Uruguay
Les Uruguayens à l'entrainement, déterminés avant leur duel de ce soir face à l'Italie. | AFP PHOTO / DANIEL GARCIA

L'Uruguay, la survie ou la sortie

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Condamné à l’emporter ce soir face à l’Italie (18h), l’Uruguay, demi-finaliste en 2010, se retrouve une nouvelle fois dos au mur. Les hommes d’Oscar Tabarez espèrent bien à nouveau déjouer tous les pronostics, après une entame de tournoi délicate face au Costa Rica (1-3). Dans le sillage d’un Luis Suarez étincelant, c’est tout un pays qui retient son souffle, à quelques heures de l’affiche de cette journée. Une situation pas si inhabituelle que ça pour une équipe uruguayenne expérimentée et habituée à faire avec la pression. Explication.

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Une grande nation de football

Tout petit pays de 3 millions, coincé entre le Brésil et l’Argentine, l’Uruguay s’est toujours trouvé en mesure de se sortir des situations les plus périlleuses. Il s’appuiera sur la traditionnelle garra charrua, caractérisée par un grand engagement physique et une force morale de tous les instants. Véritable bastion du football depuis les années 30, la Celeste a toujours fait de la Coupe du Monde une question de vie ou de mort. « Pour nous, un match du Mondial est bien plus qu’un match de foot : c’est une part de l’identité de notre société, de notre pays », argumentait il y a peu Diego Lugano, dans une interview donnée à la FIFA. Nation de football au palmarès hors-norme (2 Coupes du Monde, 2 Jeux Olympiques et pas moins de 15 Copa America), elle n’a presque rien à envier à son adversaire du jour.

Au lendemain de sa piteuse élimination en barrages de la Coupe du Monde 2006, la sélection uruguayenne a trouvé en Oscar Tabarez un véritable guide, qui s’est montré capable de lui rendre ses lettres de noblesse. Il est en effet parvenu à constituer rapidement un groupe restreint et soudé, brillant vainqueur de la Copa América en 2011. Le technicien de 67 ans comptera une nouvelle fois sur cette génération dorée pour hisser la Celeste en huitièmes de finale. Parmi toutes les équipes engagées, elle arrive à la deuxième place à la fois en termes d’âge (28,6 ans de moyenne) et d’expérience.

Une tactile huilée, un groupe expérimenté

Avant de relever le grand défi italien, les principaux protagonistes sont connus. Double buteur contre l’Angleterre (2-1), Luis Suarez sera épaulé en pointe par son compère Edinson Cavani, qui s’est mis au service du collectif depuis le début de ce Mondial. Si Forlan et Pérez devraient démarrer sur le banc, la paire Lodeiro-Arevalo Rios a déjà quelques matchs derrière elle, tout comme l’ancien parisien Cristian Rodriguez. Diego Lugano, blessé, a peu de chances d’être aligné tandis que Maxi Pereira, de retour de suspension, pourrait lui aussi prendre place sur le banc. Avec une défense réputée rugueuse et vieillissante,  le sélectionneur devra sans doute s’appuyer sur José Maria Gimenez. Ce jeune joueur de 19 ans formera avec l’expérimenté Godin une charnière 100% Atlético Madrid, devant Fernando Muslera.

Des joueurs pour la plupart confirmés, habitués aux joutes internationales depuis maintenant de nombreuses saisons, dont le jeu est resté similaire à celui déployé quatre ans plus tôt. Basé sur l’intensité physique et la rigueur tactique, il fait la part belle aux contre-attaques, si tranchantes et efficaces en Afrique du Sud. C’est donc une équipe déterminée et sûr de sa force qui se présente face aux Transalpins, pour ce qui constitue sans doute l’un des tous derniers défis de la bande à Tabarez. « Comme toujours, s'il y a une occasion, on va la saisir. Nous savons pourquoi nous jouons et ce que nous voulons. Et nous donnerons tout pour y arriver », a affirmé ce dernier hier en conférence de presse. Le choc est lancé.