Franck Ribéry (France)
Franck Ribéry (France) | FRANCK FIFE / AFP

L’Espagne a remis la France à sa place

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L’équipe de France a logiquement été battue par la meilleure équipe du monde hier soir au Stade de France. Les hommes de Didier Deschamps n’ont pas démérité mais ils restent encore à distance de ce qui se fait de mieux sur la planète football. La qualification passera à coup sûr par les barrages.

Malgré d’évidents progrès dans le jeu et dans l’organisation collective, les Bleus ont subi la loi du plus fort ce mardi à Saint-Denis. Les Français ne sont pas passés loin d’un match nul synonyme de ticket quasi certain pour la Coupe du monde brésilienne, mais ils ont manqué d’un peu de tout pour vraiment rivaliser avec la grande Espagne, maîtresse du jeu : l’impact offensif a manqué (rien à part deux occasions signées Ribéry et Evra), la rigueur défensive aussi (surtout sur les côtés) et le schéma tactique composé par le sélectionneur national n’a tenu qu’une petite heure, le but de la Roja venant ruiner les plans établis par le staff tricolore avant la rencontre.

La France encore loin du Top 5

Ne soyons cependant pas trop durs avec cette équipe de France en reconstruction. Les qualités de certains joueurs ont crevé l’écran (Varane, Pogba, Ribéry ont parfaitement assuré) même si certains cadres ont déçu (Evra, Cabaye, Benzema de nouveau). Il est évident que la France n’évolue pas pour l’instant dans les hautes sphères du football mondial, à l’instar de l’Espagne, de l’Allemagne, des Pays-Bas voire de l’Argentine. Mais les Bleus restent en position d’attente, placés dans un second wagon comprenant quelques ténors (Italie, Angleterre, Brésil) et de nombreux outsiders (Croatie, Suède, Uruguay, Colombie) avides de bousculer la hiérarchie mondiale d’ici à 2014.

Barrages en vue

La défaite contre la sélection espagnole vient juste rappeler que le chemin qui mène au Brésil s’avère parsemé d’embuches, contrairement à ce que voulaient nous faire croire les annonciateurs du déclin ibère.  A moins d’un miracle (pour la qualification), qui passe par une contre-performance espagnole dans l’un des trois derniers matches du groupe (et par un sans-faute français), ou d’un cauchemar –qui verrait les Bleus s’écrouler et terminer plus mauvais deuxième voire troisième), l’équipe de France devra passer par les barrages de novembre pour valider son ticket. Ses adversaires potentiels seraient alors la Grèce, le Danemark, l’Eire, la Suède, la Belgique, la Croatie ou l’Angleterre (par ordre croissant de difficulté). Pas évident mais pas impossible vu les prestations des Bleus dans ces éliminatoires.

Ossature incomplète

Sans avoir résolu tous les problèmes, Didier Deschamps a relancé l’équipe de France depuis quelques mois. Certains éléments ont émergé (Varane, Pogba), d’autres ont confirmé (Giroud, Matuidi) et des cadres ont retrouvé leur niveau (Ribéry, Valbuena). Si l’on ajoute Lloris, certes pas exempt de tout reproche sur le but espagnol mais qui demeure le titulaire indiscutable dans la cage, on arrive à une moitié d’équipe. Les autres places restent à conquérir, des latéraux (Jallet et Evra guère convaincants) à l’avant-centre (Benzema en panne de confiance) en passant par l’entrejeu (Cabaye moins décisif qu’à l’automne).

Confiance en l’avenir

Les Bleus ont trois matches pour se relancer et se rassurer avant de jouer à quitte ou double leur billet pour le Mondial. Les déplacements en Géorgie et en Biélorussie, comme la réception de la Finlande, constituent autant de pièges à déjouer pour l’équipe de France avant la double confrontation décisive de novembre qu’on espère plus sereine qu’en 2009 (élimination de l’Eire après la fameuse main de Thierry Henry sur le but égalisateur de William Gallas).

Si la France poursuit dans cette voie, elle sera à n’en pas douter son rendez-vous brésilien. Les talents ne manquent pas et l’état d’esprit reste très bon. Les échecs cuisants de 2008 et 2010 semblent avoir été digérés. Les Bleus ne sont pas encore au niveau des cadors mais ils s’en rapprochent petit à petit, n’en déplaise aux oiseaux de mauvaise augure. N’en doutons pas, l’avenir doit leur sourire.

Vidéo: l'analyse de Deschamps après le match

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Grégory Jouin @GregoryJouin