Allemagne joie Muller Boateng Schürrle 072014
Boateng, Schürrle, Müller, Schweinsteiger et Kramer | AFP

Le favori, c’est l’Allemagne

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La Mannschaft a tout pour remporter une quatrième Coupe du monde dimanche prochain au Maracana de Rio : un groupe homogène composé de nombreux joueurs du Bayern, quelques éléments de grande valeur sans dépendre d’une seule star, un collectif (toujours) solide et (parfois) brillant, sans oublier Manuel Neuer, le meilleur gardien du monde. Petit tour d’horizon avant la demi-finale de mardi soir face au Brésil, à Belo Horizonte.

Un mini-Bayern

L’équipe d’Allemagne bénéficie clairement d’une homogénéité qui provient de l’ossature du Bayern Munich. Pas moins de six joueurs bavarois composaient ainsi le onze de départ des Blanc et Noir face à la France (Manuel Neuer, Jérôme Boateng, Philipp Lahm, Toni Kroos, Bastian Schweinsteiger, Thomas Müller) sans compter le remplaçant Mario Götze. Quand on sait que le Bayern est le meilleur club européen de ces trois dernières saisons, on comprend mieux la cohésion et la valeur de la Mannschaft. L’Espagne, championne du monde et double championne d’Europe, a profité durant six ans de l’ossature du Barça (Alba, Piqué, Busquets, Fabregas, Xavi, Iniesta, Pedro, Villa) pour dominer les débats. Un exemple à suivre.

Pas de (très) grande équipe

On a coutume de dire qu’il n’y a plus de petites équipes. On pourrait ajouter qu’il n’y a pas de (très) grande équipe sur ce Mondial brésilien très homogène en termes de niveau. Le Brésil et l’Argentine ne convainquent guère depuis trois semaines même s’ils passent les tours, les Pays-Bas affichent un collectif intéressant mais ne fascinent personne par leur jeu, et les autres supposés cadors ont franchement déçu (Italie, Uruguay, Angleterre voire Portugal). Sans être extraordinaire, l’Allemagne assure l’essentiel. Seul le Ghana a failli la battre (2-2) et elle a atomisé le Portugal (4-0), battu les Etats-Unis logiquement (1-0), l’Algérie (2-1 ap) au finish et la France (1-0) à l’expérience. Pas impressionnant mais costaud. Gary Lineker affirme même qu’en l’absence d’équipe dominante, la mentalité allemande de gagnants pourrait faire la différence.

 

Pas de bête noire à l’horizon​

Les éliminations de l’Espagne puis de l’Italie ont dû réjouir les Allemands. La Mannschaft avait en effet subi la loi des deux grands pays d’Europe du sud lors des quatre dernières grandes compétitions footballistiques : défaites face à l’Italie en demi-finale du Mondial 2006 (0-2 ap) et en demi-finale de l’Euro 2012 (1-2), et échecs devant la Roja en finale de l’Euro 2008 (0-1) et en demi-finale de la Coupe du monde 2010 (0-1). A l’inverse, l’Allemagne reste sur deux succès face aux Argentins en quarts de finale (1-1, tab en 2006, 4-0 en 2010) sans compter la finale de l’édition 1990 -1-0 (même si les Gauchos de Maradona avaient gagné 3-2 en 1986). Ils ont battu les Pays-Bas (2-1) en 8e de finale en 1990, mais se sont inclinés contre le Brésil lors de la finale 2002 (0-2).

Des joueurs talentueux, le meilleur gardien

Contrairement à certaines formations allemandes des précédents Mondiaux (1994, 1998, 2002 notamment), assez pauvres en grands talents, la Mannschaft regorge de footballeurs doués et très à l’aise avec le ballon : Hummels, Lahm, Khedira, Kroos, Schweinsteiger, Thomas Mûller, Ozil ou Götze sont tous des manieurs de ballon au sens noble du terme. Ils savent tous distribuer et marquer et peuvent même confisquer le ballon pour une passe à dix. Sans compter le banc de touche (Draxler, Klose, Podolski, Grosskreutz). Le staff allemand dispose surtout de l’arme fatale avec Manuel Neuer, probablement le meilleur portier au monde, décisif aussi bien contre l’Algérie que devant la France (Valbuena et Benzema peuvent en témoigner). Trois des quatre derniers lauréats possédaient le dernier rempart le plus efficace (Barthez en 1998, Buffon en 2006, Casillas en 2010).

Aucun blessé à déplorer

Les 22 joueurs de l'équipe  d'Allemagne (après le forfait du défenseur Mustafi depuis les 8e de finale)  sont aptes et "en forme" pour affronter le Brésil. "C'est une excellente situation, tous nos 22 joueurs disponibles sont en  bonne santé et en forme, a dit en conférence de presse Hansi Flick, l'adjoint  du sélectionneur Joachim Löw. Hier, il y avait quelques bobos mais  aujourd'hui tout le monde a bien récupéré". Sept joueurs avaient été victimes d'un état grippal avant le quart remporté  contre la France vendredi au Maracana (1-0). Les autres ne peuvent pas en dire autant : le Brésil doit faire sans Thiago Silva (suspendu) et Neymar (blessé), l’Argentine a perdu Angel Di Maria et Aguero momentanément, et Vlaaar est incertain chez les Bataves.

Pas de star dépendance

L’Allemagne, au contraire des trois autres demi-finalistes, ne repose pas sur une méga-star comme l’Argentine (Messi), les Pays-Bas (Robben) ou le Brésil avant la blessure de Neymar (ça va forcément changer, mais en bien ou en mal ?). La blessure de Marco Reus, indiscutablement le meilleur joueur allemand de ces trois dernières années, juste avant le Mondial, a fait prendre conscience à tout le monde que le salut passerait vraiment par le collectif. Aujourd’hui, sans être aussi flamboyante qu’en 2006 ou en 2010 (4-1 contre l’Angleterre, 4-0 face à l’Argentine), l’Allemagne a trouvé son équilibre. Et ses jeunes pousses ont quatre ans de plus. Du coup, à la fin, c’est l’Allemagne qui (re)gagne ?