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Didier Deschamps, satisfait à l'issue du match face à l'Equateur et déjà tourné vers le huitième de finale face au Nigéria. | AFP PHOTO / FRANCK FIFE

Les certitudes de Deschamps

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Confrontée hier soir à une solide équipe équatorienne (0-0), les Bleus sont malgré tout parvenus à décrocher la première place du groupe, qui leur permet d’éviter l’Argentine de Leo Messi en huitièmes. Si ce match a réveillé quelques doutes sur l’état de forme et le jeu des Tricolores, les hommes de Didier Deschamps peuvent se montrer globalement satisfaits de leur début de Coupe du Monde. Retour sur les principaux enseignements de ce premier tour côté français.

Didier Deschamps, la vraie star des Bleus

La phase de groupe a été l’occasion de se rendre compte de l’empreinte posée par Didier Deschamps sur le groupe France. Sans réelles certitudes il y a huit mois, l’ancien capitaine des Bleus est parvenu à constituer un groupe en apparence sain, capable de cohabiter et de bien vivre ensemble. Critiqué durant les éliminatoires, il est parvenu progressivement à imposer sa patte, accordant sa confiance à un petit noyau de joueurs, qui le lui rendent bien sur le terrain. Sur ce premier tour, ses choix se sont une fois de plus avérés payants. Les titularisations de Giroud et de Sissoko, tous deux buteurs face à la Suisse, symbolisent à elles seules la méthode Deschamps, qui tend à responsabiliser chaque joueur dans un système de jeu précis et désormais bien huilé.

Des tauliers essentiels

Au fil des rencontres, certains joueurs en ont profité pour définitivement asseoir leur statut d’incontournables au sein du groupe France. Auteur d’arrêts décisifs sur les deux derniers matchs, Hugo Lloris a provisoirement dissipé les doutes qui entouraient ses performances en club. Le capitaine des Bleus fait désormais partie des hommes forts de DD pour faire passer ses messages dans le vestiaire. Si la charnière des Bleus ne s’est pas toujours montrée rassurante, Raphaël Varane est l’une des pièces maîtresses sur lequel le sélectionneur peut s’appuyer. L’ancien espoir de la Gaillette, impressionnant de sérénité, s’est montré intraitable, même si son entente avec Laurent Koscielny reste à améliorer. Apparu devant la presse pour la première fois depuis 2012, Patrice Evra a rassuré les observateurs sur son niveau actuel. L’ancien capitaine de 2010 apparaît aujourd’hui apaisé et disposé à vivre à fond sa dernière grande compétition internationale.

Au milieu de terrain, Blaise Matuidi a encore une fois impressionné par ses capacités physiques et son énorme volume de jeu. Très tranchant à chacune de ses apparitions, le Parisien constitue la pierre angulaire du système de jeu de Deschamps. Le nul concédé face à l’Equateur (0-0) a également mis en lumière un manque de créativité et de liant entre les lignes. Les absences de Yohan Cabaye et Mathieu Valbuena, décisifs face à la Suisse, ne sont sans doute pas étrangers à ces difficultés. Le jeu de passes du premier et l’activité du second apparaissent vitales dans le développement du jeu tricolore. Véritable star des Bleus après le forfait de Franck Ribéry, Karim Benzema a réussi ses débuts en Coupe du Monde. Avec trois réalisations au compteur, le Madrilène peut encore mieux faire, comme en témoigne sa performance poussive d’hier soir. A confirmer dès les huitièmes.

Patrice Evra et Karim Benzema (premier plan) peuvent être satisfaits: les Bleus verront les huitièmes.
Patrice Evra et Karim Benzema (premier plan) peuvent être satisfaits: les Bleus verront les huitièmes.

Un banc trop léger ?

Face à l’Equateur,  le sélectionneur a pu donner du temps de jeu à certains de ses remplaçants, récompensés de leur investissement à l’entraînement au sein du groupe. Pour leurs grands débuts en compétition officielle, Lucas Digne et Morgan Schneiderlin n’ont pas déçu, même s’ils n’ont pas réussi à se lâcher dans une rencontre assez fermée. Si Laurent Koscielny s’est montré solide face aux contres équatoriens, Bakary Sagna n’a pas réussi à faire oublier Mathieu Debuchy. Les montées incessantes de l’arrière droit de Newcastle ont cruellement manqué aux Bleus lors du dernier match. A son avantage contre la Suisse, Moussa Sissoko, à nouveau titulaire hier soir, fait partie des lieutenants de Deschamps, qui apprécie sa polyvalence. Nul doute que l’ancien Toulousain aura son rôle à jouer lorsque les choses sérieuses vont débuter.

Déjà en vue face au Honduras, Antoine Griezmann a une nouvelle fois pu faire l’étalage de sa palette technique mais a sans doute encore un cap à passer pour s’imposer comme un titulaire à part entière. Entré en cours de jeu, Loïc Rémy a fait parler sa vitesse et est parvenu à dynamiter une attaque des Bleus en panne d’inspiration. Enfin, Olivier Giroud, de par ses qualités et son profil atypique, offre au sélectionneur une vraie alternative à la pointe de l’attaque. Son association avec Karim Benzema reste certes à parfaire mais permet à ce dernier une plus grande liberté de mouvement.

Les interrogations qui demeurent

Si l’équipe de France peut se targuer de quelques certitudes, chose inespérée il y a encore quelques mois, elle apparaît encore sujette à certaines interrogations après cette phase de groupes. Face à des adversaires à priori à sa portée, les Bleus ont parfois manqué de constance, à l’image de leur jeune prodige Paul Pogba. S’ils ont fait forte impression face à une équipe suisse très joueuse, ils se sont montrés plus en difficulté face à des tactiques plus défensives. Face à l’Equateur, la bande à Deschamps a notamment pêché par manque de réalisme offensif. Reste à espérer que cette prestation en demi-teinte ne vienne pas casser la belle dynamique tricolore.

Opposée au Nigéria en huitièmes de finale, lundi à 18h, elle devra gérer un nouveau paramètre, la chaleur. Une incertitude plane également sur l'état physique de Mamadou Sakho, sorti en cours de jeu lors des deux derniers matchs. Cette affiche s’annonce comme celle de tous les dangers pour nos Bleus, qui devront faire face à une solide équipe nigériane. Capables de vite se projeter vers l’avant, les Super Eagles ont pendant longtemps fait déjouer l’Argentine (2-3). Nul doute qu’ils ne se présenteront pas en victimes expiatoires du côté de Brasilia. Le plus dur commence sans doute pour une équipe de France qui a éveillé l’espoir de ses supporters mais qui devra répondre présent face à cette forte attente, malgré sa jeunesse et son inexpérience. Un sacré challenge.