Le Graët conférence de presse
Le président de la Fédération française de football Noël Le Graët | FRANCK FIFE / AFP

Le Graët : "On a beaucoup d'espoir"

Publié le , modifié le

Le président de la Fédération française de football Noël La Graët, heureux de voir en l'équipe de France "un bloc heureux et gai" dans ce Mondial, n'est pas forcément surpris de voir "qu'elle réussisse bien", même si "elle va un peu plus vite" que ce qu'il avait imaginé.

Q: Etes vous surpris par les performances de l'équipe de France en ce début  de tournoi ?
R: "Surpris qu'elle réussisse bien, non. Là elle a réussi des performances  très fortes. Contre la Suisse, cinq buts, ce n'était pas un rêve, mais on avait  l'impression que c'était un peu trop beau. On a beaucoup d'espoir sur cette  équipe, mais elle va un peu plus vite que je ne l'imaginais."
   
Q: Que pensez-vous de l'engouement qui grandit en France ?
R: "On est surpris et très heureux. Mais c'est très bien géré de  l'intérieur en ce qui concerne le groupe. Je ressens beaucoup d'humilité.  Après, je lis la presse, je regarde les réactions de beaucoup d'amis et du  public... Je pense qu'on va un peu trop vite. Ca montre d'abord que le public  aime l'équipe de France et qu'il cherchait à être à nouveau amoureux de cette  équipe. Alors il y a peut-être un petit peu d'excès, car pour le moment on est  à 95% près de sortir du groupe E. Mais cet excès après deux matches seulement,  franchement pourquoi pas? Que les gens soient heureux aujourd'hui, je partage  leur bonheur."
   
Q: Que pensez-vous du groupe que forment les Bleus ?
R: "Aujourd'hui, d'abord, il y a un renouvellement de joueurs qui sont  talentueux, qui sont des grands espoirs du football mondial. J'ai toujours  pensé que tous les joueurs quels qu'ils soient, même quand c'était difficile,  aimaient le maillot bleu. On voit bien quand Didier (Deschamps) ne sélectionne  pas untel ou untel comment ils sont malheureux. Le groupe qui a été créé est  doublement complémentaire, sur le terrain et ensuite dans la vie. Ca fait plus  d'un mois qu'ils sont ensemble, il ne se passe pas grand chose d'anormal.  Chacun est à sa place. Personne ne tire la couverture à lui. Chacun travaille  parfaitement bien."
   
Q: On sent une joie de jouer ensemble dans cette équipe...
R: "On ne peut pas bien jouer au foot si on n'est pas heureux ensemble. Il  y a évidemment une discipline obligatoire dans les consignes. Mais la notion de  plaisir est évidente. Quand on voit nos joueurs contre la Suisse, ils étaient  un véritable bloc, joyeux et gai. C'est un jeu le foot. Si les garçons ne  s'éclatent pas, il y a peu de chance d'avoir une équipe offensive et  talentueuse."
   
Q: La France est-elle à l'abri d'une sortie de route au moindre accroc  comme à l'Euro-2012 ?
R: "Ce que je peux affirmer c'est que le groupe restera très concerné  jusqu'au bout, on a aucun risque, un risque zéro, de dérapage nulle part.  J'écoute les hommes présents, ils sont bien ensemble, il ne faut pas être  excessif dans les analyses, mais les 23 sont en bonne cohérence, ils ont une  grand envie. Un exemple assez sympa: lors du match amical avec les joueurs qui  n'ont pas joué la veille, tous les copains ont voulu venir, alors qu'il  auraient pu rester à l'hôtel. Je crois qu'il se passe quelque chose entre eux  de très positif."
   
Q: Maintenez-vous l'objectif du quart de finale ?
R: "Déjà il faut finir premier, on a quelques chances de l'être. Pour les  8e de finale, les Bleus se préparent physiquement, moralement, mais on n'a pas  l'arrogance de dire qu'on est au-dessus de tel ou tel pays. Après, oui, il y a  l'envie d'aller plus loin."
   
Q: Didier Deschamps est-il le principal artisan de la bonne image des Bleus  ?
R: "Evidemment. L'image est une chose, que les joueurs soient bien élevés,  qu'ils aient du savoir-vivre c'est presque naturel, c'est normal. Didier, je  trouve qu'il est rassurant. C'est un vrai pro, son métier il le fait  parfaitement bien, il est à la fois proche des joueurs, dur quand il convient  de l'être, mais régulier. Il est dans la vie comme ça."
   
Q: Le Mondial n'est pas fini, mais peut-on dire qu'il est d'ores et déjà  réussi pour la France ?
R: "Il faut déjà finir premier. Ensuite il y a un match en 8e de finale,  tout est possible... L'Ukraine a été un déclic formidable (victoire 3-0 en  barrage retour des qualifications, ndlr), la préparation a été bonne. Tout ça  ne demandait qu'à être confirmé. Les deux premiers matches ont montré que le  groupe était de qualité, mais très jeune. La réponse est oui, mais j'espère  qu'on va continuer."

AFP