Arbitrage vidéo
L'arbitrage vidéo fait (déjà) débat. | FRANCK FIFE / AFP

Le Mondial-2018 en Russie sans assistance vidéo ?

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Gianni Infantino, président de la Fifa, veut à tout prix utiliser l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) au Mondial-2018 en Russie, mais face aux critiques et aux dysfonctionnements, le Board, garant des lois du jeu, pourrait demander plus de temps. "Il y a la possibilité que si les résultats des tests menés actuellement dans les championnats ne sont pas satisfaisants, l'expérimentation soit prolongée pour une nouvelle période", a expliqué jeudi à l'AFP un porte-parole de l'International Board (Ifab).

C'est le garant des lois. C'est aussi le gardien du Temple. L'International Board régit tous les réglements du football planétaire. Et c'est à ce titre là qu'il pourrait mener un combat contre la FIFA et son président Gianni Infantino concernant  le recours à la vidéo lors de la prochaine Coupe du monde, en 2018 en Russie. "Il n'y a aucune urgence à prendre une décision aussi importante", a indiqué un porte-parole de l'instance à l'AFP. En test dans de nombreux pays (Australie, Brésil, France, Italie, Pays-Bas...), l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR), qui ne concerne qu'un nombre limité d'actions (but marqué, carton rouge, penalty, erreur sur une identité), ne fait pas l'unanimité. En ayant recours à l'assistance vidéo pour suppléer l'arbitre central, la VAR permet en effet d'arrêter le jeu pour revenir sur des actions litigieuses.

En Italie, la VAR, entrée en vigueur cette saison, donne pour l'instant des résultats contrastés et n'a pas mis fin aux polémiques, loin de là. "Ca va devenir comme le baseball aux Etats-Unis, on reste 10 heures au stade, on mange des cacahuètes", a ainsi ironisé dimanche soir l'entraîneur de la Juventus Turin, Massimiliano Allegri, craignant un football de plus en plus haché en raison des interruptions de jeu répétées. Pour Jonathan Ford, directeur de la Fédération galloise de football (l'un des quatre membres britanniques du Board), "avoir la VAR lors du prochain Mondial est vraiment une chose dangereuse". "C'est une stratégie à haut risque si tout se passe mal et qu'après cela il faut y renoncer", a-t-il mis en garde cette semaine dans la presse anglaise.

Le Board en rempart ?

Le Board et la Fifa, qui en est membre au côté des quatre fédérations britanniques, vont analyser les résultats des tests menés dans différents pays lors d'une réunion commune le 16 décembre à Abou Dhabi, en marge de la Coupe du monde des clubs. "Jusqu'à maintenant, l'expérience montre que le projet va dans la bonne direction même si certains détails doivent encore être affinés, ajoute le porte-parole de l'Ifab. Il faut bien réaliser que nous sommes encore en phase de test et que tout ne peut pas être parfait en un jour." 

Au-delà, l'utilisation de la VAR lors du Mondial-2018 est une décision qui sera prise "par la Fifa seule, et non par le Board, à la condition que la VAR soit approuvée par le Board lors de son assemblée générale en mars ou que l'expérimentation continue pour une nouvelle période", précise encore cette source.