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Les membres de l'équipe de France regagnent le bus, à Knysna, le 20 juin 2010. | AFP

Le 20 juin 2010, à Knysna

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C'était il y a quatre ans, jour pour jour, le 20 juin. L'équipe de France de football décidait de faire grève, devenant la risée de la planète entière. En 2014 au Brésil, les Bleus ont tourné la page et préparent un match décisif face à la Suisse.

Lorsque l'on parle de Knysna, de nombreuses images passent en boucle dans nos esprits. L'altercation entre Patrice Evra et le préparateur physique Robert Duverne; Raymond Domenech qui lit le communiqué des joueurs, et puis ce bus… Le fameux bus, rideaux tirés, et à bord duquel les 22 Bleus, nos 22 Bleus censés encore défendre nos couleurs dans ce Mondial sud-africain, se réfugient. Le silence est pesant à l'intérieur, et seul le sélectionneur le brisera en demandant où est ce fameux bout de papier que personne ne veut lire devant le monde entier.

Comme des enfants soucieux de défendre leur petit camarade Nicolas Anelka (exclu pour avoir insulté Domenech), ces chers footballeurs ont voulu montrer qu'ils avaient du cran, qu'ils étaient solidaires. Comme des gamins trop gâtés, ils n'ont alors pas conscience que l'image qu'ils renvoient à ce moment devant des milliards de téléspectateurs est déplorable. Pour le grand public, voir ces richissimes footballeurs oser faire grève est déjà un scandale en soi. Mais que ces jeunes hommes, moqués pour certains pour leur manque d'éducation, se permettent de faire grève pendant une Coupe du monde, à deux jours du match décisif contre l'Afrique du Sud, dépasse simplement l'entendement.

La Maison bleue en flammes  

Raymond Domenech lit la fameuse lettre
Raymond Domenech lit la fameuse lettre

Après leur match nul contre l'Uruguay (0-0), puis leur défaite 2-0 face au Mexique, les coéquipiers avaient pourtant encore la possibilité de se qualifier en cas de succès. Mais la sanction sportive ne tarda pas à venir avec une défaite contre le pays hôte de cette Coupe du monde. Cette équipe de la honte quittait le sol sud-africain après avoir pratiqué la politique de la terre brûlée. Quelques mois après l'épisode de Knysna, la "Maison bleue" brûlait encore. Même le président de la République Nicolas Sarkozy crut bon d'intervenir afin de provoquer des états généraux sur la gouvernance du football tricolore.

Depuis, des têtes sont tombées, des joueurs ont été écartés, et avec aux commandes un nouveau sélectionneur (Laurent Blanc), une charte de bonne conduite a même été instaurée. La renaissance s'est amorcée, et ce travail s'est poursuivi au cours des quatre dernières années ponctuées par un quart de finale à l'Euro 2012 (défaite 2-0 contre l'Espagne). Nommé après cette compétition à la tête de la sélection, Didier Deschamps a accentué encore ces efforts de reconstruction en prenant toujours soin de ne pas reproduire les erreurs commises par le passé. L'ancien capitaine des Bleus a pris aussi le soin de montrer à tous ceux qui voulaient bien l'entendre, que cette sordide page de Knysna était bel et bien tournée. Le discours du coach, ses choix de joueurs, les personnalités de ces derniers, mais aussi les résultats des Bleus, ont peu à peu permis à cette équipe de France de séduire à nouveau. Knysna n'est désormais plus qu'un mauvais souvenir.

Romain Bonte