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Fiona Cabaye (à gauche), Ludivine Sagna (en bas en blanc), Sandra Evra (en bas à droite) | Twitter

Les femmes des Bleus très attendues

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Après près de trois semaines sans voir ni femme ni enfants, les joueurs de l'équipe de France vont enfin pouvoir retrouver leurs familles qui débarquent pour la plupart d'entre elles dans les prochaines heures.

Organisée par la Fédération française de football, l'arrivée des femmes de joueurs est un petit événement au sein du camp de Ribeirao Preto. Si certaines ont d'ores et déjà pris leurs quartiers au Brésil, dans des villas louées judicieusement à l'avance par leurs propres soins, la majorité du contingent doit atterrir très prochainement. Instaurée depuis 1998, la venue ponctuelle des femmes de joueurs a depuis quelques années donné lieu à une véritable réflexion dans les plus hautes instances du football tricolore. Des échecs de l'Euro 1992 et 1996 ont en effet été tirés quelques enseignements, dont l'absence de la gente féminine aux côtés des champions.

C'est à l'issue de l'Euro 1996, qu'Aymé Jacquet a été le premier à prendre conscience de la problématique. Dès 1997, le sélectionneur des futurs champions du monde va même organiser à Noël un rassemblement avec toutes les familles de joueurs, afin qu'elles apprennent à se connaître. Depuis, tous ont compris que la présence des familles était primordial pour le bon équilibre du joueur, et a fortiori du groupe.

Séparés depuis le 9 juin, les couples vont donc pouvoir se reformer à l'issue de la rencontre face à l'Equateur, mercredi à Rio. Didier Deschamps qui en a lui-même profité en 1998, ne pouvait que valider cette initiative qui sera prise en charge financièrement par la FFF, incluant les vols, les déplacements et l'hébergement à l'hôtel. Mais contrairement à la Coupe du monde 2002, ces Dames ne pourront en aucun cas assister aux séances d'entraînement, confortablement assises dans des chaises-longues.

Adriana Karembeu, leader en 1998

C'est bien en 2002 que la présence des femmes est vraiment devenue un problème. Pour le sélectionneur de l'époque Roger Lemerre, l'élimination prématurée des Bleus lors de ce Mondial est peut-être due à l'omniprésence des femmes. "En 1998, l’harmonie des familles existait. En 2002, il nous a manqué un leader chez les femmes, ce qu’était Adriana Karembeu. En Corée, elle n’était pas là. On faisait venir les femmes pour briser les tensions entre les joueurs, mais s’il fallait aussi briser les tensions entre les femmes…", avait alors raconté Lemerre. En 2010, c'est le coût du voyage des femmes (240 000 euros) –arrivées dès le premier match- qui avait provoqué une petite polémique.

Lors des éditions précédentes, comme en 1986, l'arrivée des épouses avait été plutôt bien vécue par les coéquipiers de Michel Platini. Aujourd'hui, d'autres sélections comme celle de l'Italie, ou de l'Angleterre, permettent aux femmes de joueurs de voir leur cher et tendre footballeur régulièrement pendant la compétition. Pour certains observateurs, cela permet aux joueurs de garder de l'influx positif pendant la longue compétition brésilienne. Et lorsque l'on voit à quel point certaines femmes prennent leur rôle de supportrices à cœur, à l'instar de Ludivine Sagna ou de Fiona Cabaye, leur venue ne peut pas faire de mal à nos 23 Bleus.

 

Romain Bonte