Italie Paraguay Chiellini A. Torres 062010
Chiellini n'y va pas de main morte sur Torres | AFP-Jaafar

L’Italie a tremblé

Publié le , modifié le

Championne du monde en titre, l’Italie a débuté ce Mondial 2010 par un nul 1-1 face au Paraguay. Dominante en première période, la Squadra Azzura s’est fait surprendre sur l’unique occasion de l’Albirroja, un but signé Alcaraz. Les Italiens ont égalisé grâce à De Rossi. Si les trois points n’étaient cette fois pas au rendez-vous, l’Italie peut toutefois envisager un succès face à ses deux prochains adversaires, la Nouvelle-zélande et la Slovaquie.

Pointée du doigt pour sa moyenne d’âge relativement élevée, l’équipe italienne avait sans doute à cœur de démarrer cette rencontre de la meilleure des manières. La première action montrait déjà que le temps des matches amicaux étaient bien révolu, Riveros n’y allant pas tendrement sur la cheville de l’Italien Montolivo (1e). Comme elle l’espérait, la Squadra Azzura conservait le ballon, mais sans toutefois porter le danger sur les cages de Villar. Privée de Salvador Cabanas (blessé d’une balle dans la tête en janvier à Mexico) (remplacé par Barrios), la sélection Paraguayenne subissait le jeu et éprouvait toutes les peines du monde à franchir le milieu de terrain balle au pied.

Sur un énième corner italien, Alcaraz sauvait du bout du pied les siens, empêchant pas moins de trois joueurs italiens de pousser le ballon au fond des filets. Hormis cette petite frayeur à la demi-heure de jeu pour l’Albirroja, les tirs cadrés se comptaient à peine sur les phalanges d’un doigt… Conscients qu’ils n’auraient pas énormément d’occasions, les Guaranies s’appliquaient sur chacune de leur rares contre-attaques, mais sans jamais faire trembler les tauliers de la défense italienne.

A la 39e minute, un coup-franc presque anodin, était pris avec le plus grand sérieux par Torres. Le défenseur central plaçait minutieusement son ballon et adressait un centre millimétré pour Alcaraz. Ce dernier sautait au-dessus des Italiens et trompait le gardien Buffon. Les supporteurs italiens en avalaient presque leurs vuvuzelas et priaient pour que sur un nouveau coup-franc excentré, les Paraguayens ne doublent la mise. Cinq minutes plus tard, les champions en titre regagnaient les vestiaires en étant menés 1-0.

Avant la rencontre, Buffon avait estimé en conférence de presse qu’il serait difficile pour l’Italie de conserver son titre. Ce score lui donnait sans doute raison, mais il restait encore 45 minutes pour que les Italiens renversent la tendance. Un premier changement intervenait avant même le début de la deuxième période, Buffon –qui souffrait d’un nerf sciatique- laissait sa place dans les cages à Marchetti. Ce changement aussi surprenant que le score, n’augurait rien de bon pour le moral des hommes de Marcelo Lippi qui transformait son 4-2-3-1 en un 4-4-2 plus tourné vers l’attaque.

Pourtant, les Italiens gardaient leur sang-froid, ne se précipitant pas. Pepe s’essayait même sur un retour acrobatique mais ne touchait pas le ballon (52e). Sur un nouveau centre de Camoranesi (à peine entré en jeu), Pepe voyait Villar lui enlever le cuir sous son nez (58e). Les intentions italiennes étaient bonnes, mais les Paraguayens leur tenaient tête… jusqu’à un corner joué à la 63e minute et une erreur d’appréciation du gardien paraguayen, dont De Rossi profitait pour remettre les pendules à l’heure (1-1).

Le vent avait tourné au Green Point Stadium, et deux minutes plus tard, Montolivo tombait dans la surface… L’arbitre de la rencontre, le Mexicain Archundia hésitait, mais ne sifflait pas de pénalty. A la 83e minute, Montolivo tentait sa chance de 25 mètres, le ballon fusait avec l’humidité du terrain mais le gardien paraguayen repoussait le ballon. Profitant du scénario, les Italiens pressaient et prenaient d’assaut les buts adverses, mais les hommes de Gerardo Martino tenaient bon jusqu’au coup de sifflet final (1-1, 90e).

Réactions
Marcello Lippi (sélectionneur  de l'Italie): "Je suis très satisfait de notre match, de notre entrée dans le  Mondial, de l'état d'esprit, et du jeu, contre un adversaire qu'on décrit  souvent comme difficile à jouer, nous nous sommes bien comportés. Buffon (le  gardien italien sorti à la mi-temps, ndlr), c'est un petit problème au dos, on  fera des examens bientôt".

Gerardo Martino (sélectionneur  du Paraguay): "Ce qui prédomine c'est la satisfaction d'avoir fait jeu égal avec  le dernier champion du monde. Ensuite, il y a le résultat final, un match nul,  face à un adversaire avec un tel talent sur le plan individuel et collectif.  Cela nous donne beaucoup de confiance pour la suite de la Coupe du monde".

Daniele De Rossi (milieu de  l'Italie, auteur du but égalisateur): "On était bien en place, sans rien  concéder. Et puis il y a eu une inattention sur le but des Paraguayens, en  particulier de ma part. Ensuite, il y a eu une réaction de la part de toute le  monde et on est revenu au score. Et à la fin, il n'a pas manqué grand chose pour  gagner. (à propos du but adverse) C'était moi qui était au marquage, il n'y a  pas grand chose à ajouter".

Romain Bonte