Evra cache le visage escalettes conférence Bleus 062010
Patrice Evra réagit aux propos de Jean-Pierre Escalettes | AFP-HERTZOG

Les sponsors lâchent les Bleus

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Ce week-end n'aura pas vraiment profité à l'équipe de France et sa fédération qui risque de payer au prix fort ses écarts de conduite. Après la suspension par la chaîne de restauration rapide Quick, d'une campagne publicitaire dans laquelle apparaissait Nicolas Anelka, d'autres annonceurs commencent à retirer leurs billes... La faillite de la maison bleue a commencé.

C'est désormais le groupe bancaire Crédit Agricole qui a décidé d'arrêter un peu plus tôt sa campagne publicitaire télévisée mettant en  scène l'équipe de France. Le spot qui devait prendre fin vendredi ne passera donc plus sur le petit écran "au vu  des derniers événements" survenus ce week-end... Les caisses bien jusque-là garnies de la Fédération française de football risque de pâtir de cette image plus qu'écornée en l'espace de deux jours. Après les mots doux de Nicolas Anelka étalés (aussi scandaleusement) en Une du journal L'Equipe, l'altercation filmée entre le préparateur physique Robert Duverne et le capitaine des Bleus Patrice Evra, la mutinerie des joueurs, la démission du directeur délégué de la Fédération Jean-Louis Valentin, ...

Exception qui confirme la règle, l'équipementier sportif Adidas va bien poursuivre sa campagne de publicité mettant en scène les Bleus. "Adidas continuera à activer le volet France de sa campagne internationale", mais le communiqué précise avec presque une pointe d'ironie, "jusqu'à la fin de la présence des Bleus dans la compétition". A un jour près (la France jouant son improbable qualification mardi contre l'Afrique du Sud), le résultat risque bien d'être le même... Car désormais, il faudrait presque être masochiste pour vouloir s'afficher aux côtés d'une telle équipe. Douze ans après son sacre mondial, le football français est tombé bien bas.

Selon l'entraîneur de Monaco Guy Lacombe, c'est le football français dans son ensemble qui va "payer" ce désastre. Au fil des semaines, la situation risque en effet de devenir catastrophique et cela va se ressentir d'abord sur un plan comptable, car il est fort à parier que les différents contrats publicitaires ne soient pas reconduits, ou au mieux revus à la baisse. En outre, le nombre de licenciés pourrait bien connaître un fléchissement pour la première fois depuis de nombreuses années. Le travail qui attend le service marketing de la FFF s'annonce colossale. Voir les têtes de nos Bleus sur les pots de pâte à tartiner risque d'être de plus en plus difficile. Mais gardez-les, ce seront de précieux collectors !

Romain Bonte