Le Corcovado
Le Corcovado, plus que jamais symbole du Brésil pour le Mondial-2014 | AFP - ANTONIO SCORZA

Le Brésil à 900 jours de sa Coupe du monde

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Le jour de Noël se situe à exactement 900 jours du match d'ouverture de la prochaine Coupe du monde, en 2014 au Brésil. Pour le pays du ballon rond, cette 2e épreuve planétaire jouée sur son sol (après 1950 et une finale perdue contre l'Uruguay) doit autant rimer avec une sixième couronne qu'avec une pleine réussite dans l'organisation. En plein essor économique, le pays s'est lancé dans un défi majeur, qui dépasse largement le simple sport.

Un mélange de confiance et de craintes. Depuis l'obtention de l'organisation de la Coupe du monde 2014, le Brésil bascule peu à peu vers les échéances majeures qui l'attendent. Car le Mondial en 2014 ne sera qu'un prélude aux Jeux Olympiques organisés à Rio de Janeiro en 2016. Avec ces deux événements sportifs planétaires, le plus grand pays d'Amérique du Sud veut marquer les esprits et surtout montrer à la face du monde qu'il est plus qu'un "pays émergeant". En pleine croissance économique depuis plusieurs années, le pays est devenu la 6e puissance économique mondiale. Mais cela n'efface pas tous les problèmes de ce territoire 17 fois plus grand que la France: pauvreté, violence, corruption, endettement...

Pour faire de cette Coupe du monde la plus grande de l'histoire, comme le proclame Ricardo Teixeira, le président du Comité d'organisation et de la Fédération brésilienne de football, le Brésil doit relever plus d'un défi. Stades à construire ou à rénover, routes à faire, aéroports à améliorer, transports en commun à développer... Des projets énormes, qui ont parfois pris du retard. Mais chez les Brésiliens, si la crainte de voir les budgets exploser est réelle, les retards n'attisent qu'une crainte relative. Question d'habitude et de mentalité. Dans ce pays où le football s'apparente presque à une religion, le Mondial-2014 sera une fête, à la mesure (ou démesure) de ce pays très courtisé par les touristes, et dont les ressources naturelles en font l'une des destinations privilégiées des industriels mondiaux. 

Voici le panorama des différents challenges qui attendent le Brésil de la président Dilma Rousseff, à 900 jours du match d'ouverture.

Brésil-2014: le chantier des stades (A lire)
Une Coupe du monde, c’est d’abord des stades. Première vitrine et surtout support essentiel pour voir de belles rencontres, les enceintes au Brésil représentent l’un des principaux chantiers du comité d’organisation. Douze villes, douze stades (dont cinq doivent être construits, les autres étant rénovés), douze occasions de réussir (ou rater) l’épreuve planétaire en 2014. A commencer par la réfection du mythique stade Maracana, qui sera, avec 83 000 places, bien loin des 200 000 spectateurs qu'il accueillait à ses débuts.

Brésil-2014: Le défi de la logistique (A lire)
Dans un pays de plus de 8.5 millions de km2, les déplacements ne sont pas le moindre des soucis lors d’une Coupe du monde. Le 5e plus grand pays de la planète derrière la Russie, le Canada, la Chine et les Etats-Unis, grand comme un continent, pâtit d’un faible développement du train, d’aéroports déjà saturés, et de routes souvent en mauvais état. Le Brésil doit résorber ces faiblesses, ce qui représente probablement son plus grand défi. Sans oublier une capacité hôtelière souvent trop faible pour absorber les flots de supporteurs.

Brésil-2014: Une économie florissante (A lire)
Du pétrole, de l'eau, le développement de l'éolien, la forêt amazonienne et une population de plus de 192 millions d'habitants, voici autant d'atouts du Brésil pour son développement économique. Avec encore plus de 3% de croissance en 2011 malgré la crise mondiale, le pays est devenu la 6e puissance économique mondiale. Mais toute la population ne profite pas de cet essor, notamment en raison des 6% d'inflation cette année. Bastien Drut, auteur de "Economie du football professionnel", paru aux éditions La Découverte, analyse la situation du pays.

Brésil-2014: Violence et corruption dans le viseur (A lire)
L'image du Brésil est souvent liée aux favelas, à la violence, à la corruption. Une image réductrice mais qui n'est pas fausse. Avec le Mondial et les JO, le pays a amplifié la lutte contre les narcotrafiquants dans les favelas afin de pacifier ces lieux, notamment à Rio. Et cinq ministres sur six démissionnaires ont quitté le gouvernement de Dilma Rousseff après avoir été accusés de corruption.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze