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L'équipe nationale russe lors de la Coupe des Confédérations | AFP

L’enquête de la Fifa qui tombe (encore) mal pour la Russie

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La Russie pensait en avoir fini avec les affaires de dopage. Mais à tout juste un an de la Coupe du monde qu'elle organise (du 14 juin au 15 juillet 2018), la Russie ferait à présent face à une enquête de la Fifa visant particulièrement les 23 joueurs de son équipe nationale pendant le dernier Mondial 2014, ont rapporté plusieurs médias britanniques. Le vice-Premier ministre russe, Vitali Moutko, a d’ores et déjà tenu à démentir.

Selon The Mail on Sunday et The Guardian, les 23 sélectionnés russes au Mondial 2014, ainsi que 11 autres joueurs russes, font l'objet d'une enquête de la Fifa pour suspicion de dopage. Les journaux précisent qu’un porte-parole de la Fifa aurait affirmé que l'enquête de la Fifa concernant ces joueurs "était toujours en cours", alors que dans la journée de dimanche, la Fifa a démenti toute suspicion de dopage des footballeurs russes ayant disputé le Mondial au Brésil…
« Il n’y a jamais eu de problème de dopage »

Conscient qu’une telle information pourrait vite devenir problématique alors que le pays se prépare à organiser la Coupe du monde, le vice-Premier ministre russe en personne a souhaité éteindre l’incendie. "Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de problème de dopage dans notre football", a affirmé M. Moutko, également président de la Fédération russe de football, à l'agence TASS. "(Les joueurs) de notre équipe sont régulièrement soumis à des tests, ils se soumettent à des tests après chaque match", a-t-il insisté. "Ils ont écrit une sorte de non-sens. Ne prenez pas la peine de lire les journaux britanniques ce matin", a même ajouté le dirigeant russe, qui avait été contraint de quitter ses fonctions à la Fifa en mars dernier car il ne répondait pas aux critères de neutralité politique.

Des mails compromettants

Toujours selon ces journaux, les 34 joueurs russes feraient partie d’une liste de 1.000 "personnes dignes d'intérêt" établie par les autorités mondiales antidopage, mais à l’heure qu’il est, aucune preuve de dopage n’est apparue. A noter que quatre des joueurs concernés, figurent dans l'équipe de Russie qui organise la Coupe des Confédérations (et qui vient d’en être éliminée). Plus troublant, la Fifa disposerait d’éléments accablants, tels que des mails adressés à l’ex-directeur du laboratoire antidopage russe, Grigori Rodchenkov. Dans ces écrits, il serait préconisé de maquiller les différents cas de dopage, et des procédures de remplacement d’échantillons seraient par ailleurs détaillées. « Ils ont complètement perdu le peu de conscience qu’il leur restait », aurait indiqué Rodchenkov, aujourd’hui lanceur d’alertes installé aux Etats-Unis.

"Tous les joueurs participant à la Coupe du monde FIFA 2014 -y compris tous les membres de l'équipe russe-, ont subi des tests avant la compétition et après les matches qui se sont tous révélés négatifs, écrit néanmoins la Fifa dans un communiqué publié dimanche. "La FIFA était en charge des tests et tous les échantillons ont été envoyés et analysés par le laboratoire accrédité par l'AMA à Lausanne. La même procédure est appliquée pour la Coupe des Confédérations en cours, où tous les tests effectués jusqu'à présent se sont révélés négatifs", précise-t-elle.

Un Mondial 2018 déplacé ?

Mais après le récent scandale du rapport McLaren qui a mis au jour un dopage organisé jusque dans les plus hauts sommets de l’état et qui a fini par priver la quasi-totalité de la délégation russe de JO à Rio, ces nouvelles accusations tombent vraiment très mal. Le fameux rapport de Richard McLaren -pour le compte de l’Agence Mondiale antidopage- mentionnait déjà l’été dernier la tentative de dissimuler 11 cas de dopage sur des footballeurs russes. Certains s'interrogent déjà sur le possible remplacement de la Russie pour l'organisation du Mondial 2018... 

Romain Bonte