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L'équipe d'Ukraine | AFP

L’Ukraine, un collectif avant tout

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La défaite de l’équipe de France vendredi soir n’est pas uniquement due aux nombreux manquements des Bleus ou à un dispositif tactique peu adapté. Si l’Ukraine s’est imposée 2-0 face à des joueurs qui évoluent dans les plus grands clubs européens, c’est avant tout parce que cette équipe marchait à l’unisson.

Un groupe, c’est bien ce qui fait défaut aux Bleus depuis des années, certains diraient depuis le Mondial 2002. Car si l’équipe de France avait miraculeusement atteint la finale du Mondial 2006, elle le devait avant tout à un certain Zinedine Zidane et quelques individualités. Depuis, il faut bien dire que cette équipe ressemble à tout sauf à une équipe. Où se trouvent les meneurs ? Qui est le patron sur le terrain ? Qui écoute-t-on religieusement dans les vestiaires ? Qui est capable de mettre son ego de côté au profit du collectif ? Des clans se sont formés, et pour ce qui est du collectif, il est inexistant.

Alors oui, comme l’a fait pertinemment remarquer Karim Benzema après la défaite des Bleus 2-0, le talent existe. Sur le papier. Mais sur le terrain, les Ukrainiens ont offert une leçon de football aux divas de l’équipe de France. Il y a bien des individualités qui n’ont finalement pas grand-chose à envier à certains de nos Tricolores, à l’instar de Yarmolenko, Konoplyanka, ou Tymoshchuk, mais il y a surtout un collectif. Didier Deschamps avait pourtant prévenu avant la rencontre que l’Ukraine dispose d’un "collectif solide et généreux, avec pas mal d'agressivité, d'engagement."

L’ancien capitaine des Bleus avait également ajouté que "cette équipe prend peu de buts", l’Ukraine n’ayant en effet encaissé que quatre buts depuis le début des éliminatoires. Et si une équipe prend peu de buts, c’est que son dispositif est bien en place, qu’il est bien rodé. Les joueurs se connaissent parfaitement et évoluent tous dans le même championnat.

Seulement ​quatre clubs représentés, et pas de superstar

Sur les 14 joueurs qui sont entrés sur le terrain vendredi, il n’y avait en effet pas de superstar évoluant au Real Madrid, à Manchester United, au Bayern Munich, ou encore à Manchester City… Seulement quatre clubs ukrainiens étaient en effet représentés vendredi, soit quatre du Chaktior, cinq du Dnipropetrovsk, quatre du Dynamo Kiev, et un du Metalist Kharkiv. Côté français, pas moins de 11 clubs dont seulement trois de L1, étaient représentés par les 14 acteurs de la défaite. Si l’on peut estimer que de voir de nombreux joueurs français évoluer aux quatre coins de l’Europe traduit une certaine richesse du football français, au final, c’est  bien l’équipe national qui semble en pâtir.

"Tous mes joueurs sont précieux", estime le sélectionneur ukrainien Mikhail Fomenko. Voilà une phrase que l’on aimerait entendre prononcée par Didier Deschamps. Véritable leader de cette équipe, Yarmolenko explique que les Ukrainiens "apportent plus de soins à la tactique (…). Mais le plus grand progrès, c'est que nous sommes maintenant unis et que nous croyons en nos chances d'aller au Brésil", a-t-il souligné. Et c’est bien cette unité, et cette volonté de se transcender pour le groupe qui manque cruellement à notre chère équipe de France.

Romain Bonte