Espagne Chili Sergio Busquets
Le ciel tombe sur la tête des Espagnols et de Sergio Busquets | AFP - Lluis Gene

Le Chili fait pleurer l'Espagne

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La Coupe du monde est terminée pour l’Espagne qui ne verra pas les 8e de finale après sa défaite (2-0) face au Chili lors de la 2e journée du Groupe B mercredi au Maracana à Rio. Déjà corrigés (5-1) par les Pays-Bas en ouverture, les Grands d’Espagne ont certes relevé un peu la tête, mais ils n’ont pas montré une véritable révolte après cette déroute. Ils ont surtout cruellement manqué d’impact face à des Chiliens experts en contres et agressifs à souhait qui ont percé à jour toute la fébrilité espagnole. Constant dans son organisation et dans son jeu, le Chili décroche son billet pour les 8e alors que les plus belles années de l’Espagne du football semblent avoir vécu.

Des Chiliens experts en contres

Dans une ambiance de feu, supportant avec ferveur les couleurs chilienne, l’équipe espagnole semblait pourtant entrer dans la partie avec de vraies intentions, celles de jouer haut et de faire circuler le ballon. Mais si le milieu tentait de construire, il avait bien du mal à trouver des trajectoires face au pressing défensif chilien. Les Espagnols se créaient pourtant des situations favorables sur le but chilien, mais manquait soit de précision soit de vivacité, pour mettre en difficulté le capitaine chilien, le gardien Carlos Bravo. Plus prompts dans les duels, plus mobiles, les Sud-Américains opéraient par contres.

Après deux occasions manquées au cours desquelles ils s’emmêlaient les pinceaux, ils s’enhardissaient et portaient le danger dans une défense espagnole remaniée puisque Piqué était absent, tout comme Xavi au milieu de terrain, pourtant toujours titulaire depuis six ans. Son remplaçant Xabi Alonso n’avait guère plus de réussite puisqu’il perdait un ballon anodin qui allait avoir de grosse conséquence. Ratissé par Vidal, ce dernier menait un contre rapide, et trouvait Sanchez en appui dans la surface, lequel servait Vargas qui se jouait de Casillas pour ouvrir le score (1-0, 20e).

Le beau ciel de Rio tombait sur la tête des hommes de Del Bosque qui avaient bien du mal à réagir immédiatement. Pire, s’ils gardaient la possession du ballon, ils ne savaient pas toujours quoi en faire, et se heurtaient inlassablement à une équipe chilienne plus agressive, mais aussi réaliste. Elle le montrait peu avant la pause. Sur un corner d’Alexis Sanchez, repoussé du poing par Casillas dans les pieds d’Aranguiz qui, après un contrôle parfait, doublait la mise (2-0, 44e).

Des Espagnols impuissants

L’Espagne tentait bien de refaire surface en début de deuxième période. Mais à plusieurs reprises, elle inquiétait le Chili, par Diego Costa, malheureux dans ses tirs (aucun cadré depis de la coupe du monde) ou se heurtait à Bravo, mais aussi par exemple par Busquets quasiment à bout portant qui tirait à côté.

Le Chili jouait parfaitement le coup en laissant passer les vagues de la Roja sans prendre de risques excessifs et en continuant sur le même registre à jouer les ballons de relance. Isla échouait du bout du pied devant Casillas, son ballon passant au-dessus de la transversale (69e). La pression devenait totalement chilienne, sans aucune baisse de rythme de leur part, alors que les Espagnols paralysés par le doute, et qui ne sortaient plus que sur quelques actions trop incisives, étaient au bord de la rupture.

Alors que le match devenait plus haché, avec des Espagnols en souffrance, sans solution, et qui semblaient avoir abandonné toutes velléités de révolte, les hommes de Sampaoli s’offraient tout à tour quelques occasions - sur lesquelles ils se montraient un peu juste dans le dernier geste- et quelques frayeurs -mais les Espagnols étaient décidément trop peu inspirés- sans donner l’impression de devoir céder, bien soutenus par un Bravo rassurant dans ses cages.

Le Chili qui n’avait jamais gagné en Coupe du Monde devant l’Espagne, et atteint deux fois seulement les 8e de finale (1998 et 2010) a montré un visage plutôt séduisant et peut espérer aller peut-être une peu loin Quant à l’Espagne, qui a dominé l’Europe et le monde depuis six ans, elle va perdre sa couronne et sans doute tomber de haut. Et devra tirer les enseignements de ce fiasco.

Christian Grégoire