Daniel Sturridge et Wayne Rooney
Les attaquants anglais Daniel Sturridge et Wayne Rooney | MAXPPP - RICHARD SELLERS

L'Angleterre et le piège monténégrin

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Leader du groupe H, l'Angleterre jouera sa place sous le soleil brésilien ce vendredi face au Monténégro, puis contre la Pologne mardi. La sélection coachée par Roy Hogdson, qui distance d'un petit point l'Ukraine et le Monténégro, devra batailler jusqu'au bout pour accrocher sa qualification pour le Mondial 2014. Dans un match qui hume le piège à plein nez, "the Three Lions" devront triompher des partenaires de Marko Vucinic. Pas une mince affaire. Explications en cinq points.

Parce que l'Angleterre ne sait pas gagner contre le Monténégro

Le 26 Mars dernier, la sélection monténégrine accrochait les partenaires de Wayne Rooney (1-1). Si le joueur des Red Devils avait rapidement ouvert le score (6e), les Britanniques s'étaient finalement faits rejoindre en fin de match, grâce à un but de Damjanovic pour le Monténégro. Et l'avait bien cherché. L'Angleterre, dépourvue de panache ce soir là, ne méritait pas mieux qu'un nul. Sous l'ère Capello, les Anglais était déjà tombée dans la poule des Hrabri Sokoli (« Braves Faucons »), pour le compte des éliminatoires 2012. Sans plus de réussite. En octobre 2010, impossible pour les Britanniques de trouver la faille face à des Monténégrins rigoureusement bien organisés. En octobre 2011, ils marquaient par deux fois, mais les Monténégrins aussi (2-2). Bilan des confrontations de ces trois dernières années : trois matches, trois nuls. 

Parce que le Montenegro, ce n'est pas Saint-Marin

La sélection monténégrine compte parmi ses rangs quelques très bons joueurs de foot. Il y a Savic, le rugueux défenseur de la Fiorentina, Stefan Jovetic, le génial attaquant de Manchester City, et bien entendu, Marko Vucinic, capitaine du Monténégro et avant-centre de la Juve. Il s'agira, pour les Britanniques de contenir les deux buteurs, et surtout, de couper les transmissions entre le milieu et l'attaque. Voilà cinq saisons que les Vucinic et Jovanovic tournent à plus de dix buts par saison dans leurs clubs respectifs. 

Parce que l'Angleterre, n'est plus une "top sélection"

Ferdinand parti à la retraire, Terry laissé sur la touche, Gerrard et Lampard vieillissants... La sélection anglaise apparaît clairement en fin de cycle. Même si les joueurs capables de coups d'éclats sont légions chez les "Three Lions", aucun, à part peut-être Wayne Rooney, ne peut se targuer de compter parmi les meilleurs joueurs de la planète. Dans les années 2000, David Beckham sévissait sur coups de pied arrêtés, Gerrard et Lampard claquaient des passes millimétrées à la pelle, et Michael Owen enfilait les buts comme des perles. Une époque révolue. Et puis, depuis combien de temps les Britanniques n'ont-ils pas triomphé d'un gros poisson en phase finale d'une compétition officielle ? En 2002, ils échouaient en 1/4 de finale contre le Brésil, en 2004 et de nouveau en 1/4, ils tombaient face au Portugal, en 2010 ils étaient étrillés par l'Allemagne en 8e (1-4), et en 2012, ils s'inclinaient face à l'Italie en 1/4 de l'Euro. Le constat est cruel, mais bien réel : L'Angleterre n'a plus atteint le stade des demis finales d'une grande compétition depuis 1996.

Ashley Cole absent, Rooney incertain

Touché aux côtes, l'indéboulonnable Ashley Cole ne sera pas disponible pour les matches face au Monténégro. Un coup dur pour les "Three Lions". Roy Hodgson, qui a appelé le défenseur d'Arsenal Kieran Gibbs pour palier l'absence du latéral de Chelsea, a également convoqué Wayne Rooney, qui était pourtant annoncé forfait en raison d'un violent coup de crampon reçu à la tête (asséné par Phil Jones) en septembre dernier. Mais rien ne garantit sa titularisation.

L'Angleterre et Hodgson hantés par 2008 ?

Le spectre de 2008 plane peut-être encore au dessus de leurs têtes. Pour la première fois depuis la Coupe du monde 1994, l'Angleterre ne se qualifiait pas pour les phases finales d'une compétition officielle. Cet échec condamnait le sélectionneur Steve McLaren, en poste depuis une année et demie. Dans le même temps, Roy Hodgson, qui coachait alors l'équipe nationale de la Finlande, tombait aussi. A ce titre, la pression qui pèsent sur leurs épaules est énorme. 

Vidéo : L'Angleterre prépare sa rencontre contre le Monténégro

Jean Charbon