Paul Pogba face à Danilo D'Ambrosio (France-Italie)

Mondial - préparation : Toujours pas un "grand" Pogba face à l'Italie

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Alors que la concurrence s'intensifie avec Tolisso, Paul Pogba était très attendu contre l'Italie, mais le grand milieu de terrain a été très peu en vue vendredi à Nice, hormis sur quelques gestes techniques. Beaucoup trop discret pour un joueur qui veut prendre les "rênes" de l'équipe de France.

Lundi contre l'Irlande, le N.6 français n'avait pas été titularisé au Stade de France. En son absence, c'est Corentin Tolisso qui avait marqué des points dans l'entre-jeu. Cette fois, les deux joueurs était associés et il revenait à "Pogboom" de prouver qu'il est bien l'un des indispensables leaders de ces Bleus de Didier Deschamps. Car il l'a clamé haut et fort dans un entretien sur Canal+:  "J'ai été le meilleur jeune (au Mondial-2014, ndlr), j'espère être le meilleur joueur global de la Coupe du monde, ce serait top (...) On va prendre les rênes de l'équipe de France, on va essayer d'être patron, sur le terrain et en dehors".

Par intermittence...

A 25 ans et 53 sélections, Pogba doit en effet jouer un rôle de taulier dans cette jeune équipe de France, où 14 néophytes s'apprêtent à disputer leur première grande compétition avec le maillot bleu. Mais les doutes reviennent avec sa saison en demi-teinte du coté de Manchester United et le sentiment, vu son énorme potentiel, qu'il peut toujours faire mieux en sélection. 

Et ce n'est pas sa pâle prestation contre les Italiens qui va permettre de les dissiper. En début de partie, il a commencé par une passe en profondeur mal dosée pour Ousmane Dembélé. Il a ensuite été transparent un long moment avant de se réveiller quelques minutes avant la pause, en signant notamment une superbe transversale pour Lucas Hernandez après avoir éliminé deux Italiens, ou en lançant finement Kylian Mbappé (40e). Il a également réussi quelques gestes techniques, dont une jolie remise en une touche pour Antoine Griezmann, alors qu'il réceptionnait un long ballon pas évident à négocier, mais rien de plus.  

Des sifflets dans les tribunes

Au retour des vestiaires, il a discuté quelques instants de son positionnement avec Tolisso avant de reprendre une partie toujours aussi discrète. Jusqu'à être sifflé par une partie du public, sur une transversale complètement ratée et envoyée directement en six mètres à la 73e minute. Il a terminé en adressant une passe trop longue, encore une, à Thomas Lemar.

Les critiques en sélection deviennent une habitude pour Pogba. En général, "Pogboom" les éteint par un but, comme sa tête rageuse contre l'Islande en quart de finale de l'Euro-2016. Ou son superbe coup franc en mars, en amical contre la Russie (3-1), assorti d'une passe décisive pour Kylian Mbappé.  Cette fois, rien. Et son remplacement par Nzonzi à la 85e minute s'est fait à nouveau sous quelques sifflets.

Le débat Pogba est donc toujours ouvert et même relancé, en dépit des mises en garde de son capitaine Hugo Lloris la veille. "Patron, c'est quand même un mot fort, mais être leader, c'est ce qu'on attend de lui, sur et en dehors du terrain. Il arrive à maturité. Il est important qu'il se concentre sur lui-même et ses performances, c'est le meilleur moyen de montrer l'exemple".
 

AFP