bouche de Wagner (Ribeiro) le regarde. C'est une personne que  j'admire, et que j'aime bien, mais c'est à lui de répondre de ses paroles. Je  ne suis pas d'accord, je n'accepte pas.
   
AVENIR
Je veux rejouer, redonner de la joie au peuple brésilien, à mes  coéquipiers. Mon rêve n'est pas terminé. Mon rêve était d'enchanter le monde  avec mon football, de rendre heureux. C'est pour ça que je joue avec le  sourire, que je m'entraîne avec le sourire. Ce n'est pas parce qu'on a perdu ce  Mondial que ça va changer. Le sourire peut disparaître quelque temps mais il va  revenir.

AFP