Antonio Candreva (Italie) échappe à Leighton Baines (Angleterre)
Antonio Candreva (Italie) échappe à Leighton Baines (Angleterre) | MEXSPORT/FOTOARENA/ JONNE RORIZ / MEXSPORT

L’Italie peut gagner la Coupe du monde

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Malgré son beau succès contre l’Angleterre (2-1) pour son entrée dans la compétition, la Squadra Azzura ne fait pas énormément parler d’elle, au contraire des Allemands ou des Bataves, euphoriques, du Brésil (décevant) ou de l’Espagne (déjà éliminée). Les hommes de Cesare Prandelli, qui affrontent ce vendredi le surprenant Costa Rica, disposent pourtant d’un effectif assez riche qui peut lui permettre de rallier le dernier carré voire plus si affinités.

Souvenez-vous, l’été 2006. Une équipe d’Italie arrivée sur la pointe des pieds en Allemagne réussi à remporter son quatrième sacre mondial lors d’une finale passée à la postérité contre la France de Zizou et Thuram. Le héros transalpin ne se nomme pas Del Piero ou Totti (un but chacun durant la compétition) mais Marco Materazzi, un défenseur de devoir costaud et roublard. Le joueur de l’Inter marque contre la République Tchèque au 1er tour et il remet ça en finale contre les Bleus en égalisant de la tête. Avant de faire disjoncter Zidane dans une prolongation mémorable.

Une collectif au point

Ce triomphe italien est l’œuvre d’un collectif façonné par Marcello Lippi : une formation bien équilibrée, rarement flamboyante mais terriblement efficace et capable de développer un football offensif de qualité (le quart contre l’Ukraine, 3-0, la demie face à l’Allemagne, 2-0 ap) comme de résister défensivement quand il n’y a plus que ça à faire contre plus fort (en finale).

L’Italie 2014 ressemble beaucoup à sa devancière. La star se nomme Mario Balotelli, auteur du but de la victoire contre les Three Lions, mais il s’agit avant tout d’un groupe doué et soudé qui a su garder les traditionnelles vertus d’abnégation, de don de soi et de culture tactique, tout en essayant de pratiquer un football construit et (parfois) léché.

Quelques joueurs de talent

Malgré l’absence cruelle de Montolivo, titulaire indiscutable depuis l’Euro 2012, les Azzuri possèdent quelques atouts pour voyager loin : un gardien brillant, que ce soit Buffon ou son remplaçant Sirigu, très sûr lors du match initial. Une défense rigoureuse bien aidée par un milieu travailleur ou l’abatage du duo Verratti – De Rossi est déterminant. Un meneur de jeu reculé (Pirlo) qui distille ses offrandes au secteur offensif dans lequel les précieux Marchisio et Candreva (à la technique soyeuse) apportent le danger dès que possible. Sans oublier Super Mario Balotelli, buteur capable de se sublimer dans les grandes occasions même si son rendement est inférieur aux meilleures gâchettes.

L'expérience et la fougue

Au sein de cette Squadra, tout le monde peut marquer. L’Italie ne dépend pas d’un joueur en particulier, exactement comme en 2006. Les deux buts inscrits aux Anglais ont montré un échantillon de la panoplie italienne. Sur le premier, une combinaison sur corner est parfaitement exécuté : Verratti transmet en retrait à Pirlo qui attire Sturridge mais laisse intelligemment passer le ballon qui échoit à Marchisio, seul à un peu plus de 20 mètres de la cage adverse. Le Bianconero contrôle et envoie une frappe sèche qui passe à travers une forêt de jambes pour terminer sa course dans le petit filet intérieur de Joe Hart. Sur le deuxième, une attaque placée, Candreva réalise un magnifique enchaînement crochet-centre plongeant pour la tête piquée de Balotelli au second poteau.

L’Italie est sûrement moins cotée que l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Argentine ou le Brésil, mais elle dispose d’un effectif peut-être plus riche que celui de ces équipes. Les tauliers (Buffon, Barzagli, Chiellini, De Rossi, Pirlo) complètent idéalement les jeunes (Balotelli, Verratti, Immobile, Insigne), et la sauce semble bien prendre au Brésil. Reste à savoir si elle sera suffisamment relevée pour conquérir une cinquième Coupe du monde qui ferait de la Squadra Azzura l’égale de la Seleçao.

Grégory Jouin @GregoryJouin