Algérie Bougherra Ghoulam
Les Algériens remercient leur public après l'élimination en Coupe du monde face à l'Allemagne 2-1. | GABRIEL BOUYS / AFP

L'Algérie garde la tête haute

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L'histoire n'a pas bégayé entre l'Allemagne et l'Algérie. Les Fennecs de 2014 n'ont pas imité ceux de 1982 en s'inclinant 2-1 contre la Mannschaft en huitièmes de finale de la Coupe du monde mais ils peuvent être fiers à plusieurs titres. D'avoir atteint ce stade de la compétition, une première pour eux. D'avoir frôlé l'exploit contre un des favoris. D'avoir donné du plaisir à un pays sevré de très haut niveau depuis longtemps.

Les chants et klaxons ont longtemps résonné mais Alger a fini par trouver le sommeil. Mais qu'il a été difficile à trouver après 120 minutes d'un match intense et au dénouement cruel pour les Fennecs. Jusqu'au bout le supporters algériens y ont cru en voyant des petits hommes verts défier le colosse allemand. Le quart historique face à la France, vainqueur du Nigeria 2-0, n'était vraiment pas loin. "On aurait pu passer, on est passé à côté d'un exploit, regrette le défenseur Magid Bougherra. On a fait douter cette équipe d'Allemagne pendant 90 minutes. On est un peu  déçu sur le premier but refusé de Slimani, mais ça nous a donné plus confiance.  L'équipe d'Allemagne est très costaud, bien organisée, et a joué sur même tempo  tout le temps, et pour nous c'était plus difficile. Ce sont des joueurs de très haut niveau, physiquement mieux préparés que nous. On aurait pu aller jusqu'aux  penalties, mais voilà, c'est une grande équipe qui a su marquer aux bons moments. Il nous a manqué ce petit but en première mi-temps qui nous aurait  transcendés encore plus."

Fierté plus que tristesse

Malgré la tristesse de quitter la Coupe du monde, l'Algérie ressort grandie de cette épopée des Verts. Le talent et le courage des Fennecs a ravi un peuple qui n'en demandait pas tant. Après le match, les supporters préféraient rendre hommage à leurs joueurs plutôt que de s'apitoyer sur ce score défavorable. "Je suis triste mais très fier de l'équipe qui a grippé une mécanique  allemande rodée et sophistiquée", résumait Larbi, un quadragénaire venu avec son fils de huit ans encourager son équipe dans la capitale algérienne. "On fait la fête malgré la défaite parce que les joueurs méritent vraiment  qu'on leur rende hommage", abonde Saïd, un octogénaire. A ses côtés, un jeune est ému aux larmes. "C'est bien dommage"! dit-il.

Objectif CAN

Reste maintenant à l'Algérie à bâtir sur ces fondations solides même si Vahid Halilhodzic va quitter son poste de sélectionneur. "La progression est énorme, surtout dans la mentalité. L'équipe est en train de mûrir, explique Bougherra. L'échec de la CAN  nous a fait du bien, on est redescendu sur terre. L'expérience du Brésil nous donne une confiance énorme pour la prochaine CAN, le but c'est de la gagner maintenant, on représente une grande équipe d'Afrique. On  remercie Vahid, il a fait beaucoup de travail pour l'équipe qu'il a prise au plus bas. Tous les joueurs le remercient, on l'a tous embrassé à la fin du  match. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais on entend les rumeurs, et il mérite de sortir par la grande porte avec une grande cérémonie parce qu'il a fait beaucoup de bien à l'Algérie." Si la Fédération algérienne fait les bons choix, son successeur n'aura plus qu'à polir ce diamant vert. Alger peut se préparer à d'autres fêtes, les larmes en moins.