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Les joueurs de l'équipe de France, Ribéry, Benzema, Evra et Valbuena | AFP - FRANCK FIFE

Les Bleus ne changeront pas l'économie

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La qualification des Bleus pour la prochaine Coupe du monde de football apportera tout au plus une éclaircie dans la sinistrose mais ne dopera pas la croissance économique en France, estiment les économistes interrogés mardi par l'AFP. Si une élimination, crainte après la défaite en barrage aller vendredi en Ukraine, "aurait alourdi le climat, ce n'est pas une qualification qui va permettre de redorer l'économie française", observe Marc Touati, du cabinet ACDefi.

Le ticket pour le Mondial brésilien vaillamment décroché par la France au retour mardi "peut avoir un petit impact temporaire sur le moral des ménages mais la réalité française reste la même avec un chômage très élevé, une croissance atone, une pression fiscale très forte", poursuit-il. "Il y a peut-être un petit répit pour le gouvernement qui va durer quelques jours mais ça ne va pas changer la face de l'économie française", ajoute-t-il. Même son de cloche pour Pascal Perri, consultant économique de RMC Sports. Selon lui, la victoire des hommes de Didier Deschamps "crée un climat  favorable, un peu de confiance mais ce n'est pas ce qui va changer radicalement  les conditions de revenus des Français". "Si le football créait de la croissance, l'Espagne serait le pays le plus riche d'Europe", résume-t-il, en allusion à la "Roja", la sélection ibère, qui a enchaîné un triplé historique Euro-Mondial-Euro en 2008-2010-2012, au pire de la crise pour le pays.

Au moins, la France a évité l'impact négatif

"Il ne faut pas compter sur cette qualification pour changer la donne  économique, la donne sociale et le climat de perte de confiance", abonde  Philippe Villemus, professeur-chercheur d'économie à Sup de Co Montpellier (sud  de la France). Nicolas Bouzou, du cabinet Asteres, ne voit lui non plus "aucun impact macroéconomique" dans la qualification des Bleus contre l'Ukraine, le moral des ménages n'ayant "pas de corrélation avec la consommation des ménages". A contrario, tous ces experts estiment qu'une disqualification aurait eu "un impact négatif" sur le climat économique français, évalué par Philippe Villemus à "environ 500 millions d'euros pour l'ensemble des acteurs" du secteur. Rien que pour ça, on peut dire merci les Bleus.