Mondial Allemagne Australie Klose 062010
L'Allemand Miroslav Klose, encore buteur | AFP - Karim Jaafar

L'Allemagne bute sur la Suède

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L'Allemagne s'est faite surprendre (4-4) par la Suède mardi soir en match de qualifications pour le Mondial (Groupe C). Les Pays-Bas ont remporté avec la manière en Roumanie (4-1) leur duel direct pour la première place du Groupe D. La Russie a conforté sa place de leader du Groupe F en battant l'Azerbaidjan 1-0 alors que le Portugal a piétiné contre l'Irlande du Nord (1-1). L'Italie a déroulé face aux Danois (3-1).

Des Allemands renversés 

Le match entre l'Allemagne et la Suède a proposé au public un scénario idéal en matière de renversement de situation et de suspense. Scénario dont ce serait pourtant bien passés les Allemands. Quatre jours après le festival irlandais (6-), l'équipe de Joachim Löw a régalé le stade durant la première heure de jeu, avant de voir sa défense s'effriter face au réveil suédois emmené par l'inévitable Ibrahimovic. Un scénario qui devrait donner des arguments aux détracteurs du sélectionneur, mis sous pression depuis l'échec en demi-finales de l'Euro-2012 face à l'Italie. Rentrée de Dublin avec une image de force tranquille, dotée d'une artillerie redoutable, la Mannschaft faisait figure de favorite face à une Suède sauvée du naufrage aux Iles Féroé (2-1) déjà grâce à Ibrahimovic. Et c'était avec le même brio et la même efficacité que les Allemands entamaient la partie pour étouffer une formation suédoise rapidement dépassée et qui cédait à trois reprises en première période.

Reus s'échappait sur le côté gauche pour adresser un centre que Klose catapultait dans les filets (1-0, 8). Et l'attaquant de 34 ans n'en restait pas là. Dans une équipe joueuse, il était à la réception d'un nouveau service de Reus pour doubler la mise (15) et s'approcher à une unité du record du légendaire Gerd Müller, avec 68 réalisations en sélection. Passe à dix, combinaisons, accélérations: la partie tournait presque à la démonstration face à une équipe suédoise débordée, au sein de laquelle la star Ibrahimovic était mise sous silence. Si Reus manquait de peu le 3e but, Mertesacker saisissait lui sa chance sur une rare montée, en reprenant en pivot une tête en retrait de Müller (3-0, 39). Ce n'était pas la pluie battante qui stoppait les ardeurs offensives allemandes en seconde période. Combinaisons, talonnade, frappe de 30 m... Et finalement un centre de Müller avec à la réception Özil pour le 4e but (56). A partir de là, on pensait que les choses étaient jouée. 

Mais contre attente, la Suède relevait la tête après l'heure de jeu. Avec évidemment "Ibra", qui d'un coup de tête ouvrait le compteur des Suédois (62). Deux minutes plus tard, Lustig parvenait à glisser le ballon entre les jambes de Neuer pour le 4-2. Le portier allemand était tout à coup sollicité de toutes parts et s'inclinait une troisième fois face à Elmander (76), avant de relâcher un ballon que Sana ne parvenait pas à convertir. Mais sous la pression, Elm plantait la dernière banderille suédoise dans le temps additionnel (90+3) et assommait toute l'Allemagne. Certes au classement du groupe C, cela ne change pas grand chose pour les Allemands, toujours leaders, mais sans doute que le fait de s'être fait reprendre de la sorte a érodé quelque peu leurs certitudes.

Les "Oranje" impressionnent

Les Pays-Bas ont pris une option vers le Brésil en battant 4-1 à Bucarest la Roumanie, leur principal concurrent pour la première place. Grâce à cette quatrième victoire en quatre matches, les "Oranje" de Louis van Gaal s'installent confortablement en tête du groupe D avec 12 points. Cette nouvelle victoire des Pays-Bas, confortable, éloigne aussi le traumatisme de l'Euro et le goût amer des Oranges éliminés dès le premier tour, à la surprise générale. 

Ce match s'est joué essentiellement en première période. Bien que les Roumains, surprenants vainqueurs de la Turquie vendredi (1-0), aient débuté les hostilités avec des intentions offensives, les Néerlandais prenaient l'avantage dès la neuvième minute grâce à un but de Lens qui profitait d'une sortie ratée du gardien Tatarusanu sur un corner de Van der Vaart. A la 27e minute, le même Van der Vaart montrait à nouveau tout son talent en servant parfaitement Martins Indi sur un coup franc: 2-0 pour les Pays-Bas. Les hommes de Victor Piturca redressaient légèrement la tête grâce à un tir des 18 mètres de Marica (2-1, 40). Van der Vaart confirmait son rôle clé dans l'équipe batave en marquant le troisième but, sur penalty (3-1, 45+2). La deuxième mi-temps était plus pauvre.Van Persie creusait toutefois l'avance des Néerlandais en fin de match en marquant le quatrième et dernier but de la partie (4-1, 86e).

Une Italie sérieuse

Le match Pologne Angleterre, comptant pour groupe H, qui devait se jouer mardi soir, a été reporté à mercredi en raison des fortes précipitations qui se sont abattues sur Varsovie avant le match, laissant la pelouse du stade National détrempée et contraignant les officiels à reporter le match, après avoir procédé à plusieurs inspections du terrain.

Une brillante Italie a battu le Danemark (3-1) en jouant une mi-temps à dix contre onze et s'est envolée en tête du groupe B. La "Nazionale" prend 5 et 4 points d'avance sur la République tchèque et la Bulgarie, qui se sont neutralisées (0-0), et a surtout retrouvé toute sa splendeur. L'Italie était trop forte. Malgré deux tuiles coup sur coup, la réduction du score à 2-1 à une seconde de la mi-temps (45+1) par William Kvist, et l'exclusion de Pablo Osvaldo dès la reprise (46) pour une main au visage de Nicolai Stokholm, la "Nazionale" a repris ses aises grâce à un but de Mario Balotelli (54).  Pour réussir ce coup, elle dispose de joueurs de classe internationale que n'a pas le Danemark. Avant son premier but "azzurro" "Super Mario" avait joué les passeurs, une fois n'est pas coutume, effleurant le ballon pour décaler Riccardo Montolivo qui marquait d'une frappe puissante (33). Puis Daniele De Rossi de la tête doublait la mise (37). Le Romain, contesté par son entraîneur, Zdenek Zeman, en club, a signé son deuxième but international en quatre jours. Une réponse de champion. Balotelli, Montolivo, De Rossi, la quatrième étoile de ce match fut l'inévitable "architecte" Pirlo, auteur de deux passes décisives, la première pour De Rossi, après un crochet qui a désarçonné Simon Poulsen, la seconde portant sa griffe: un délicieux lancement en profondeur pour "Balo". Le tout en moins d'une heure et le match était plié pour l'Italie.

Triste anniversaire pour Cristiano Ronaldo. Pour sa centième sélection, le Portugais n'a pas marqué et a assisté, impuissant, au match nul à domicile de son équipe face à l’Irlande du Nord (1-1). Un match nul qui ne fait pas du tout les affaires des coéquipiers de CR7 puisque, dans le même temps, les Russes se sont défaits de l'Azerbaïdjan (1-0) et s'envolent en tête du Groupe F avec désormais cinq points d'avance sur les Portugais.

Déclarations

Joachim Löw (sélectionneur de l'Allemagne): "Honnêtement, juste après le match, je n'ai pas d'explication. Laisser échapper une avance de 4-0, c'est normalement impossible. C'était le silence total dans le vestiaire. Tous sont allongés sur le banc ou les tables de massage, totalement muets. Pendant 60 minutes, c'était absolument parfait, on contrôlait tout. Je ne m'attendais pas à ce qu'on perde le rythme. Nous sommes incroyablement déçus mais ça ne nous fera pas dévier de notre route. C'est peut-être un match duquel on peut apprendre des choses pour l'avenir.

Kevin Strootman (capitaine de l'équipe des Pays-Bas): "Douze points en quatre matches, nous aurions signé à l'avance pour ça! Nous savions que la Roumanie serait en confiance surtout dans un stade plein de supporteurs et c'est pour cela que nous avions décidé de jouer de manière plus compacte dès le début. Mais mener déjà 2 à 0 dès la première demi-heure, c'était évidemment très bien".  

Cesare Prandelli (sélectionneur de l'Italie): "Le prochain match est en mars (à Malte), c'est pour ça que les trois points étaient si importants. On voulait fêter Noël en avance... Le classement est en notre faveur, mais nous n'en sommes qu'au début. Ce soir je suis content pour deux raisons: primo, après avoir été autant en difficulté pendant les 20 premières minutes, où ils arrivaient toujours à passer par le centre, on a su réagir, on a su se corriger, et cet état d'esprit, cet engagement m'a beaucoup plu. Deuxièmement, après avoir pris un but à dix secondes de la mi-temps, puis avoir perdu un joueur une minute après la reprise, on a vu la volonté de ramener un résultat, et on n'a pas concédé une seule occasion de but au Danemark en seconde période. On a vraiment essayé de donner quelque chose en plus, parce que ce maillot le mérite."

Christian Grégoire