Qatar joie Mondial 2022 Hamad Bin Khalifa Al Thani et Sepp Blatter 12 2010
Hamad Bin Khalifa Al Thani (responsable du dossier du Qatar) et Sepp Blatter (président de la Fifa) | AFP - Sebastien Derungs

Les regrets à peine voilés de Blatter

Publié le , modifié le

L'attribution du Mondial-2022 avait surpris tout le monde. A ce moment, la FIFA, plus grande instance du football mondial fait fi de toute polémique. Mais le malaise est bien présent. Décider d'offrir un tel événement alors que les conditions climatiques de ce pays (entre 40 et 50 degrés) sont incompatibles avec la pratique de n'importe quel sport est un non-sens. Et ce dimanche, Joseph Blatter, président de la Fifa a partiellement reconnu des erreurs...

Quelques jours après l'annonce, quelques représentants -dont le président de l'UEFA Michel Platini- avaient évoqué la possibilité d'organiser ce Mondial en hiver (ce qui a priori, ne faisait pas partie du dossier présenté par les Qataris), histoire de calmer l'inquiétude grandissante des observateurs. C'est donc en toute connaissance de cause, que les représentants du Comité exécutif de la Fifa ont voté le 2 décembre dernier pour le Qatar. C'est pourquoi les amoureux du football, et ils sont nombreux, sont en droit de se demander ce qui a poussé la Fifa à voter pour un tel dossier. Sur quels critères se sont-ils donc basés ? Surtout, les autres candidats que sont l'Australie, les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon ont le droit de savoir comment en est-on arrivé là.

Désormais, les grands penseurs du football mondial ont compris qu'une telle organisation serait extrêmement compliquée à mettre en place, et ils se retrouvent dans une situation bien embarrassante. "Je pense, j'espère, qu'on jouera en décembre", avait récemment expliqué à l'AFP M. Platini. "Du 20 novembre au 20 décembre, juste avant Noël, ce serait super. En Afrique du  Sud, il n'y avait rien de festif, il n'y avait pas de vie après les matches, avec zéro degré le soir. Là, on ne peut pas aller au Qatar en été avec 55 degrés. Quand on attribue un évènement dix ans avant, il faut définir quand c'est le mieux, pour que les gens qui iront soient contents". Selon M. Blatter, un nouveau calendrier international serait à l'étude, "mais ce n'est pas encore fait"...

Dans une interview accordée à "Téléfoot" sur TF1, Joseph Blatter a donc reconnu que le système mis en place pour l'attribution de deux Coupes du monde n'avait pas été le plus judicieux... "On a fait une chose qui peut être n'était pas la plus intelligente, mais elle a été faite, et puis on l'a tirée jusqu'au bout, c'est-à-dire d'ouvrir la Coupe du monde pour 2018 et 2022 (...)", a-t-il expliqué. Deuxième erreur avouée de la bouche du président de la Fifa, celle d'avoir convenu implicitement que les votes devraient tenir compte d'une rotation des continents. "On a fait encore une deuxième chose, que 2018 c'est seulement pour l'Europe et que 2022 c'est seulement le reste du monde", a indiqué M. Blatter.

Et c'est bien sur ce point que l'on se rend compte que les travers, existants par exemple du temps de Juan Antonio Samaranch avec les Jeux Olympiques, les fameux 'petits arrangements entre amis', sont encore bien présents. "Alors, à ce moment là, on a créé une situation un peu ambiguë, une situation qui incitait définitivement les membres du comité exécutif, qui étaient là, de faire un peu +tu m'aides ici, moi je t'aide là+, comme dans les partis politiques quand on fait de la politique régionale ou locale, 'tu votes pour moi, moi je vote pour toi' ", a-t-il expliqué le plus simplement du monde. Et lorsque l'on connaît les enjeux financiers d'une telle décision, de telles explications de la part du Président de la Fifa, ont de quoi vous laisser bouche bée.

VOIR LE DOSSIER: "Coupes du monde 2018/2022: Le choix de l'argent ?" (du 03 décembre 2010)

Romain Bonte