Amérique
Daniel Alves et Andres Guardado, symboles d'un continent américain qui a su tirer son épingle de jeu dans la phase de groupes. | AGÊNCIA LANCEPRESS! / LCMOREIRA

Les huit merveilles de l'Amérique

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Avec huit équipes qualifiées pour les huitièmes de finale, le continent américain s’est imposé comme le grand gagnant de ce premier tour. En trustant pas moins de la moitié des places qualificatives, certaines de ces formations peuvent désormais être considérées comme des outsiders crédibles, notamment après l’élimination prématurée de plusieurs grosses écuries européennes. Tour d’horizon des forces américaines en présence.

Les favoris

A domicile, le Brésil se savait très attendu pour ses débuts dans la compétition. Après un match d’ouverture émaillé par la polémique sur l’arbitrage (victoire 3 à 1  face à la Croatie), les Auriverde ne sont pas apparus maîtres de leur sujet dans cette phase de groupes. Les hommes de Scolari, dans le sillage du jeune prodige Neymar (4 buts), sont néanmoins parvenus à décrocher la première place du groupe, évitant ainsi les Pays-Bas en huitièmes. Moins brillants que lors de la dernière Coupe des Confédérations l’été dernier, les Brésiliens restent à compter parmi les grands candidats à la victoire finale le 13 juillet prochain.

Après une entame de tournoi des plus poussives, l’Argentine semble peu à peu monter en puissance, dans un groupe largement à leur portée. L’Albiceleste peut elle aussi compter sur sa star, Lionel Messi (4 buts également), enfin décisif sous le maillot de son pays. Avec un tel talent au cœur de son animation offensive, difficile de ne pas la considérer comme l’une des équipes favorites de la compétition. Opposés mardi prochain à la Suisse, les Argentins auront pour premier objectif de franchir les quarts de finale, ce qui serait une première depuis 1990.

Les valeurs sûres

L’inquiétante défaite face au Costa Rica (1-3) laissait présager le pire pour l’Uruguay, demi-finaliste de la dernière édition. C’était compter sans les ressources morales de l’expérimenté groupe d’Oscar Tabarez, resté dans la continuité du parcours de 2010. Grâce à deux victoires étriquées contre l’Angleterre (2-1) et l’Italie (1-0), la Celeste a réussi à inverser la tendance pour retrouver les huitièmes de finale. Privés de leur buteur providentiel Luis Suarez, lourdement suspendu suite à sa morsure sur l’italien Chiellini, les Uruguayens auront fort à faire pour continuer l’aventure dans le tableau final.

Luis Suarez, qui mystifie ici Andrea Barzagli, manquera la phase à élimination directe du Mondial 2014.
Luis Suarez, qui mystifie ici Andrea Barzagli, manquera la phase à élimination directe du Mondial 2014.

Dans un groupe A homogène, le Mexique est une nouvelle fois parvenu à se frayer un chemin vers la phase à élimination directe. Etincelant face aux Croates (3-1), el Tri a fait preuve d’une belle maturité durant ce premier tour. Galvanisés par les exploits de son portier Guillermo Ochoa face au Brésil (0-0), les partenaires du vétéran Rafael Marquez ont impressionné par leur emprise sur le milieu de terrain et leur gestion des rencontres. Qualifiés pour les huitièmes pour la sixième fois consécutive, ils feront figures d’adversaires de choix pour les Pays-Bas dimanche prochain.

Les équipes qui montent

Le forfait attendu de sa vedette Radamel Falcao aurait pu déstabiliser la Colombie, à l’aube de son retour en phase finale de Coupe du Monde. Il n’en a rien été, puisque los Cafeteros ont littéralement survolé le groupe C. Vainqueurs de leur trois rencontres, les voilà en mesure de légitimer les nombreux espoirs placés en eux. Emmenée par les perforateurs Juan Cuadrado et James Rodriguez, l’attaque colombienne a particulièrement brillé, avec déjà un total de huit buts inscrits. La bande à Pekerman peut envisager la suite avec sérénité et se présente comme une formation difficile à manœuvrer.

Autre sélection dont on attendait beaucoup, le Chili a réussi à s’extirper d’un groupe B dans lequel figuraient les deux finalistes d’il y a quatre ans. L’autre Roja s’est même payé le luxe de renvoyer à ses études le champion du monde sortant, au terme d’un match maîtrisé de bout en bout (2-0). Jorge Sampaoli, le sélectionneur chilien, peut s’appuyer sur son duo de vedettes Vidal-Sanchez pour faire mieux qu’en 1998 et 2010. Doté d’une grande densité physique et d’une belle aisance technique, le milieu de terrain chilien se prépare à faire encore des ravages dans cette compétition. Le Brésil est prévenu.

Les surprises

Aux prises avec l’Allemagne et le Portugal, les Etats-Unis ont une fois de plus créé la sensation, grâce à un jeu plutôt spectaculaire. Opposés à la Belgique en huitièmes de finale, ils tenteront de faire aussi bien qu’en 2002 en Asie, où ils avaient atteint les quarts. Rarement considéré avec sérieux par les autres nations, les partenaires de Clint Dempsey savent toujours répondre présent. Si les Américains continuent sur cette voie, nul doute que le soccer, sport culturellement peu suivi outre-Atlantique, devrait faire l’objet d’un regain d’intérêt de la part du peuple étasunien.

Lui aussi engagé dans un groupe pour le moins relevé, le Costa-Rica s’est affirmé comme l’énorme surprise de ce début de Coupe du Monde. Surprenants tombeurs de l’Uruguay (3-1) puis de l’Italie (1-0), los Ticos ont réussi à déjouer tous les pronostics en finissant en tête de la poule. Absents lors de l’édition 2010, ils ont pour l’instant réussi l’amalgame entre solidité défensive et explosivité offensive. Du gardien Keylor Navas, excellent cette saison avec Levante, à la paire d’attaquants Ruiz-Campbell, les Costariciens disposent d’un collectif solide, qui ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. Rendez-vous dimanche soir face à la Grèce.

Thomas Moulin @Thomas_Moulin