Marouane Fellaini
Marouane Fellaini. | JOHN THYS / AFP

Les Diables Rouges montrent les cornes

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Une brêve revue d'effectif de la Belgique en dit long sur le potentiel des Diables Rouges. Entre les tauliers confirmés et les jeunes prometteurs, les coéquipiers d'Eden Hazard font désormais figures d'outisiders crédibles pour le Mondial 2014. Portrait d'une génération dorée, déterminée à endiguer une longue traversée du désert.

S'il y a bien une leçon que l'histoire footballistique récente nous a donné, c'est qu'il fallait se méfier de l'appelation "génération dorée". En France, beaucoup d'espoirs ont été fondés sur la dite "génération 1987". Samir Nasri, Jérémy Menez, Hatem Ben Arfa, Karim Benzema ; d'aucuns leur prédisaient un avenir radieux, et quelque part, ils n'en sont pas si loin. Tous évoluent dans de grands clubs (respectivement Man.City, le PSG, Newcastle et le Real Madrid) et gagnent beaucoup d'argent. Mais s'ils ont réussi, aucun des quatre n'est véritablement indispensable à son équipe. D'ailleurs, en Belgique, le terme "génération dorée" est souvent raccroché aux Diables Rouges. Mais peut-on dresser le même constat que pour les Bleus ? Faisons un bref état des lieux. Les tauliers Eden Hazard (Chelsea), Maouane Fellaini (Everton), Vincent Kompany (Man.City) et Vermaelen (Arsenal) sont tous titulaires indiscutables dans leurs clubs respectifs. Globalement, les joueurs belges ont la côte auprès des coachs du gotha européen. L'été dernier, les russes du Zenit Saint-Petersbourg ont arraché Alex Witsel au Benfica Lisbonne après une seule et unique saison au Portugal. Coût de l'opération : 35 Millions d'euros. Sans parler d'Eden Hazard, Kevin de Bruyne et de Lukaku, tous les trois à Chelsea et très appréciés de José Mourinho. En bref, la Belgique est un vivier de talents quasiment inépuisable. Un atout qui les hisse au 10e rang du classement FIFA... treize places devant la France (23e). 

Hazard :"On n'a rien à envier à la France" 

Depuis deux ans, la sélection belge connaît une progression impressionnante. L'ancienne gloire de la Belgique Enzo Scifo avoue d'ailleurs n'avoir pas vu "une épopée aussi brillante depuis 1986" et se dit convaincu que cette Belgique "peut devenir très grande". Une ambition que partage Eden Hazard, revenu en grâce auprès de Mark Wilmots, après avoir été longtemps en délicatesse avec l'ancien sélectionneur, George Leekens. "Il y a quelques années, on était envieux des français", avoue l'ailier de Chelsea. "On avait beaucoup de retard, mais maintenant ça s'est équilibré. Leur vécu reste un avantage, mais on a plus rien à leur envier". Et comment le contredire. Un jeu précis et spectaculaire, des joueurs à la fois athlétiques et fins techniquement, les Belges ne se révéleront pas des adversaires moins coriaces que l'Uruguay ou le Brésil, victorieux des Bleus à l'occasion de leur tournée sud-américaine.

Wilmots : "C'est un derby" 

Déjà très jeune - 24 ans de moyenne d'âge - la sélection belge voit déjà toquer à la porte quelques garçons prodigieusement talentueux. Zakaria Bakkali, 17 ans, a été appelé pour la première fois par Mark Wilmots. Le sélectionneur belge a certainement été le spectateur de sa prestation ahurissante, le week-end dernier. Le très jeune attaquant du PSV Eindhoven, pour sa première apparition dans le groupe pro, a planté un triplé contre le NEC Nimègue. Les commentateurs du match n'iront pas par quatre chemins : « C’est absolument brillant, c’est juste magique ! Il n’y a absolument aucun doute : une étoile est en train de naître sous nos yeux ». Et à l'instar du calvaire infligé par le jeune prodige aux défenseurs de Nimègue, Mark Wilmots ne compte pas faire de cadeau à l'équipe de France :"Le principal reste de remporter notre match contre l'Ecosse (le 6 septembre, ndlr), mais je ne sais pas perdre, confie t-il à l'Equipe. Ce match contre l'équipe de France est un derby". Si les Bleus doivent retrouver le goût de la victoire, ils devront d'abord passer sur le corps de Diables Rouges, obsédés par le Mondial 2014. 

Jean Charbon