Halilhodzic
Vahid Halilhodzic | LUCAS UEBEL / AFP

"Le plus important de notre carrière"

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"On va préparer le match vraisemblablement le plus important de notre carrière", a estimé Vahid Halilhodzic, sélectionneur de l'équipe d'Algérie à la veille du 8e de finale du Mondial-2014 contre l'Allemagne, lundi à Porto Alegre.

Comment abordez-vous ce match ?

Nous affrontons demain (lundi) un grand adversaire, triple champion du  monde, un des candidats les plus sérieux pour être champion. L'équipe possède  des qualités de maîtrise du jeu parmi les meilleures, une mentalité germanique,  des joueurs en pleine forme... Ce sera un test énorme pour nous. L'Allemagne  est le grand favori, mais l'équipe d'Algérie est capable de surprendre. Nous  aussi sommes en pleine confiance, notre équipe progresse à chaque match, et  demain il faut faire un match d'exception pour espérer quelque chose. Contre la  Russie, on avait quelque chose à perdre; demain (lundi), on n'a rien à perdre.  L'expérience qu'on vit, j'aimerais la continuer, j'aimerais aller à Rio, au  moins pour visiter la plage de Copacabana.

Que devez-vous éviter ?

Il y a tellement de choses à ne pas faire contre l'équipe  d'Allemagne... S'ils peuvent marquer cinq buts, ils en marquent six! Ils ne  lâchent rien jusqu'au bout; j'ai regardé leurs matches, c'est impressionnant  comment ils les terminent, à quel rythme, même s'ils ont parfois un passage à  vide dont certains ont profité, mais à la fin c'est l'Allemagne qui gagne. J'ai  essayé de décomplexer les joueurs, mais il faut avoir un peu de crispation, un  peu peur, surtout ne pas sous-estimer cette équipe. On va préparer le match  vraisemblablement le plus important de notre carrière. Si l'Allemagne gagne, il  faudra les féliciter, mais il faudra sortir de ce tournoi la tête haute.

Il y a le souvenir du Mondial-1982...

J'étais par hasard en Espagne, j'étais membre d'une équipe, et c'est un  mauvais souvenir pour moi. C'est aussi par hasard le moment où j'ai connu  l'équipe d'Algérie et vu sa magnifique victoire contre l'Allemagne (2-1), avec  quelque joueurs de grand talent. Est-ce que l'histoire va se répéter, parce  j'étais moi-même là-bas et ici aujourd'hui, j'aimerais bien.  Allemagne-Autriche, tout le monde a reconnu la tricherie, qui a empêché  l'Algérie de passer au tour suivant. C'est une histoire ancienne, tellement de  choses se passent dans le foot, j'aimerais bien que ce magnifique tournoi passe  de la joie et de l'émotion. J'ai vu pas mal de choses qui me plaisent, mais  aussi des choses avec des journalistes qui cherchent les polémiques. Le  spectacle ne vous suffit pas ? En France, on a plus parlé de problèmes sociaux  que de foot, la politique est partout. Alors que le foot, c'est la joie, quand  je vois les Brésiliens faire la fête dans le stade.

Allez-vous faire de nouveaux changements, vous qui avez utilisé 19  joueurs de champ ?

Notre force, c'est le collectif, on n'a pas de vedettes comme certains  pays, malheureusement ou heureusement, je ne sais pas. Je fais des changements  parce qu'il y a des blessures, des petits bobos ou par choix tactique. J'ai  préparé chaque match différemment tactiquement, et j'aimerais qu'on en parle  plus, parce que ma grande force c'est le travail tactique. J'ai utilisé tout  l'effectif pas pour faire plaisir, mais parce que je sais quel joueur peut  apporter le plus dans mon organisation tactique.

Le climat peut-il jouer un rôle ?

On joue un match historique contre un grand adversaire, même s'il fait  45°C, il n'y a pas de chaleur ! Si vous n'êtes pas motivés pour ce type de  match, il faut arrêter le foot. Je pense que les Allemands n'ont pas oublié la  gifle de 82, ils feront tout pour prendre leur revanche, et contre une équipe  d'Allemagne surmotivée, il faut faire un match d'exception.

AFP