Islam Slimani
Islam Slimani (au centre, à genou) vient d'égaliser. Son coéquipier Aissa Mand exulte : l'Algérie est qualifiée | ADRIAN DENNIS / AFP

L'Algérie s'invite à la table des grands

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Un point suffisait à l’Algérie pour que la sélection se qualifie pour le premier 8e de finale de Coupe du monde de son histoire. Mission accomplie face à la Russie, ce jeudi à Curitiba, où les Fennecs, menés au score pendant une heure, on arraché le match nul (1-1) d’une tête rageuse d’Islam Slimani. Un exploit majuscule qui permet aux hommes de Vahid Halilhodzic de se mesurer lundi face à l'ogre allemand.

Vahid Halilhodzic avait donné le ton en conférence de presse : pour "entrer dans l’histoire", ses joueurs allaient devoir "faire un match monumental". Ils ont fait un match courageux, et cela a suffit. Mais que ce fut dur pour ces Fennecs, qui ont arraché leur qualification avec plus de cœur et d’envie que de justesse technique et collective face aux Russes, lesquels pensaient avoir fait le plus dur en ouvrant le score en tout début de rencontre.

Dès la sixième minute de jeu, à la réception d’un centre venu de la gauche de Dmitri Kombarov, Aleksandr Kokorin s’élevait très haut, droit comme un i, libre de tout marquage, pour nettoyer la lucarne d’un Raïs M’Bohli impuissant. D’un doigt posé sur la bouche, le jeune attaquant incitait les supporters algériens à se taire. Ils ne l’écouteront pas.

Slimani, le but de la délivrance

Pendant toute la première période, les Fennecs poussaient, mais manquaient cruellement d’adresse dans le geste final, tantôt pressés, tantôt trop tardifs dans l’exécution. Une imprécision contrastant avec le festival offensif infligé à la Corée du Sud (4-2), quatre jours plus tôt. Au retour des vestiaires, malgré quelques occasions russes, c’étaient encore les Algériens qui se montraient les plus entreprenants.

Les Russes tenaient bon. Ils repoussaient en réalité l’échéance : à l’heure de jeu, Yacine Brahimi déposait son coup-franc au second poteau. Islam Slimani, déjà buteur contre la Corée, s’élevait plus haut que tout le monde, plus haut même que les mains d’Akinfeev, pour boxer du front la balle au fond des filets. Le camp algérien s’enflammait. Malgré une légère domination russe dans la dernière demie-heure, M’Bohli rassurait sa défense pour réaliser le rêve de tout un pays. 

L'émotion de Vahid Halilhodzic au coup de sifflet final
L'émotion de Vahid Halilhodzic au coup de sifflet final

32 ans après le match de la honte

Pour leur quatrième participation au Mondial, les Algériens s’invitent ainsi dans le top 16 mondial, 32 ans après le crève cœur de 1982 où le "match de la honte", entre l’Allemagne et l’Autriche, avait qualifié les deux formations aux dépens des Fennecs. Le huitième de finale, face à la redoutable Mannschaft, lundi, est déjà une immense victoire en soi. Qui mérite d’être dignement célébrée.

Déclarations:

Vahid Halilhodzic (sélectionneur de l'Algérie): "On n'a pas oublié, on parle tout le temps de ce match, 1982, l'histoire se répète après 32 ans. C'est  une joie indescriptible ce soir et c'est tout à fait mérité. L'Algérie a fait un match héroïque, notre qualification pour les huitièmes est méritée, il y a beaucoup de fierté pour ce qu'on a fait depuis trois ans, c'est une  progression énorme. Ce soir on a eu un cadeau énorme qu'on est allé chercher avec abnégation et générosité. C'est beau une équipe qui se bat comme ça."

Islam Slimani (attaquant de  l'Algérie, élu homme du match): "C'est un rêve qui se réalise pour moi. Mais toute l'équipe est à féliciter, on a fait deux grands matches et on mérite cette qualification. C'est un rêve d'avoir marqué, pour moi et d'être meilleur joueur. Mais l'important c'est l'équipe, on n'a fait que suivre les commandes du coach."

Revivez le live texte du match Algérie-Russie

Vidéo: Scènes de liesse à Alger