Jonathan Ligali et Yannis Tafer très déçus après la défaite contre le Portugal
Jonathan Ligali et Yannis Tafer très déçus après la défaite contre le Portugal | AFP PHOTO/Raul ARBOLEDA

Mondial-20 ans - Une finale Brésil-Portugal

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Grosse déception pour les Bleuets ! La finale du Mondial des moins de 20 ans aura l'accent portugais entre les deux gagnants des demi-finales de mercredi, le Brésil (vainqueur du Mexique 2-0) et le Portugal (tombeur 2-0 de la France). Le Brésil et le Portugal s'affronteront samedi en finale à Bogota (20h locales, 03h françaises), après le match pour la troisième place (17h locales, 00h française).

L'équipe de France des moins de 20 ans s'est fait battre mercredi en demi-finale du Mondial des moins de 20 ans par le Portugal (2-0), qui s'est montré plus réaliste et qui rencontrera en finale le Brésil qui a dominé le Mexique sur un doublé de Henrique (2-0). La France a largement dominé, mais s'est heurté à une défense de fer du Portugal, qui n'a toujours pas encaissé le moindre but dans le tournoi. Les Lusitaniens ont marqué sur deux coups de pied arrêtés, d'une tête de Danilo après un corner (9e) et sur un penalty de Nelson Oliveira (40e).

Domination stérile

Le public a pris fait et cause pour les Français, sifflant parfois leurs calculateurs adversaires, et les Bleus, déjà champions d'Europe des moins de 19 ans l'année dernière, ont d'ores et déjà réalisé la meilleure campagne française dans un Mondial des moins de 20 ans. Si la possession des Bleus était hégémonique et leur domination absolue dans l'entrejeu, elle ne se reflétait pas offensivement: les attaquants français peinaient à se montrer précis et saignants. Griezmann s'enferrait dans les erreurs techniques, et les offensives françaises échouaient par un cruel manque d'application, surtout dans le dernier quart d'heure, ou par la vigilance du gardien portugais, Mika, une des révélations du tournoi. Mercredi, cela ne voulait pas rentrer pour les Bleus, témoin cet incroyable raté de Griezmann devant le gardien (53e), et ces têtes bizarrement non cadrées de Nego après un rebond sur la barre (84e) et de Koulibaly (88e). Le Portugal n'a pas encaissé le moindre but dans la compétition, et la baraka l'a accompagné de bout en bout.

Les Bleus étaient revenus à leur 4-2-3-1 du premier tour, avec Grenier en meneur de jeu. Du coup, il y avait sans doute un milieu défensif de trop: Fofana jouait bien bas et sa présence manquait pour apporter le surnombre, notamment en première période. Les frappes de Grenier (13e, 17e, 37e) ou Bakambu (2e) étaient bien insuffisantes, et les combinaisons se heurtaient au maillage serré de Portugais recroquevillés sur leurs bases. Une possession stérile pour les Bleus, et posséder ne signifie pas automatiquement conclure... Surtout quand la défense, déstabilisée par l'absence du pilier Faure (cuisse), se montrait fébrile. Et le Portugal en profitait, avec un réalisme maximal, ouvrant la marque sur une tête de Danilo, oublié au deuxième poteau sur un corner (9e), et doublant la mise sur un penalty de Nelson Oliveira, après une faute de Koulibaly sur Danilo (40e). Non, mercredi, ce n'était pas le jour des Bleus. Samedi, il s'agira d'aller chercher un lot de consolation. Car comme le note Sunu, "ce sera la fin de la génération 1991, ça nous tient à coeur de finir sur une médaille".

Finale lusitophone

"Je reconnais la qualification du Portugal, mais on les a largement aidés dans cette qualification, a estimé le sélectionneur des Bleus, Francis Smerecki. On a vu deux approches du football , et c'est la plus défensive qui a gagné. Ils ont un système défensif ultra-performant, et dans le foot, il n'y a pas de règle qui interdit de jouer à neuf derrière. Il nous a manqué un peu de talent sur la compétition, et on a joué jusque dans le dernier carré en faisant des erreurs techniques".

Les Brésiliens ont dans l'ensemble dominé leur demi-finale, même si la solide défense mexicaine réduisait les occasions nettes à néant. Un doublé de Henrique en fin de partie (80e, 84e), sur deux actions similaires avec des centres de la droite de Negueba et Dudu, faisaient finalement la différence. Et Henrique rejoignait l'Espagnol Alvaro Vazquez en tête du classement des buteurs avec cinq réalisations.

Réactions

Francis Smerecki (sélectionneur de la France): "Je reconnais la qualification du Portugal, mais on les a largement aidés dans cette qualification. Il ne fallait pas leur donner les deux buts, même si même à 2-0, si on réussit à marquer avant la 70e ou 75e minute, on peut encore faire un match de folie et changer les choses. On a vu deux approches du football , et c'est la plus défensive qui a gagné. Ils ont un système défensif ultra-performant, et dans le foot, il n'y a pas de règle qui interdit de jouer à neuf derrière. Il nous a manqué un peu de talent sur la compétition, et on a joué jusque dans le dernier carré en faisant des erreurs techniques. Samedi, c'est la 3e place. Demain (jeudi) matin, ça ira mieux. Si on avait fait un match pourri, à l'envers, on se serait dit qu'arriver au dernier carré, c'était déjà bien, mais ce n'est pas le cas".

Kalidou Koulibaly
(défenseur central de la France): "On prend deux buts sur coups de pied arrêtés, et ils n'ont aucune occasion franche. On prend le premier but sur une erreur d'inattention de ma part, et le deuxième à mon avis est dû à mon inexpérience internationale. On fait des erreurs un peu bêtes, c'était un peu de la naïveté. On aurait pu revenir à 2-2, mais on ne l'a pas fait. Ce n'est pas comme si on avait été à la rue dans le jeu: on a eu le jeu en mains, mais ils ont eu ces incursions du N.7 qui a obtenu des coups francs et des corners. Maintenant, il faut aller chercher cette 3e place. On a déjà fait quelque chose de bien, mais il ne faut pas s'arrêter sur nos acquis".