Bryan Ruiz
Bryan Ruiz félicité par ses coéquipiers | AFP

L'aventure continue pour le Costa Rica

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Le Costa Rica a décroché son billet pour les quarts de finale aux dépens de la Grèce, à l'issue de la séance de tirs aux but (1-1, 5 tab à 3). Pourtant réduits à dix, et malgré la prolongation obtenue dans le temps additionnel par les Grecs, les "Ticos" viennent de réaliser la meilleure performance en Coupe du monde de leur histoire. Ils affronteront pour une place en demi-finale les Pays-Bas.

Très rares sont ceux qui avaient pronostiqué une telle affiche pour ce quatrième huitièmes de finale du Mondial. Sorti à la surprise générale, premier du terrible groupe G devant l'Uruguay, l'Italie et l'Angleterre, le Costa Rica a su convaincre les amoureux du football grâce à jeu basé sur des passes courtes rappelant d'une certaine manière l'Espagne. En face, les Hellènes avaient eu le mérite de rebondir après avoir été balayés par la Colombie (3-0), terminant deuxièmes avec seulement deux buts inscrits en phase de poules.

Sans véritable round d'observation, les deux équipes se livraient sans s'économiser dans ce début de rencontre. Les Ticos qui allongeaient bien plus leur jeu que d'habitude, s'illustraient les premiers grâce à une bonne frappe de Bolanos qui passait juste au-dessus du cadre (9e). A la 21e minute, les Grecs craignaient le pire lorsque Campbell était stoppé de manière irrégulière par Karagounis, juste à la limite de la surface de réparation… Mais le coup franc (et non le pénalty) ne donnait rien. 

Navas dévie une frappe de Salpingidis
Navas dévie une frappe de Salpingidis

Comme depuis le début de la compétition, les joueurs de Fernando Santos se contentaient de jouer les contres tant qu'ils le pouvaient, la solide défense costaricaine les obligeant à se contenter de frappes lointaines. Les Costaricains avaient du mal à se libérer, et à la 37e, les 4 millions d'habitants en Amérique centrale retenaient leur souffle lorsque la frappe de Salpingidis était repoussée miraculeusement par le tibia de Navas. Le score à la pause restait à 0-0, et le public de l'Arena Pernambuco de Recife, tout acquis à la cause des Sud-américains, n'hésitait pas à siffler les 22 acteurs pour leur prestation.

Ruiz réveille tout le monde

Alors que les spectateurs commençaient à sérieusement s'ennuyer, Ruiz, placé à l'entrée de la surface, ouvrait finalement le score sur une frappe croisée du gauche, qui laissait bouche bée Karnezis (1-0, 52e). Le sélectionneur colombien du Costa Rica Jorge Luis Pinto respirait enfin, d'autant que Bolanos aurait pu disposer d'une nouvelle balle de but si la cuir n'avait pas été détourné par le bras de Torosidis dans la surface. L'arbitre de la rencontre ne remarquait pas la grossière faute du défenseur grec, et le jeu se poursuivait. 

Oscar Duarte prend un carton rouge
Oscar Duarte prend un carton rouge

Tout semblait aller pour le mieux pour le Costa Rica jusqu'à ce que Duarte reçoive un deuxième carton jaune pour une faute incontestable sur Holebas (65e). Les Grecs en profitaient pour se montrer plus menaçants sur les buts adverses, mais le courage et la solidarité des joueurs sud-américains contraient la plupart des occasions grecques, à l'image d'un sauvetage spectaculaire du gardien Navas à trois minutes de la fin. C'est dans la première minute du temps additionnel que les Hellènes sauvaient encore leur peau, Papastathopoulos reprenant victorieusement le ballon déjà repoussé une fois par Navas (1-1, 90e+1). Le scénario des Pays-Bas face au Mexique aurait même pu se répéter si Navas n'avait pas une nouvelle fois briller sur une tête de Mitroglou (90e+3).

En infériorité numérique, et probablement affectés par ce coup de théâtre, "los Ticos" savaient qu'il leur faudrait réaliser un nouvel exploit pour espérer se qualifier. Mais les Grecs se cassaient une nouvelle fois les dents sur la défense coriace des Sud-américains, ratant notamment un contre à cinq contre deux à huit minutes de la fin du temps réglementaire. Dans les derniers instants du temps réglementaire, Mitroglou avait la balle de but au bout du pied, mais une fois encore, Navas s'interposait. Le vainqueur de cette rencontre devait être désigné dans une cruelle séance des tirs au but. Expulsé, le sélectionneur grec Fernando Santos devait vivre ce moment hors du terrain… Gekas, le quatrième tireur grec voyait son tir détourné par un Navas décidément impérial (5 tirs au but à 3), Umana ne se ratait pas et le peuple costaricain pouvait savourer le moment le plus glorieux de son équipe nationale.

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Vidéo : la joie des supporters à San José

Romain Bonte