Gonzales Mark - Chili - Suisse
Mark Gonzales libère les siens d'une tête rageuse | AFP - KARIM JAAFAR

Le Chili plane sur le groupe H

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Le Chili a échappé au piège suisse. Là où l'Espagne avait échoué, les Sud-américains ont réussi à percer la muraille helvète, réduite à 10 dès la 30' minute, pour s'imposer 1-0. Devant les 38 774 spectateurs du Nelson Mandela Bay Stadium, les Chiliens ont largement dominé le match et prennent la tête du groupe H avec six points. Ce soir, l'Espagne affronte le Honduras avec l'obligation de s'imposer.

L'invincibilité suisse rompue

Victorieuses de leur match d'ouverture, face à l'Espagne et le Honduras, les deux formations abordaient la rencontre sûres de leur schéma offensif. Pourtant, loin d'offrir un niveau de jeu très élevé, la rencontre vira rapidement à l'affrontement de catcheurs, enregistrant la bagatelle de 10 cartons, dont un rouge. Montrant plus de volonté que leurs adversaires, les Chiliens se sont finalement imposés 1-0, le même score que face au Honduras, son adversaire précédent. Mais que ce fut dur ! Confrontée aux mêmes problèmes que l'Espagne, la Roja eut toutes les peines du monde à trouver le chemin des filets. Les Helvètes, toujours aussi courageux défensivement, cédaient finalement après l'expulsion de Behrami avoir été réduits à 10 contre onze. Avec désormais six points, le Chili a fait un pas de plus vers la qualification pour le deuxième tour. Mais rien n'est encore joué dans un groupe H, bien plus dense que prévu.

Forts de leur victoire pour leur match d'ouverture contre le Honduras, les Chiliens attaquaient leur match, sûrs de leur schéma de jeu. Mais leur domination trouva un adversaire de taille en la défense suissesse, bien en place, et revigorée par sa victoire de prestige face à l'Espagne (1-0). Pourtant dès la 10' minute, Vidal et Carlos Carmona alertèrent une première fois Diego Benaglio grâce à une double occasion. Les ambitions chiliennes étaient clairement affichées !

Les Suisses ne paniquaient par pour autant. Comme face à l'Espagne, ils resserrèrent les rangs en milieu de terrain, amenant le match à se durcir, au détriment de la qualité de jeu. Une violence qui trouva son point d'orgue à la 30' minute et l'altercation entre Behrami et Vidal. Le Suisse fut expulsé par l'arbitre Al Ghamdi pour avoir mis une claque à son adversaire. Un nouveau vilain geste dans ce Mondial après le scandale de l'expulsion de Kaka, dimanche soir face à la Côte d'Ivoire.

Le Chili en supériorité numérique allait prendre la mesure de son adversaire. A la 40e minute, Sanchez passa tout près de débloquer la situation mais rata la balle de but. Sur un service de Jean Beauséjour, l'un des Sud-américains le plus actif, il voyait sa frappe à ras de terre terminer directement dans les gants de Benaglio. A la mi-temps, les deux équipes rejoignaient les vestiaires sur un score nul et vierge.

Après la pause, le Chili allait repartir dans ce match de plus belle. A la 49e minute, un premier but leur fut logiquement refusé pour une position de hors-jeu. Cinq minutes plus tard, c'était au tour d'Alexis Sanchez de buter face au portier suisse. Le Chili dominait complètement son adversaire sans pour autant parvenir à prendre l'avantage. Au bord du gouffre, la Suisse parvenait toutefois à préserver le point du match nul. Le chrono continuait de défiler en même temps que les esprits s'échauffaient. En l'espace de deux minutes, trois cartons jaunes sanctionnèrent les gestes d'énervement d'Inler, Fernandez et Médel. Le 9e carton de la partie !

La Suisse en apnée, le Chili parvenait enfin à trouver le chemin des filets à la 75e minute. Paredes débordait sur le côté droit pour dribbler le gardien et remiser au centre pour Mark Gonzalez. L'attaquant chilien n'avait plus qu'à smasher sa tête victorieusement pour marquer dans un but vide. Les Helvètes encaissaient ainsi leur premier but en 559 minutes jouées en Coupe du Monde ! Un record. Il aura fallu une infériorité numérique pour faire céder des Suisses courageux.

Dans l'obligation de se livrer, la Suisse allait ensuite tenter de réagir sur coups de pied arrêtés mais voyait ses tentatives avorter. A la 84' minute, c'était même les Chiliens, par l'intermédiaire de Paredes, qui manquaient la balle de break en frappant au-dessus de la cage. Un manque d'efficacité qui aurait pu lui coûter cher puisqu'au terme du temps réglementaire, Eren Derdiyok, au point de pénalty, manquait la balle d'égalisation.

La Suisse s'incline logiquement face à une équipe chilienne mois dominatrice que face au Honduras, mais toujours adepte du football champagne. Son prochain affrontement face à l'Espagne, le 25 juin promet d'être un véritable feu d'artifice.

Les déclarations :

Ottmar Hitzfeld (sélectionneur de la Suisse): "Au départ, le match fut très intense. Nous subissions beaucoup de pression, on savait qu'ils étaient fort en vitesse, forts dans les duels, et ils sont passés très rapidement d'un jeu défensif à un jeu offensif. Mais l'exclusion de Behrami nous a rendu le match très difficile. Surtout contre une équipe comme le Chili, il faut être concentré en défense. Ce fut une bataille très dure pour nous. Tous les joueurs se sont battus, malheureusement on a encaissé un but à la 75e, hors jeu ou non, les images le montreront. Quand on a essayé d'égaliser on a pu voir combien est fort le Chili. Un résultat 1-1 aurait été parfait et mérité car on a été à dix contre onze. Le carton rouge n'était pas un rouge mérité."

Marcelo Bielsa (sélectionneur du Chili): "Nous avons eu la possession du ballon pendant la majorité du match. On a eu besoin de plusieurs occasions avant de marquer. On a eu l'avantage de jouer à 11 contre 10 et on a pu voir qu'un nul aurait été possible car la Suisse a eu à la fin une belle occasion de but. Mais nous avons mérité la victoire. Nous ne sommes pas encore qualifiés, avec ces six points, on a une bonne base pour la qualification et voilà l'objectif immédiat. Sur le carton rouge, je n'étais pas bien placé, je n'ai pas bien vu."

Stéphane Grichting (défenseur de la Suisse): "A 11 contre 11 on aurait vu un autre match. Le problème qui s'est passé, c'est qu'on est tombé sur un arbitre qui toutes les semaines, officie dans un championnat de premier ou de second niveau. Et là pour lui c'est un match de niveau international, et donc il n'a pas le niveau. Et ça s'est vu tout au long du match. Voilà. On savait que les Chiliens étaient comme ça (sous-entendus simulateurs), on les avait vu jouer. Ils se laissent tomber à tout bout de champ et ils ont joué le jeu qu'ils avaient à jouer et après à dix contre onze on a couru après les joueurs et à un moment donné, ça lâche. Le tournant du match c'est cette exclusion. Ca s'est vu que l'arbitre n'avait pas le niveau, je ne sais pas s'il n'y a que moi qui le voit. Il ne s'est pas trompé ni une fois, ni trois fois ni cinq fois, il s'est trompé tout au long du match. Et sur l'exclusion, c'est clair et net qu'il n'y a rien. Au pire un carton jaune, au pire, ça aurait déjà été sévère un jaune. Donc mettre un rouge c'est complètement stupide de sa part sur un match de Coupe du monde."

Valon Behrami (milieu de la Suisse, exclu par l'arbitre): "J'ai dit à mes coéquipiers excusez-moi et ils m'ont dit +t'as pas besoin de t'excuser pour ça parce que c'est incroyable+. Vidal, il a fait l'acteur ! On peut tous les faire ici. Mais sur l'action moi je veux le ballon et je n'ai pas besoin de toucher l'homme. J'ai seulement senti un contact et je perds l'équilibre alors j'ai bougé avec les mains et je l'ai touché ici (il montre le cou) et lui il se touche là (il montre le visage). ça c'est incroyable. De toute façon, à chaque action l'arbitre sifflait, des fois on ne savait pas pourquoi. Le reste de l'année il est arbitre en Arabie Saoudite et là il vient en Coupe du monde, c'est autre chose. On accepte cela, c'est la Coupe du monde. Mais pour un joueur c'est un rêve la Coupe du monde et casser un rêve comme ça avec une suspension..."