Soubeyrand Equipe de France féminine
Sandrine Soubeyrand, la capitaine de l'équipe de France | AFP - Patrick Stollarz

Les Bleues, la construction d'un rêve

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Qualifiées pour les demi-finales de la Coupe du monde depuis samedi et une séance de tirs au but victorieuse contre l'Angleterre, les Françaises savent depuis dimanche soir qu'elles y affronteront les Etats-Unis, victorieuses après les tirs au but du Brésil. Avec 24h de récupération en plus, les filles de Bruno Bini peuvent prolonger leur rêve et accéder à leur première finale internationale. "Ce n'est pas du bonus", insiste le sélectionneur, sur le site de la FFF.

Lors de l'Euro en 2009, qualifiées pour la première fois pour des quarts de finale, les Françaises n'avaient pas donné le meilleur au match suivant, éliminées aux tirs au but par les Pays-Bas. En 2011, elles ont retenu la leçon. La séance des tirs au but était là, mais l'Angleterre, vice-championne d'Europe, y a chuté pour laisser la France accéder au dernier carré mondial. Une performance, un exploit, que Bruno Bini, le sélectionneur, ne veut pas voir comme une finalité: "Si on dit que c’est du bonus, cela veut dire que c’est pas grave", glisse-t-il lors d'une interview sur le site de la Fédération française de football. "Ce n’est pas du bonus, c’est une première compétition qui s’est arrêtée, une deuxième commence. Les filles doivent être mortes de faim comme elles l’ont été depuis le début de la compétition."

Elles ont pourtant tout pour se décontracter désormais. Entrées dans l'histoire avec cette demi-finale de Coupe du monde, qualifiées pour les Jeux Olympiques de Londres en 2012, accédant à un début de reconnaissance médiatique bien logique, elles pourraient se croire arrivées. Leur sélectionneur ne voit pas les choses comme ça: "Depuis le tirage au sort, j’ai toujours dit que l’objectif était d’aller aux JO. En toute honnêteté, je ne pensais pas que ce soit fait samedi soir (Ndlr: l'élimination de l'Allemagne par le Japon a offert le ticket aux Bleues). C’est une grosse satisfaction, et un poids en moins. Les filles vont pouvoir jouer totalement libérées. Il nous reste deux grandes finales à faire. C’est vraiment du bonheur d’avoir encore deux gros matches à faire."

Les Allemandes, doubles championnes du monde, éliminées, les Brésiliennes, doubles vice-championnes olympiques, sorties, la route du sacre pourrait être ouverte. Mais les Américaines, doubles championnes olympiques en titre et championnes du monde en 1991 et 1999, sont encore un épouvantail très performant. Et malheureusement pour les Bleues, elles sont sur leur chemin en demi-finales. Mais elles ont dû disputer une heure du match contre le Brésil à 10 contre 11, arrachant une prolongation puis sortant indemne de la séance de tirs au but. Et cette débauche d'énergie, 24h après les Françaises, pourrait bien leur être néfaste. Mais les Françaises devront d'abord compter sur elles-mêmes, sur la récupération, sur leur fluidité dans le jeu et sur des qualités qu'elles ont affichées lors de leurs précédentes sorties: "Les joueuses n’ont pas abdiqué, elles y ont cru jusqu’au bout", rappelle Bruno Bini au sujet du quart de finale victorieux. "C’est le supplément d’âme qu’elles ont eu, comme contre le Canada, comme à 10 contre 11 contre l’Allemagne. C’est un gros motif de satisfaction."

Pour aboutir une énorme satisfaction, les Bleues devront probablement livrer un match encore plus impressionnant contre les Etats-Unis. Pour ajouter une ligne à leur légende.