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Les Brésiliens célèbrent leur premier but contre le Chili | AFP-Schmidt

Le Brésil sans forcer son talent

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Sans vraiment briller, le Brésil est parvenu à se qualifier pour les quarts de finale du Mondial, à la faveur d'un succès 3-0 sur le Chili. Solides défensivement et plus que jamais réalistes, les quintuples champions du monde retrouveront au prochain tour une équipe des Pays-Bas qui devraient leur donner du fil à retordre. Il s'agira d'un remake de la demi-finale de 1998 qui avait vu la victoire du Brésil (1-1, 4 tab 2).

La Seleçao abordait cette rencontre en pleine confiance. Avec cinq victoires lors de leurs cinq derniers affrontements, le capital confiance était largement en faveur du Brésil. Considérée comme l'une des grandes favorites de ce Mondial, l'équipe de Dunga assumait son rôle dans les premières minutes en portant le danger sur les cages adverses. Des tirs de Luis Fabiano (5e), de Gilberto Silva (8e), ou encore de Kaka (9e) ne rassuraient guère les Chiliens.

La Roja ne pouvait s'en sortir que sur des frappes lointaines, mais à l'instar de celle tentée des 25 mètres par Beauséjour et qui passait cinq mètres au-dessus du cadre (23e), Julio César s'ennuyait ferme dans ses cages… Mais il n'était pas le seul à s'ennuyer à entendre l'ambiance du Soccer City Stadium de Johannesburg. Cette rencontre pourtant alléchante sur le papier ne faisait jusque là pas partie des plus enthousiasmantes de ce Mondial. Les occasions franches se comptaient à peine sur les doigts d'une main. Seul fait de jeu marquant, le carton jaune à la demi-heure de jeu, attribué à Kaka tout juste de retour après son match de suspension…

La délivrance pour les supporteurs brésiliens intervenait à la 34e minute, lorsque le défenseur central Juan, plaçait une tête sous la barre à la suite d'un corner. Déjà peu en verve, les hommes de l'Argentin Marcelo Bielsa accusaient le coup et cédaient une nouvelle fois quatre minutes plus tard. Jusque là invisible, Luis Fabiano lancé à la limite du hors jeu plein axe, crochetait Bravo et portait le score à 2-0 (38e).

La seconde période reprenait sur le même rythme soporifique. Les Brésiliens se contentaient visiblement ce cet avantage de 2-0 et ne jouaient plus qu'en contres, profitant des espaces laissés par une équipe du Chili condamnée à prendre des risques. Et c'est justement sur un contre mené tambour battant par Ramires que Robinho inscrivait le troisième but de la Seleçao (3-0, 59e). Quelques secondes plus tard le Brésil passait tout près du 4-0 sur une frappe de 30 mètres signé Dani Alves qui rasait le cadre (60e).

Le Chili avait bien du mal à s'illustrer à l'exception d'une belle reprise de Valdivia plein axe (61e), mais le cuir ne plongeait pas suffisamment pour inquiéter le dernier rempart brésilien. Malgré des qualités techniques indéniables, les joueurs de la Roja se heurtaient à un bloc défensif qui aurait dégoutté la plupart des équipes de ce Mondial. Robinho pensait avoir réalisé un doublé mais son but était justement refusé pour une position de hors-jeu (76e). Les minutes défilaient et supporteurs comme joueurs chiliens n'y croyaient plus. Le coup de sifflet final retentissait dans l'enceinte du Soccer City, et le Brésil pouvait savourer sa qualification (3-0).

Réactions:
Claudio Bravo (gardien et capitaine du  Chili): "On est battu par l'une des meilleures sélections du monde. On a donné  le meilleur de ce qu'on avait, mais on est tombé sur une équipe solide, au  football clair et propre. Notre chemin s'arrête là mais on s'en va avec  tranquillité. Nous, nous sommes une équipe fragile encore parfois. On attaque  très bien, on a des progrès à faire en défense, mais on est une équipe jeune, on  est encore en train d'apprendre".

Robinho (attaquant du Brésil): "Je suis  très heureux d'avoir marqué mon premier but en Coupe du monde. Mais je suis  encore plus content de la victoire de mon équipe. Notre succès collectif passe  évidemment avant ma réussite personnelle".
Dunga (sélectionneur du Brésil): "On est  tombé sur une équipe du Chili qui joue bien au ballon, qui joue en mouvement,  c'est un jeu qui nous a bien convenu, on a su saisir les occasions. Les Pays-Bas  en quarts ? C'est une belle équipe qui joue aussi beaucoup, avec des joueurs  très techniques, ils ressemblent aux Sud-Américains".
Marcelo Bielsa  (ARG/sélectionneur du Chili): "L'élimination est justifiée, le résultat aurait  pu être moins large, mais la supériorité du Brésil était trop grande pour nous.  Nous n'avons pas été capables de les freiner. Mon avenir? Je ne pense pas que ce  soit le moment d'en parler. Nous avons fait beaucoup d'effort pour combler  l'écart de niveau entre nos deux équipes, mais c'était dur de trouver les  joueurs libres, et les Brésiliens savaient exploiter la moindre faille de notre  défense. Et c'est difficile de courir après le score contre le Brésil. C'est une  déception, je suis désolé, les joueurs se sont battus pour essayer de montrer le  meilleur d'eux-mêmes, ils ont prouvé leur valeur. Les faiblesses du Brésil  contre les Pays-Bas? Comment puis-je vous parler des faiblesses du Brésil après  3-0, c'est absurde..."

Romain Bonte