Bleues Bussaglia Georges Meilleroux USA
Les Françaises Bussaglia, Georges et Meilleroux abattues face aux Amérciaines | AFP - Patrick Stollarz

Les Bleues tombent avec les honneurs

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L'aventure de l'équipe de France féminine en Coupe du monde s'est terminée en demi-finales mercredi à Moenchengladbach. Les Bleues se sont inclinées (3-1) face à une équipe américaine beaucoup plus expérimentée. Elles peuvent certes nourrir quelques regrets, mais aussi se satisfaire de leur parcours et d'une qualification assurée pour les JO de Londres. En finale, les USA rencontreront le Japon, tombeur de la Suède 3-1.

Rapidement menées au score sur un but de Lauren Cheney (9e),les Françaises ont monopolisé le ballon pour revenir au score en début de seconde période, grâce à Sonia  Bompastor (55e). Mais  les Américaines, supérieures physiquement, ont fait la différence en fin de rencontre, avec deux réalisations d'Abby Wambach et d'Alex Morgan.

Une leçon de réalisme

Les Bleues ont encore réussi un très bon match, se montrant supérieures techniquement aux Américaines, mais il est sans doute impossible d'espérer jouer une finale de Coupe du Monde quand on encaisse trois buts sur les quatre premiers tirs cadrés de l'adversaire, et quand dans le même temps, on ne parvient pas à se mettre souvent en position favorableprendre en défaut un solide formation américaine.

Les Françaises ont ainsi encaissé un but dès la 9e minute, quand O'Reilly effaçait Georges beaucoup trop facilement et centrait pour Cheney qui ne laissait aucune chance à Sapowicz. Les Américaines n'allaient plus cadrer une seule frappe jusqu'à la 70e minute.
Sapowicz repoussait alors péniblement un coup franc puissant de Rapinoe. Mais elle devait s'incliner sur les deux occasions américaines suivantes: une tête de Wambach sur corner (79), où elle manquait sa sortie, et une frappe piquée de Morgan après une nouvelle approximation défensive bleue (83).

Entre-temps, les coéquipières de Sandrine Soubeyrand avaient globalement pris le dessus, avec notamment un temps très fort autour de le demi-heure de jeu, avec des frappes dangereuses par Bussaglia (27), Abily (28), ou Thiney (29) sur une passe de Necib, brillante toute la première période. Elles touchaient même la barre du but de Hope Solo par Bompastor (33).  Et à la 55e, elles égalisaient très logiquement sur un centre vicieux de Bompastor qui dépassait d'un rien la tête de Thiney mais finissait au fond des filets de Solo. Thiney tentait même un coup de vice en chipant de la tête un ballon dans les mains de la grande Hope Solo, exaspérée (76).

Dans ce match de survivantes, ayant vu l'élimination de près en quart de finale, les Françaises semblaient également à la hauteur physiquement face aux athlètes américaines, qui avaient certes eu une journée de récupération en moins.  Mais pour les Etats-Unis, "la défaite n'est pas une option", avait prévenu mardi Abby Wambach. Les Américaines n'ont donc certainement pas donné une leçon de "soccer" aux Françaises, mais bien une leçon de réalisme comme les Bleus au masculin en ont subi beaucoup avant d'apprendre à gagner les très grands matches.

L'équipe de France a perdu contre l'Allemagne et les Etats-Unis, les deux principales nations du football féminin. Dans le même temps, elles ont gagné contre les équipes supposées plus faibles qu'elle (Nigeria) ou de valeur équivalente (Canada et Angleterre). Cela situe sans doute assez justement son niveau, juste en dessous de l'élite. Mais malgré tout, atteindre le dernier carré leur a tout de même permis d'ouvrir les fenêtres médiatiques mais aussi, et ce n'est pas un pis aller, de se qualifier pour les prochains jeux olympiques.

Quelle que soit l'issue du match pour la troisième place qu'elles disputeront samedi à Sinsheim, le bilan du Mondial français est donc plutôt positif.  "Il faudra qu'on raconte une belle histoire", avait dit le sélectionneur Bruno Bini avant de partir en Allemagne. L'histoire a été très belle, même si sous le crachin de Mönchengladbach et devant le premier stade vraiment dégarni de la compétition, la fin a été un peu triste. Toutefois, ces Bleues là ont tout de même donné un véritable coup de booster au football féminin dans l'hexagone.

Déclarations

 Bruno Bini (sélectionneur de l'équipe de France): "On a eu notre chance parce que je pense qu'on a bien joué quand même, mis à part l'entame. Le premier quart d'heure, les vingt premières minutes, ça a été difficile mais elles sont tellement puissantes (les Américaines) c'est, entre guillemets, dans le bon sens du terme, c'est des monstres (...) Au niveau du jeu, moi je suis content de ce que les filles ont fait. Les filles ont fait ce qu'elles ont pu. Quand on donne le meilleur de soi-même, si les autres sont plus fortes, il n'y a rien à dire. C'est le sport. (...). C'est un match de haut niveau ça a été vite tout le temps, il y a pas eu de tranquillité. (...) Il y a encore un match de haut niveau à faire (NDLR: match pour la 3e place), on ne va pas lâcher, on n'a pas l'habitude de lâcher".
      
Sonia Bompastor (défenseuse de l'équipe de France): "Oui je pense qu'il y a des regrets parce que je pense que sur l'ensemble du match on a fait du bon football quand même. Malheureusement elles ont été plus réalistes que nous. On a eu des opportunités même à 1-1, je pensais qu'on allait prendre le dessus mentalement et physiquement mais voilà les Etats-Unis, on connaît, elles ne lâchent jamais rien jusqu'au bout et sur un corner, Wambach marque le deuxième but et puis après je pense qu'on baisse un peu les bras, et ce troisième but nous tue définitivement. (...) Là ce soir il y a beaucoup de déception et de regrets parce que je pense que sur la match d'aujourd'hui, il y a avait quand même la place. On a montré qu'on était capable, à certains moments, de rivaliser avec les Américaines. Maintenant il faut travailler encore plus pour essayer d'être plus constantes et de réaliser le match en entier et puis on va vite se reconcentrer, puisqu'il y a la troisième place à aller chercher et on veut vraiment terminer en beauté".